Mojo Hand - Par Arnaud Floc’h - Sarbacane

22 janvier 2020 0 commentaire
  • Dans l'Amérique de la ségrégation, un enfant blanc trouve refuge dans une famille noire. La musique va le lier à son nouveau frère, avant de l'opposer. Drame social engagé, un récit prenant.

Une fraternité comme celle-là, c’est une épreuve. Un pauvre petit Blanc, abandonné dans les bois de Louisiane, est recueilli par une famille noire. Il vit dans la pauvreté, au sein d’une famille avec un enfant proche de son âge. Un frère d’adoption qui va rapidement perdre la vue. Et empoigner une guitare. Clétus devient vite un très bon bluesman, tandis que Bellerophon (mais oui, le nom que lui donne son père adoptif) s’essaie au banjo. Ils grandissent, tentent de percer comme duo mais seul Clétus convainc. Dès lors, l’entente fraternelle se fracture.

Traits épais et visages marqués, le récit d’Arnaud Floc’h avance vers le drame en gardant une belle empathie envers ses personnages. Outre une trame émouvante évitant les facilités, le scénario souligne la culture afro-américaine, explorant au passage les années terribles de la dépression et la Seconde Guerre mondiale. Une communauté soudée par la musique, et étouffée par la ségrégation. Une passion pour les cultures noires revendiquée par l’auteur, qui a connu l’Afrique dans l’enfance. Il ajoute même, en regard de la dernière planche, une liste d’artistes -pas seulement des grands noms de la soul ou du blues-, affirmant leur importance dans l’identité américaine, « que cela plaise ou non aux suprémacistes blancs ».
Mojo Hand - Par Arnaud Floc'h - Sarbacane

(par David TAUGIS)

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