Je suis Rivière – Par Nina Luec - Tartamudo

17 décembre 2019 0
  • Paris n'a pas toujours eu qu'un seul cours d'eau : la capitale était autrefois traversée par la Bièvre, qui passait par les 5e et 13e arrondissements et se jetait dans la Seine du côté de la gare d'Austerlitz. C'est aussi vers Paris que se rend Louise, jeune paysanne dont le destin est censé se confondre avec celui de la rivière.

Longue de 33 km, la Bièvre prend sa source dans les Yvelines. Dès le XIe siècle s’installent sur ses rives, meuniers, blanchisseurs, tanneurs, teinturiers, qui la polluent allègrement. Au fil du temps, la Bièvre, sale et puante, est progressivement recouverte et dallée, pour des raisons d’hygiène. Ainsi, sa pureté initiale a été mise à l’épreuve et souillée par les activités humaines, jusqu’à presque disparaître. Cette histoire se confond avec celle de Louise, en 1850. Jeune femme pleine de dynamisme, elle est promise à un mariage ont elle ne veut pas. Alors elle quitte le foyer parental et part à l’aventure, en remontant la Bièvre. Louise va alors se confronter à la dureté des relations humaines et perdre peu à peu ses illusions... jusqu’à la renaissance.

Je suis Rivière – Par Nina Luec - Tartamudo

L’auteure est Nina Luec, illustratrice depuis une dizaine d’années. Ses dessins alternent entre d’un côté les couleurs de la naïveté et de l’insouciance, et de l’autre la noirceur des moments sombres. Si les intentions sont louables eu égard à l’évident plaidoyer écologique de l’ouvrage et à la réflexion sur la condition des femmes à laquelle il invite, son intérêt réside surtout dans les connaissances qu’il apporte sur l’histoire de cette rivière, notamment grâce aux quelques pages de fin qui y sont consacrées, ainsi que sur le travail de militants qui ont contribué depuis quelques années à la faire ressurgir par endroits. Un combat de longue haleine qui a servi d’exemple pour des cas similaires jusqu’au Québec ! En revanche, la parabole consistant à faire coïncider la vie de Louise à celle de la rivière est peu convaincante : elle semble avoir été forcée pour personnifier le récit et y apporter une touche onirique, mais les deux histoires sont si peu entremêlées dans la chronologie du récit, qui tend à se transformer progressivement en documentaire, qu’on a du mal à s’y retrouver et à y adhérer.

(par Damien Boone)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:

BDFugue FNAC Amazon

Acheter sur BD Fugue, FNAC, Amazon.

  Un commentaire ?