Pigalle 62-27 - Par Loustal & Götting - Casterman

12 septembre 2012 10 commentaires
  • Pigalle, fin des années 1950. Un jeune provincial monte d'Auxerre à Paris. Il a un compte à régler avec un malfrat à l'origine du suicide de son père. Mais le chemin de la vengeance prend parfois quelques fieffés détours...

Il y a quelque chose de simenonien dans cette description de Pigalle à une époque où la pègre régnait en maître. Une observation paisible des mœurs et des lieux, des portraits surtout, d’une profonde humanité, exempts de manichéisme. Tout personnage a sa part d’ombre, ses failles, sa naïveté, sa beauté aussi. Le sang coule spontanément, sans vraie raison...

Les grilles, les portes cochères, les grands boulevards, les tractions avant, les néons qui enflamment les paysages la nuit, le corps fascinant et furtif des créatures... C’est un Paris d’imagerie que nous offrent Loustal & Götting, avec ses couleurs au petit matin, ses lumières douces, le hiératisme de ses silhouettes, ses silences, sa musique...

Pigalle 62-27 - Par Loustal & Götting - Casterman
Pigalle 62-27 - Par Loustal & Götting
(c) Casterman

Götting écrit comme il dessine, esthétiquement. Ses personnages et ses intrigues sont des esquisses. Elles séduisent. Le lecteur a le temps de s’y insinuer, de laisser son regard courir sur le grain du trait, apprécier les couleurs, compléter ses observations par une réflexion vagabonde. L’osmose est parfaite entre les deux auteurs parce que c’est un scénario de dessinateur et que celui qui l’illustre est un orfèvre du dessin, toujours à distance du sujet, aristocratement élégant jusque dans la trivialité. L’ambiance est noire, certes, mais elle inspire plus la nostalgie que la terreur.

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Pigalle 62-27 - Par Loustal & Götting
(c) Casterman

Pigalle 62-27 (allusion à une nomenclature pour les numéros de téléphone que les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connue), délicieusement désuet, est une des bonnes surprises de la rentrée.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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10 Messages :
  • Pigalle 62-27 - Par Loustal & Götting - Casterman
    12 septembre 2012 17:46, par Fred

    C’est toujours aussi mal dessiné : erreurs de perspective, d’anatomie, presque du travail d’amateur, ça fait pourtant longtemps qu’il publie Loustal, il aurait pu faire des progrès.

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    • Répondu par Matthieu V le 13 septembre 2012 à  15:34 :

      Les gouts et les couleurs...

      Loustal ne fait pas un travail hyper-realiste, il fait son propre dessin avec une technique qui lui est propre. On reconnait son style. Apres, que l’on aime ou pas... Tout cela est très professionnel au demeurant. J’aime.

      Je me demande toujours pourquoi certains font des commentaires de bulletins de fin d’année : tristes et aigris.

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      • Répondu le 13 septembre 2012 à  16:14 :

        C’est vrai que les gens qui attendent le métro au premier plan doivent mesurés 3 mètres de haut et la fille dans l’académie de billard est sur un balcon intérieur ou accrochée au lustre. On aime ou pas.

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        • Répondu par GIJoe le 13 septembre 2012 à  16:29 :

          Effectivement. Et alors ? C’est une approche plus expressionniste que réaliste. Tout le charme est là. Mais pas pour tout le monde.

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          • Répondu par Polo le 13 septembre 2012 à  16:45 :

            Certains, parmi les lecteurs de bande dessinée et ailleurs, éprouvent un besoin viscéral d’académisme. Et ce qui n’en relève pas les ennuie/inquiète/indiffère.Un jugement de valeur qui empêche parfois tout débat. Loustal, c’est MAL dessiné. Point.

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            • Répondu par Nathan le 13 septembre 2012 à  16:55 :

              Vous n’y connaissez rien Polo, j’aimerai aussi mal dessiner que Loustal.

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              • Répondu par Polo le 13 septembre 2012 à  17:27 :

                De l’ironie, Nathan. Ma dernière phrase n’était que de l’ironie. Bien entendu que Loustal est un grand illustrateur...

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                • Répondu le 14 septembre 2012 à  16:24 :

                  Elle a bon dos l’ironie quand on insulte les auteurs !

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        • Répondu par Gargantua le 15 octobre 2012 à  22:34 :

          Personnellement, j’adore. c’est vrai que la perspective du billard est étrange, mais si on trace une ligne qui prolonge les regards de la femme et le jeune homme on rejoint le personnage dont il est question. La composition n’est pas réaliste, mais pas innocente.

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  • Pigalle 62-27 - Par Loustal & Götting - Casterman
    13 septembre 2012 15:26, par RC

    Monsieur, ou Madame,
    Votre commentaire ci-dessus est mesquin et stupide.
    Je suis bien triste de constater que le travail de Loustal et Gôtting ne suscite aucune autre réaction que la vôtre.
    Malheureusement pour ces deux auteurs, et surtout pour vous, vous êtes insensible à la beauté mélancolique de leurs pages.
    Vous n’y voyez que mépris pour les "lois" de la perspective et la norme du dessin académique chiadé.
    Mais gardez donc vos petites remarques fielleuses pour vous ! Votre méchanceté est gratuite. Loustal ne vous convient pas ? Et après ? Vous avez des tonnes d’albums suffisamment "réalistes" pour vous repaître par ailleurs.
    Vous excuser de vos insultes auprès de ce dessinateur vous honorerait ; songez-y.
    Quant à moi, je découvre cette nouvelle parution avec grand plaisir. Merci messieurs Loustal et Gôtting pour votre élégance. Votre travail est empreint d’une grâce peu commune dans la bande dessinée.

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