Justice League T8 - Par Geoff Johns, Doug Mahnke & Collectif - Urban Comics

14 novembre 2015 0 commentaire
  • Après la victoire contre le Syndicat du Crime, la Ligue de Justice se voit contrainte d’accueillir un nouveau membre fort encombrant : Lex Luthor, devenu un héros pour avoir sauvé le monde ! Mais ce « nouveau » Luthor est-il réellement digne de confiance ? De nouvelles aventures fort bien menées par un Geoff Johns en grande forme.

Retour à la normale ou presque après deux tomes consacrés au maxi-évènement Forever Evil qui a vu déferler sur Terre une version maléfique de la Ligue de Justice, bien nommée le Syndicat du Crime, qui réussit à neutraliser nos héros et tenta d’imposer sa loi.

La résistance fut organisée en partie par des vilains ne trouvant pas leur compte dans le projet du Syndicat, et parmi lesquels se sont distingués Lex Luthor et les Lascars -ennemis traditionnels de Flash- menés par Captain Cold.

Justice League T8 - Par Geoff Johns, Doug Mahnke & Collectif - Urban Comics
Luthor accueillant chaleureusement Superman !
© DC Comics / Urban Comics

Dans ce nouveau tome, relativement épais et proposant une dizaine d’épisodes [1], nous assistons à l’après-guerre et à ses conséquences les plus inattendues, aussi bien pour nos héros que pour nous autres lecteurs : la consécration en tant que héros de Lex Luthor et Captain Cold !

Si le second reste le vieux briscard qu’on le connaît, se contenant de profiter de la situation comme elle vient, pour Luthor c’est une toute autre histoire : il revendique le droit d’intégrer la Ligue de Justice et il n’hésite pas à user de sa récente découverte de l’identité de Batman pour favoriser ce rapprochement, car après tout, il est désormais de la famille, n’est-ce pas Bruce ?

L’album est divisé en deux parties. Dans la première partie, nous assistons aux manœuvres de Luthor pour se faire accepter par les plus grands héros de la Terre, aux réponses et aux réactions de ces derniers, avec en filigrane l’entrée en scène d’un nouveau personnage, une femme acquérant l’anneau de Power Ring (du Syndicat du Crime) et qui va rejoindre elle-aussi bon gré mal gré la Ligue de Justice… et au « retour » de la Doom Patrol [2] qui va s’en mêler et compliquer les choses.

Dans la seconde partie, Metropolis se retrouve en quarantaine à cause d’un virus extrêmement dangereux mis au point par Luthor et qui s’est échappé suite à un attentat. Une occasion en or pour ramener Luthor à son rôle coutumier de vilain mais rien n’y fera et il faudra bien commencer à admettre que, sans être devenu un ange, ce dernier a changé de « perspective ».

Geoff Johns nous a habitué à tout, du très bon au beaucoup moins. Son travail actuel sur La Ligue de Justice nous a souvent laissé un sentiment mitigé, en raison d’une impression de « machine à événements » privilégiant une orchestration d’intrigues à tiroirs jouant sur le long terme et d’un aspect préparation se faisant au détriment d’un véritablement développement des histoires et des personnages.

Wayne et Luthor : désormais partenaires d’affaires et en tant que super-héros !
© DC Comics / Urban Comics

Cet « après crise » rééquilibre enfin les choses. Johns nous semble moins pressé que de coutume. Il prend « enfin » le temps de poser ses personnages et ses situations. Si le « nouveau visage » de Luthor n’a rien d’original en soi, les dialogues et les séquences sonnent juste, et toute l’ambiguïté de Luthor se trouve parfaitement mise en lumière.

Première étape pour devenir un super-héros : maîtriser ses pouvoirs !
© DC Comics / Urban Comics

Le grand rival de Superman n’a pas changé dans le fond, il l’admet volontiers et ne fait pas de mystère à rechercher toujours pouvoir et reconnaissance, mais il veut désormais plus. Il a compris que pour faire face aux menaces « cosmiques », il aura besoin de l’alliance la plus large possible.

Évidemment, les manœuvres dans l’ombre, qui n’inspirent rien de bon, sont toujours là, mais nous avons aussi désormais le Luthor qui poursuit un objectif supérieur à celui de simplement discréditer la Ligue de Justice.

À côté de Luthor, qui s’impose dans ce tome, Johns nous propose quelques autres belles choses : un resserrement autour de la Trinité, qui démontre une belle relation de confiance (cela faisait longtemps !) et répond de façon convaincante à Luthor, le personnage de Jessica, nouvelle Green Lantern improbable et très touchante, ainsi qu’un Shazam dans le sympathique rôle du nouveau rigolo.

Sans oublier, Cold qui prouve une nouvelle fois qu’en dépit des apparences il tient sa place parmi les grands lorsque la situation l’exige, et une Doom Patrol dérangeante et malsaine comme on l’aime !

Bref, nous avons droit au grand jeu, entre personnages, intrigues, secrets et actions, mené de façon efficace et mesurée, donnant lieu à une nouvelle dynamique d’aventures fort plaisante.

Le graphisme est assuré dans la première partie essentiellement par Doug Mahnke, dont le dessin et la mise en scène parfaitement « héroïque » souffre malheureusement d’un encrage relativement grossier qui ne lui rend pas justice.

À partir du numéro trente-six, Jason Fabok prend le relais et force est de constater que nous sommes à un tout autre niveau, plus précis et plus fin, et de façon générale davantage épique et fougueux. C’est un véritable plaisir de le retrouver à la mise en image de La Ligue de Justice.

Notons enfin que l’album se termine par un numéro de la Ligue de Justice d’Amérique qui fait office d’épilogue à cette équipe qui n’a eu d’autre mission que de servir d’outil narratif pour mener à Forever Evil. L’épilogue en lui-même n’est pas d’un grand intérêt et vaut pour la forme, celle de conclure une aventure qui n’eut jamais lieu.

Ce nouveau tome des aventures de la plus célèbre équipe de super-héros de DC Comics inaugure donc une nouvelle période fort prometteuse grâce à une écriture des personnages enfin digne d’eux ! Il nous tarde de découvrir la suite !

Wonder Woman en action dessinée par Jason Fabok !
© DC Comics / Urban Comics

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Justice League T8. Par Geoff Johns (scénario), Ivan Reis (dessin), Doug Mahnke (dessin), Jason Fabok (dessin) & Collectif. Traduction Edmond Tourriol. Urban Comics, collection "DC Renaissance". Sortie le 23 Octobre 2015. 272 pages. 22,50 euros.

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Justice League sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 1
- Lire la chronique du tome 3
- Lire la chronique du tome 4
- Lire la chronique du tome 5
- Lire la chronique du tome 6
- Lire la chronique du tome 7

Concernant le Syndicat du Crime :
- Lire la chronique de Justice League : L’Autre Terre

Concernant la publication kiosque de Forever Evil :
- Lire la chronique du numéro 1 du magazine
- Lire la chronique du numéro 2 du magazine

[1Les épisodes contenus dans Justice League T8 : La Ligue d’Injustice sont :
- Justice League #30-39 (avril 2014 à février 2015),
- Justice League of America #14 (avril 2014).

[2Equipe de super-héros créée en 1963 par Arnold Drake, Bruno Premiani, Murray Boltinoff et Bob Haney. Ses membres ont acquis leur pouvoir suite à des accidents qui leur ont laissé des traumas, à la limite parfois de l’aliénation et se retrouvent souvent manipulés par leur chef.

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