Josiane Fernez, DG des Humanoïdes Associés : « Nous avons procédé à un renouvellement profond de notre catalogue en moins de deux ans ».

18 mai 2007 0 commentaire
  • Créées en 1975 par un quarteron d’auteurs dissidents de {Pilote}, les Humanoïdes Associés sont passés par bien des affres pour subsister jusqu’à aujourd’hui. Avec dans son équipe Moebius, Jodorowsky, ou Manara, la société avait été achetée en 2004 par le producteur de cinéma Pierre Spengler et ses associés. Depuis, son catalogue s’est largement diversifié au prix, parfois, de quelques difficultés.

La maison a bien évolué depuis son acquisition par Pierre Spengler et ses associés…

Sur le plan éditorial, je dirais que nous avons eu, ces deux dernières années, un programme de développement très agressif. Dans le domaine de la BD franco-belge, plus d’un tiers des nouveautés publiées entre 2005 et 2007 sont des nouvelles séries. Nous avons également développé depuis 2006, le programme des mangas Shogun qui s’est greffé sur tout cela, avec des premiers titres qui sont parus en janvier 2007. En d’autres termes, nous avons procédé à un renouvellement profond de notre catalogue en moins de deux ans.

Quelles sont les lignes de force de votre catalogue ?

Nous ne négligeons en aucune façon ce qui a été depuis toujours le terrain de prédilection des Humanoïdes Associés : la science-fiction, notamment. On le voit avec la nouvelle série de Jodorowsky et Das Pastoras, Castaka. En comité éditorial, nous avons décidé de nous diversifier et d’ouvrir le catalogue des Humanoïdes Associés à des secteurs dans lesquels on ne nous attendait pas du tout, comme le secteur jeunesse, par exemple. Avec des titres comme Gargouilles ou Brüssli le conquérant, nous sommes très bien positionnés. Personne ne nous y attendait. Idem dans l’aventure avec El Niňo ou Cap Horn,…, dans le secteur des polars historiques, avec la collection Dédale. Je suis assez satisfaite des résultats de ces nouvelles séries et des développements que nous avons pu faire dans ces secteurs-là.

Quid du développement audiovisuel ?

C’est l’avantage d’avoir comme actionnaire Pierre Spengler qui est quand même un producteur connu et qui prend en charge la synergie, le développement et la concrétisation de certains projets. Pierre Spengler travaille aujourd’hui sur une dizaine de projets audiovisuels tirés du catalogue des Humanos. NotammentJe suis Légion, Bouncer, La Caste des Méta-barons, pour ne parler que des plus grosses séries, mais aussi plus récentes comme Les Zombies qui ont mangé le monde dans un autre registre ou encore Lucha Libre. Ce qui me fait penser que parmi les choses qu’ont faites les Humanos ces deux dernières années, c’est cette recherche de formats innovants, comme ceux de Lucha Libre, ou encore Humanos Pocket. Là aussi, c’est un pari que nous avons fait et qui a l’air de réussir, puisque cette dernière collection, qui sort au rythme de deux titres par mois, se positionne plutôt bien.

Josiane Fernez, DG des Humanoïdes Associés : « Nous avons procédé à un renouvellement profond de notre catalogue en moins de deux ans ».
Josiane Fernez, Directrice Générale des Humanoïdes Associés
Photo de Didier Pasamonik.

Shogun, votre collection de mangas européens, a créé l’événement. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous continuons dans la lignée de ce que nous avons fait. Le magazine continue, le développement aussi. Nous savons que nous avons le handicap, face aux mangas japonais, de publier des créations. Mais nous sommes dans une logique de développement et nous savons que cela peut prendre un peu de temps. Les titres qui sont sortis, comme l’adaptation en mangas de Sanctuaire faite en accord avec les auteurs de la série originale, donnent des résultats plutôt satisfaisants. A l’étranger, cela va beaucoup plus vite que nous le pensions avec des traductions en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Bulgarie…

Et en Asie ?

Pas encore en terme de licence. Par contre, l’expérience Shogun nous a amené des auteurs asiatiques qui vont proposer des projets Shogun, en création pour les Humanoïdes Associés.

Ces derniers mois, les Humanoïdes Associés ont vécu une crise financière. Qu’en est-il exactement ?

Nous avons dû faire face à une crise financière que je ne vais pas nier, une crise assez sévère depuis le début de l’année qui nous amené à des retards de paiement assez conséquents dont ont souffert notamment, mais pas seulement, les auteurs et je le regrette profondément. Aujourd’hui, ce que je peux dire, c’est que nous sommes parvenus à un accord avec nos actionnaires actuels qui, bien qu’il n’y ait pas eu de désaccord entre eux, avaient peut-être des divergences de vue sur la stratégie. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Donc, clairement, les actionnaires et moi-même, sommes d’accord sur la stratégie à mener dans les mois qui viennent, ce qui se traduit par la mise à disposition par ceux-ci des capitaux nécessaires pour la résolution de la crise de trésorerie que nous avons vécue ces derniers mois. Il y a encore pas mal de choses qui sont en cours aujourd’hui pour assurer la situation des Humanos de façon pérenne. Néanmoins, dans un délai que j’estime à trois ou quatre mois, ceux-ci seront revenus, en ce qui concerne les retards de paiements, dans une situation tout à fait normale.

Propos recueillis par Didier Pasamonik, le 16 mai 2007

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Josiane Fernez. Photo : D. Pasamonik.

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