La rentrée côté Rue de Sèvres

20 septembre 2017 0 commentaire
  • Rien à voir avec le monde du foot, bien évidement, quelques transferts d'auteurs entre éditeurs attirent l'attention. Ainsi, Rue de Sèvres inscrit à son catalogue quelques pointures bien connues… pour le plus grand bonheur des lecteurs !

Laissant à d’autres la reprise ou la mise en avant de série « meanstream » au succès garanti, le label Rue de Sèvres poursuit son implantation dans l’espace éditorial en continuant de privilégier originalité et qualité. Cette rentrée est marquée par l’arrivée de personnages nouveaux, atypiques, fracturés mais toujours attachants et dignes d’intérêt.

François Schuiten signe avec Aquarica son premier album chez cet éditeur. On ne présente plus l’auteur des Cités obscures ou des Terres creuses qui cette fois, s’est associé à Benoît Sokal pour nous offrir un récit d’aventure de facture classique mais imprégné d’un climat fantastique traité à la manière des romans de Jack London.

Situé vers les années 1930 dans un petit port du Nord, dont les habitants vivent principalement de la pêche à la baleine, l’histoire débute avec l’échouage sur la plage d’une créature fantastique, un crabe gigantesque ! Des débris de bateaux restant prisonniers des chairs du monstre, tout le village s’inquiète. Un jeune chercheur débarque sur place pour étudier la créature et découvre alors qu’une jeune fille, Aquarica, a voyagé à bord de la bête, comme venue d’un autre monde. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

L’association de deux grands noms qui firent les beaux jours de la revue (A SUIVRE) ne manque pas de susciter l’intérêt et promet d’agréables surprises à la lecture d’un récit où le fantastique et l’aventure sont bien au rendez-vous.

La rentrée côté Rue de Sèvres

Cet événement éditorial ne doit pas occulter d’autres arrivées. C’’est aussi le cas avec Christian Parrissin, dont on n’a pas oublié la série El Nino publiée aux Humanoïdes Associés ou plus récemment Martha Jane Cannary et une vie, éditées chacune chez Futuropolis.

Le scénariste nous plonge à la suite d’un ancien marin échoué sur l’île de Terre Neuve, à la recherche de son père disparu. Josh, ancien baroudeur, tatoué, rugueux à l’image du climat local devra affronter ses fantômes... à moins que la rencontre avec la pétulante Ruthie-Jane ne vienne modifier sa route. La mise en images de ce récit est assurée par Christophe Gaultier dont on avait déjà pu apprécier le travail dans la série Arsène Lupin publiée chez le même éditeur. À travers ce parcours de vie aux accents hantés, les auteurs réalisent un subtil dosage entre estime de soi et douleur.

Aussi à l’aise dans les westerns que dans les récits historiques ou d’aventure, Jirô Taniguchi s’est toujours singularisé par une extraordinaire capacité à transmettre des émotions si particulières. Disparu en février dernier, l’auteur de Quartier lointain, avait commencé la réalisation de cette Forêt Millénaire, grande fable écologique dont Rue de Sèvres publie aujourd’hui les premières pages.

Suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère, Wataru, un garçon d’une petite dizaine d’années est amené à vivre chez grands-parents, à la campagne. Cette nouvelle vie va l’emmener de découverte en découverte, la forêt vivante et magique va submerger le jeune Toyoïte et lui faire vivre des rencontres extraordinaires. Dialogue avec les arbres, les animaux ou des créatures chimériques… le garçonnet entre-t-il en contact avec l’esprit de la forêt ou bien voit-il seulement des choses que les humains ne voient pas ?

Prévu à l’origine en cinq tomes, l’ultime ouvrage du maître restera incomplet pour les raisons que l’on sait, l’éditeur a donc choisi d’enrichir la fin de volume avec une interview de l’illustre mangaka et divers éléments de son cahier de trouvailles : notes, croquis et recherches diverses. Maigre consolation certes, mais qui ne manquera pas de séduire les amateurs.

Changement de décors et d’ambiance avec le second tome de Streamliner de Fane. Perdu au milieu de nulle part, le rassemblement de bolides trafiqués conduits par une quarantaine d’enragés, bien décidés à en découdre pour gagner cette course folle violente et déjantée sent de plus en plus la poudre. Tandis que les moteurs chauffent la tension monte à l’approche du signal de départ. Le premier tome de ce diptyque réalisé par le principal auteur de Joe Bar Team a d’ores et déjà posé le cadre d’une intrigue violente et tendue. Cette course à l’extrême devrait trouver sa conclusion avec ce deuxième opus vraisemblablement aussi rythmé que le premier volume.

Avec Darnand, Rue de Sèvres propose un biopic sur un de ces personnages dont l’histoire a surtout retenu la face sulfureuse. Sous-officier d’élite, Joseph Darnand a d’abord été, considéré comme un défenseur modèle de la république. Un courage qui lui valut la Légion d’honneur en 1927, pour sa bravoure pendant la Première Guerre mondiale. Quelques années plus tard, l’ancien héros se révéla un des plus zélés des collaborateurs du régime de Vichy. Plus qu’une biographie de l’ancien de la police, ce livre s’apparenterait davantage à une évocation romancé adossée à des faits authentiques. Prévu pour septembre, la sortie du premier tome de l’album de Fabien Bédouel et Patrice Perna est repoussée à 10 janvier 2018. Nous aurons donc l’occasion d’y revenir un peu plus tard.

(par Patrice Gentilhomme)

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