L’Arrache-coeur - Par Morvan, Voulyzé & Péroz, d’après Boris Vian - Delcourt

20 octobre 2012 0
  • Pour sa deuxième adaptation de Boris Vian après "L'Écume des jours", Jean David Morvan s'associe au dessinateur Maxime Péroz. Un style épuré, privilégiant les aspects oniriques et philosophiques de l’œuvre maudite de Vian, décidé à abandonner l'écriture devant son insuccès à la sortie.

L’Arrache-cœur tient une place fondamentale dans l’œuvre de Boris Vian. Paru en 1953, le roman essuie une avalanche de critiques négatives dans la presse et le public n’est guère plus enthousiaste.

Certes, le propos n’est pas optimiste sur la nature humaine : dans un village comme coupé du monde, un psychiatre obsessionnel et mal dans sa peau croise un jeune couple. La maman vient de mettre au monde trois enfants et rejette aussitôt le géniteur. Non loin, les villageois s’adonnent à des rituels humiliants, vendant aux enchères les vieux pour en faire des souffre-douleur, tandis qu’un ermite banni du bon peuple sonde les marais pour récupérer des détritus avec ses dents. Quant au curé, il voit sa mission comme un spectacle continu.

Toujours épaulé par Frédérique Voulyzé, Morvan retourne à l’œuvre de Vian après une première adaptation parue en mai, celle du célèbre L’Écume des jours. Le dessinateur en revanche, a changé. Dans son style dominé par le blanc et plutôt aéré, Péroz donne de l’espace à cet univers clos, mais semble parfois excessif dans ses contrastes, même s’il fait l’effort de porter le même soin aux personnages qu’aux décors, tout aussi importants. Les protagonistes de ce roman poignant avaient besoin de caractère, et sur ce plan-là, cette version tient la route.

L'Arrache-coeur - Par Morvan, Voulyzé & Péroz, d'après Boris Vian - Delcourt
© Guy Delcourt Productions

(par David TAUGIS)

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