La Meute de l’enfer - T2 : Le Retour du Harith - Thirault & Højgaard - Les Humanoïdes Associés

25 novembre 2005 0
  • Les membres de la Meute ont affaire à forte partie dans leur quête du Tribut des Dieux. La magie est partout, et elle est rarement favorable aux hommes...

Dans le premier tome de la série, on apprenait comment la belle et dangereuse Théodora, impératrice de Byzance en ce VIème siècle, avait fait recruter une équipe de mercenaires hors pairs pour aller récupérer aux Enfers un trésor magique, le Tribut des Dieux. Mais ceux-ci n’étaient plus tout jeunes, et leur dernière mission s’était soldée par la mort de Moundhir, leur chef.
Dans ce deuxième album, Epidammos le sorcier continue donc à mener le groupe, formé de Camarinée la Panthère, guerrière thrace que la cécité n’empêche pas d’être aussi féroce que son surnom ; Triada, l’archère noire aux talents quasi surnaturels ; l’Aigle, guerrier dissimulant son visage défiguré sous un casque qui cache un lourd secret ; et enfin de Khorsabad Trois Mains, infirme d’une main mais d’une agilité acrobatique avec ses trois membres restants. Pendant ce temps, Théodora [1] ourdit son complot, plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord, puisqu’elle et son éminence grise de sorcier se servent de l’un des mercenaires pour espionner les autres à son insu...

La narration de Philipe Thirault est classique et efficace : alternant scènes d’action faisant progresser l’intrigue principale et retours en arrière permettant de découvrir l’histoire des protagonistes et leurs anciens rapports, elle tient sans problème le lecteur en haleine.
Avec son côté Mission Impossible (Pluton jouant le rôle du magnétophone ?) ou Charlie’s Angels (l’impératrice Théodora dans celui de Charlie ?), mais dix ans après et intégré à un univers de fantasy, La Meute de l’Enfer dépasse malgré tout les clichés des genres, entre autres grâce à quelques belles idées fantastico-horrifiques - le passage dans un cimetière carthaginois peuplé d’enfants morts est à ce titre un morceau anthologique, où le scénariste montre qu’il peut se passer de bains de sang ou de bastons divertissantes pour faire monter l’émotion de façon sobre et diablement touchante.

La Meute de l'enfer - T2 : Le Retour du Harith - Thirault & Højgaard - Les Humanoïdes Associés

Le dessinateur danois Christian Højgaard, que les lecteurs de comics en VO connaissent pour ses travaux sur des titres DC comme House of Secrets, Starman ou The Dreaming, propose une vision solide de cette antiquité où les hommes vivent avec la magie. Ses personnages ont de vraies gueules (même si presque toutes les femmes sont belles et plutôt pulpeuses), souvent cassées, et leurs exploits guerriers sont mis en scène de façon très efficace.

Un joli mélange de dieux, Pluton le romain (vénéré par Théodora), Toth l’égyptien (que Epidamnos a invoqué pour guérir ses compagnons blessés, et dont l’action curative prend un tour inattendu), Tanit la carthaginoise, etc., peuple cette série qui, tout en ne refusant pas d’utiliser quelques personnages assez stéréotypés, arrive à surprendre par des situations émouvantes. L’arrivée dans ce deuxième tome du spectre de Moundhir, qui en veut manifestement à ses anciens complices, devrait faire ressortir les zones grises des personnages, ce qui ne peut que renforcer l’intérêt du lecteur.

(par François Peneaud)

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[1Qui, comme tout bon personnage féminin maléfique, est montrée au pieu avec plusieurs hommes, en l’occurence de virils membres de sa garde (on s’inscrit où pour faire Impératrice de Byzance ?)...

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