Constant Souci : Le Mystère de l’homme au trèfle – Par Greg – Glénat Patrimoine

11 janvier 2018 0 commentaire
  • Greg –on l’a un peu oublié- a été une des figures majeures de la bande dessinée belge de l’âge d’or. Successivement dessinateur, scénariste, rédacteur en chef, directeur littéraire et éditeur, il a régné en maître dans les années 1960 et 1970. Le créateur d’Achille Talon paie un peu aujourd’hui cette puissance qui fut la sienne.

Il a eu son moment au milieu des années 1960. Mettant ses pas dans ceux de Goscinny qui scénarisa la moitié du Journal Tintin dans les années 1950 avant de se concentrer sur le Journal de Pilote, Greg scénarisa les plus grands dessinateurs de son temps : Franquin (on lui doit les albums avec Zorglub ou QRN sur Bretzelburg, mais aussi des gags pour Modeste et Pompon et les premiers albums du Marsupilami), Hergé (il est le scénariste du film Tintin et le lac aux requins et faillit scénariser un album du reporter à la houppe), Morris (Lucky Luke), Cuvelier (Corentin), Tibet (Chick Bill), Paape (Luc Orient), Vance (Bruno Brazil), Hermann (Bernard Prince, Comanche), Dany (Olivier Rameau), Derib (Go West),… On lui doit aussi la création -comme dessinateur et scénariste- d’Achille Talon et une reprise de Zig & Puce de Saint-Ogan.

Il prit très vite le contrôle de l’hebdomadaire des 7 à 77 ans, en scénarisa presque l’entièreté du contenu, constituant un studio avec des assistants doués : Dupa, Dany, Tome & Janry… qui lui doivent peu ou prou leur carrière. Il a surtout créé un style dérivé de Franquin –une espèce de Franquin industriel- qui perdure encore aujourd’hui. Cet homme de pouvoir –il quitta Tintin pour devenir éditeur chez Dargaud- était redoutable et redouté, donc mal aimé. C’était pourtant un de ces feuilletonistes brillants qui, à l’instar de Jean-Michel Charlier ou de René Goscinny, a façonné l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge.

C’est une de ses œuvres mineures que publie Glénat, une de ces bandes dessinées faites au kilomètre pour remplir les pages du Journal Tintin. Les meilleures envolées graphiques de l’album ne sont pas de lui : on reconnaît la patte prodigieuse de Dupa, le créateur de Cubitus. Mais il n’empêche, toutes les qualités greguiennes sont là : rythme endiablé, mots d’auteur, situations paroxystiques, et sens aigu du slapstick. Force est de constater que cela n’a pas vieilli.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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