Vertige Graphic et Coconino Press lancent « Black », une nouvelle revue consacrée aux BD d’avant-garde

14 décembre 2003 0 commentaire
  • Une semaine après que le Festival d'Angoulême ait décidé de consacrer un cycle constituant en trois ans une « exposition universelle des BD avant-gardes » sous la houlette du dessinateur italien Igort et du groupe Coconino Press, les éditions Vertige Graphic s'allient à ce groupe d'auteurs italiens pour offrir au public français une nouvelle revue faisant la promotion des « avant-gardes soft » dont le nom claque comme un programme : « Black ».

La revue annonce des auteurs prestigieux venus d’horizons très divers comme les Français David B., Ayroles et Baru, le Canadien Seth, l’Américain Mazzuchelli, le Japonais Tatsumi, les Italiens Di Domenico et Igort, parmi tant d’autres. On annonce également une collection d’ouvrages issus de ces productions dont les deux premiers signés David B. (Babel) et Igort (Baobab) publiés en janvier dans la collection Ignaz, du nom de la souris de Krazy Kat.

Vertige Graphic et Coconino Press lancent « Black », une nouvelle revue consacrée aux BD d'avant-garde
Baobab de Igort
A paraître en janvier 2004.

« Et la bande dessinée, dans tout ça ? A quoi sert-elle ? » nous interpelle Igort, le « Men in Black » qui signe la préface du premier numéro à paraître en janvier. « L’idée de la BD comme un langage nostalgique, lié pour toujours aux jours perdus de l’enfance, est-elle impérissable ? Je ne veux pas le croire ». Il égrène dès lors son manifeste en trois points :

Black s’engage à publier « une anthologie à échéance semestrielle qui enregistre les progressions et les tendances du récit, les sommes stylistiques et les tentions narratives internationales qui pourraient porter notre langage bien aimé à maturation ».

Black publiera des récits noirs « au sens littéraire, mais aussi comme grand décor de la recherche contemporaine ». Il cite en exemple Daniel Clowes, Charles Burns, David B., Ayroles « qui réinventent les codes du récit par le sarcasme et un fort impact visionnaire ».

Black n’envisage pas une avant-garde qui, comme celles d’hier, étaient « frontales et iconoclastes ». Igort constate qu’elles ont un impact modéré, « que l’on pourrait qualifier de doux  ». Il annonce un retour de la ligne claire et une structure de narration classique qui ne sont « en aucun cas des manièrismes » mais « des choses profondes ».

Ambitieux programme en tout cas, prévu pour sortir en janvier 2004.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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