Messiah Complex - T1 - De Campi & Ocaña - Les Humanoïdes Associés

27 novembre 2006 0 commentaire
  • Et un petit coup d'empire romain décadent version SF, avec en plus l'arrivée d'un messie pour les gueux dépossédés. Alex De Campi nous déçoit un peu.

Avec Smoke, un excellent thriller de politique-fiction, la scénariste américaine Alex De Campi nous avait emballés. Le lancement de sa nouvelle série de science-fiction laisse par contre un goût de déjà-vu : 2478, un empire galactique despotique (mais y en a-t-il d’autres ?) tient d’une main de fer une société partagée entre les citoyens, qui jouissent d’une certaine liberté, et les habitants des ghettos, qui rêvent de l’arrivée prochaine d’un messie censé leur amener la liberté et prédit par un étrange oracle (mais y en a-t-il d’autres ?) - étrange parce que celui-ci prononce des avis très compréhensibles, ce qui au moins ne fait pas de lui un avatar de la Sybille grecque. Toute ressemblance avec l’empire romain n’est pas fortuite, les dirigeants portant des noms comme Vespasien ou Constantin.

Un groupe de rebelles en contact avec l’oracle apprend l’identité du messie : il s’agit d’une adolescente, vite emmenée sur la planète capitale par les autorités. Les rebelles font alors appel à Sonneillon, un hybride humain/extraterrestre doté de talents particuliers, mais qui vit sans but, semble-t-il plus intéressé par les jeux violents et les femmes que par un quelconque idéal (euh, ses ancêtres s’appelleraient-ils Wolverine ou Han Solo ?). Tous les pions sont en place ...

Messiah Complex - T1 - De Campi & Ocaña - Les Humanoïdes Associés

Le dessinateur espagnol Eduardo Ocaña bâtit une vision de ce monde futur cohérente et détaillée, aux décors très réalistes, tout comme ses personnages. Il fournit un beau travail qui permet au lecteur de s’intéresser à une intrigue pour l’instant trop plate, où les méchants sont tellement - évidemment - méchants que les ennemis de James Bond passeraient pour des chefs-d’œuvre de portraits psychologiques.

Messiah Complex (pourquoi ce titre en anglais, alors que l’expression est traduisible telle quelle ?) déçoit peut-être parce que l’on pouvait s’attendre à bien mieux de la part de la scénariste. Peut-être aussi devrions-nous suspendre notre jugement et laisser à Alex De Campi la chance de développer ses personnages et de leur donner un peu plus de chair. Rendez-vous est donc pris pour le deuxième tome, qui résoudra le rigolo et presque littéral cliffhanger bouclant ce premier tome.

(par François Peneaud)

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