Tchernobyl - La Zone - Par Natacha Bustos et Francisco Sánchez - Des ronds dans l’O

27 juin 2011 4 commentaires
  • Le 26 avril 1986, il y a tout juste 25 ans, le Réacteur IV de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, explosait ; créant ainsi la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire de l’humanité. Une zone d’exclusion de 30 km autour de la centrale a été décrétée mais quelque 350 personnes y sont retournées y vivre…

Suite à l’explosion, cinquante tonnes de matière radioactive furent propulsées dans l’atmosphère, contaminant ainsi pour 25.000 ans l’environnement. Des milliers d’enfants furent atteints de cancer, sans parler de ce qui reste encore aujourd’hui à venir comme conséquences…

La ville de Pripiat, située à 3 km de la centrale, qui abritait 47000 habitants avec une moyenne d’âge de 26 ans, fut évacuée (après 36 heures de désinformation laissant les personnes dans l’ignorance) du jour au lendemain ; les habitants devant laisser derrière eux tout ou presque (animaux de compagnie, etc.) ! Par la suite, bien que toute la zone alentour fut inhabitable, certains parmi les anciens décidèrent d’y retourner vivre.

C’est l’histoire de Leonid et Galia - l’album s’ouvre sur leur retour dans leur maison qui par chance n’a pas été détruite. Un couple de vieux paysans, qui préfèrent retourner sur leur terre, bien qu’irradiée, pour la cultiver…

Le deuxième chapitre est un flash-back qui nous ramène avant la catastrophe. Vladimir et Anna, le gendre et la fille de Leonid et Galia, vivent à Pripiat ; Vladimir travaillant à la centrale. Ils ont un fils, Youri, et attendent un deuxième enfant. La vie est agréable à Pripiat et un parc d’attractions est même en construction… Quand le 26 avril 1986, le réacteur IV de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose...

Les jours suivants, les autorités cachent la gravité de l’accident à la population (et au monde), puis, se rendant à l’évidence, décident l’évacuation de la zone !

Tchernobyl - La Zone - Par Natacha Bustos et Francisco Sánchez - Des ronds dans l'O
Exrait de "Tchernobyl - La Zone"
(c) Natacha Bustos / Francisco Sánchez / Des ronds dans l’O

Enfin, dans le dernier chapitre, nous suivons Youri et sa petite sœur Tatiana, 20 ans après, devenus adultes, partis sur les traces de la catastrophe pour comprendre et témoigner…

« Tchernobyl - La Zone » nous montre donc la catastrophe de Tchernobyl vécue par trois générations d’une même famille.

Cette bande dessinée, traduite de l’espagnol, est publiée en Espagne par Glénat et en France par Des ronds dans l’O, une petite maison d’édition aux titres souvent engagés.

Malgré le nombre de pages élevé et la construction non linéaire du récit, la lecture reste très fluide et agréable. Le dessin réaliste et parfaitement maîtrisé, bien qu’il s’agisse du premier roman graphique de Natacha Bustos, est très clair et là aussi agréable.

La catastrophe récente à la centrale de Fukushima au Japon nous rappelle qu’il est plus qu’urgent de nous interroger sur les dangers de l’énergie nucléaire… La pire catastrophe de Tchernobyl serait de l’occulter ; car les conséquences ne font que commencer…

Une lecture pédagogique inquiétante et malgré tout agréable.

(par François Boudet)

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4 Messages :
  • Ne le prenez pas mal, M. Boudet ! Vous avez écrit "malgré que", or cela ne se dit pas en français. C’est incorrect et cela alourdit l’expression.

    Après cette précision, je tiens à vous remercier de mettre en lumière des albums publiés par de "petites" maisons d’éditions, qui bénéficient de moins de publicité que les albums des grands groupes.

    Le sujet de cette BD et le choix scénaristique de privilégier trois périodes, trois générations, autour de la même thématique semblent très intéressants ; ayant malheureusement un écho particulier avec l’actualité de ces derniers mois.

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    • Répondu par Francois Boudet le 28 juin 2011 à  09:49 :

      Merci. Nous allons corriger la faute de français. ;)

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  • Dans la série sur Tchernobyl, petite piqure de rappel : il était sorti il y a quelques années un carnet de voyage édité par les dessin’acteurs association montée par Lidwine) et dessiné par Gildas Chassebœuf et Emmanuel Lepage suite à leur séjour là-bas, exprimant toute l’ambivalence actuelle des lieux (la zone interdite) à savoir un enfer paré des atours d’un paradis (au premier abord).

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  • trouvé sur un site theatreartproject :

    "Je cherche autour de moi, ce samedi d’octobre, quelque point de départ, quelque appui extérieur d’où lancer l’étrange exploration des "dessous du langage" - soit un appui technique, qui se donne si possible hors du seul champ littéraire. J’aperçois à l’instant (le ciel m’est favorable) parmi ceux de Byron réunis dans la salle, mon ami Claude Fougères. Je l’invite aussitôt à prendre la parole. La double anecdote qu’appelle sa présence ne saurait mieux ouvrir ni servir mon propos.

    L’ingénieur du Centre d’Etudes Nucléaires de Saclay, spécialisé dans la radioprotection, va nous conter d’abord une fièvre surprenante : celle dont un jour de printemps 1986, les instruments de contrôle de son laboratoire lui semblent soudainement saisis… Il entend, il sent même vibrer tous les compteurs, capteurs et détecteurs qui l’entourent. Les voyants rouges clignotent ; les aiguilles s’affolent. Que dit cette confusion ? Le nuage radioactif provoqué par l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl passe sur l’Ile-de-France, et traverse Paris. L’ingénieur aussitôt prévient le ministère qui l’invite, aussi prompt, à garder le silence : l’information pourrait troubler l’ordre public. (Claude Fougères reste donc - restera pour l’Histoire ! - le premier homme en France averti et conscient de la gravité de l’événement…)"

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