La Mort du roi - Par Frédéric Coché - FRMK

31 mai 2014 2 commentaires
  • La collection Florette de FRMK s'enrichit d'une série de gravures de Frédéric Coché, impitoyablement intitulée "La Mort du roi" et magnifiquement agencée dans un tout petit format à prendre partout avec soi, tant on n'en finit pas de rêvasser devant les 32 scénettes chargées d'histoires que propose le dessinateur français.

Il y a L’Escalier secret. Il y a Le Bisclavret. Il y a Le Château des aigles. Il y a La Tente du général. Il y a Le Dangereux Barbare. Et 27 autres gravures de Frédéric Coché, accompagnées de titres tout aussi fantasmagoriques, comme autant de tableaux grinçants taclant l’humanité.

Trente-deux dessins gravés par Frédéric Coché dans le tout petit format de la collection Florette chez Frémok, à la jaquette toilée si reconnaissable.

La Mort du roi - Par Frédéric Coché - FRMK
La Mort du roi - Gravure en couverture
© Frédéric Coché - FRMK

Fait de cyniques scénettes soignées à l’eau forte, au fil narratif ténu, voire inexistant, fidèle au concept de "bande dessinée de poésie" cher à l’éditeur bruxellois, le récit ne s’impose dès lors pas, laissant à l’imagination du lecteur le travail de signification, ou de repérage des références.

Car elles sont multiples, les références : mythologiques, bibliques, historiques, mais l’artiste a pris soin de les gommer suffisamment pour qu’elles titillent juste assez l’inconscient du lecteur, sans jamais imposer une seule interprétation. Plus qu’un exercice de citation, La Mort du roi est avant tout une promenade intemporelle dans les rêveries de l’auteur.

La Mort du roi - double page - L’Escalier secret
© Frédéric Coché - FRMK

Et la pointe fine du graveur ajoute au tracé fragile de ses fantasmes royaux. Le trait ne craint pas de s’énerver en hachures, pas plus qu’il ne craint le vide. Il y a comme une délicatesse boudeuse qui s’en dégage, qui invite à se pencher encore et encore sur des puits de signification.

La Mort du roi - double page - Le Bisclaveret
© Frédéric Coché - FRMK

Les titres élégamment enrubannés sur la page de gauche aiguillonnent vaguement mais participent surtout d’une volonté d’auteur. Jan Baetens a pu ainsi écrire sur son précédent livre, Hortus Sanitatis que "Le maintien des éléments textuels et verbaux à la périphérie des images et de l’album et, corollairement, le rejet du rôle illustratif du dessin, qui n’est plus là pour mettre en images un récit préexistant, ni même un récit indépendant du dessin,mais qui invite le lecteur à explorer les voies du récit à travers les modulations du graphisme" [1]

L’analyse est toujours valable pour cette nouvelle œuvre, de même que cette sentence de Simon Leys, pertinemment rappelée par Baetens :
"La peinture idéale n’est pas achevée sur le papier mais dans l’esprit de celui qui la contemple."

(par Sarah COLE)

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[1Jan Baetens, Frédéric-Coché, écrivain-graveur. Quelques notes sur l’incipit de Hortus Sanitatis.

 
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