La promesse - Sept balles pour Oxford, n°1 - Gau, Zentner et Montecarlo - Lombard (Polyptyque)

1er mai 2003 0 commentaire
  • Détective privé, ce n'est pas le type de métier où l'on peut profiter longtemps d'une retraite méritée. En général, on est largué par la vie, soit sous les balles d'un suspect, d'un mari filé trop agressif ou d'un ancien taulard revenu se venger, soit le foie explosé par les hectolitres qui vont de pair avec la profession. Clichés que tout cela! Prenez Oxford, par exemple. 70 ans et il n'a toujours pas raccroché. Bon, d'accord, il n'a plus toute la vivacité de ses vingt ans, mais pour son âge, il a encore l'esprit assez vert. Quant au reste...

"Dis-moi, Sunny G : que crois-tu que j’aurais fait dans un cas comme celui-ci... si j’étais encore un détective jeune, sans problèmes de prostate ni de mémoire ?"

Oxford n’aime vraiment pas ce qui lui arrive. L’avocat Bob Klam vient de lui retirer l’affaire Dichiara. C’était pourtant Klam qui était venu le chercher, lui, Oxford afin de retrouver ce jeune peintre Mike Dichiara disparu depuis une semaine.

Oxford aurait dû se retirer de la profession il y a longtemps. Après 40 ans de bons et loyaux services à l’agence Master, il y avait de quoi... Mais arrêter de bosser, le privé ne l’a jamais entendu de cette oreille. D’autant qu’il est pratiquement sourd de la gauche. A 70 balais, il a pourtant accepté cette enquête malgré son mal aux jambes, sa mémoire hésitante, et surtout la maladie de sa femme. Ruth n’a en effet plus que quelques jours à vivre.

Sur l’affaire Dichiara, les choses avaient pourtant bien commencé.

Grâce au témoignage de la voisine du jeune peintre, Oxford a rapidement découvert le lien entre cet homme et un certain David Demitt. En réalité, Mike Dichiara est un grand admirateur de l’oeuvre de Demitt, un artiste très coté mais en panne d’inspiration. Toutefois, pour faire tourner les affaires, Demitt n’a pas perdu toute son imagination. Il a obtenu de son élève que celui-ci peigne des tableaux sur lesquels il appose sa signature. Le problème, c’est que Demitt n’a pas tenu sa promesse d’introduire Mike Dichiara dans le milieu de la peinture. Le jeune artiste menace alors de dévoiler l’imposture et disparaît sans laisser de traces. Affolé, Demitt contacte son avocat, Bob Klam, qui met Oxford en piste.

Ce n’est pas tous les jours que l’on croise un privé comme Oxford. A 70 ans, il devrait tranquillement passer ses journées à pêcher la truite. Au lieu de cela, il file le gros poisson en eaux troubles. Comme au bon vieux temps... Pourtant sa condition physique ne le lui permet pas. Mais il tient son enquête et il n’est pas prêt de la lâcher même s’il n’est plus le super privé pimpant que l’on rencontre dans les livres. Le vieux est bien obligé de s’accommoder de tous ses petits bobos.
Oxford est têtu, maniaque et caractériel. Mais finalement tous ses défauts le rendent attachant. Car il a aussi son code d’honneur. Oxford est fidèle à ses amours, les mères de ses enfants. Et qui plus est, il est loyal envers ses amis Gloria et Sunny G.

Sunny G est l’ami intime du privé. Il est aujourd’hui interné dans une clinique gériatrique. Même si cette affaire Dichiara empêche Oxford de rendre visite à son ami, il est toujours en contact avec lui. En réalité, Oxford lui parle sans cesse. Cette conversation avec son interlocuteur imaginaire est le fil narratif de l’album. Zentner, le scénariste, a réussi à détourner l’un des clichés du genre -le monologue du privé- pour asseoir toute la trame de ce premier tome.

Au terme de « La Promesse », Oxford pose devant lui les sept balles du chargeur de son pistolet. Sept balles. Sept albums ? Qui sait ? Et après, la retraite,... l’enfer ! En conséquence, il est bien déterminé à économiser ces foutues balles, même s’il doit prendre des risques démesurés et inutiles. Même s’il doit ne pas tenir sa promesse... A 70 balais, est-ce bien raisonnable ?

(par Patrick Albray)

(par 630)

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Un premier album rondement mené, avec des personnages pittoresques, hauts en couleurs, tellement nombreux qu’on a parfois un peu de mal à suivre, mais c’est plutôt une qualité, d’autant plus que la psychologie de chacun est relativement poussée. La narration est dense et l’intrigue complexe, les narratifs et dialogues remarquablement traduits, et le dessinateur n’a pas choisi la facilité dans le choix de ses plans. On regrette unpeu l’exagération des expressions, peu naturelle, et le syndrome de Jacobs pour le final : tout est expliqué dans une unique planche faite exclusivement d’une succession de phylactères. Une intrigue aussi travaillée pour en arriver à une explication qui ne résulte même pas de l’enquête du détective mais lui est donnée par un acteur extérieur, cela n’est pas très sérieux...

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