Lecture en confinement #50 : "Déconfetti", un zine hebdomadaire à lire en ligne ou à éditer soi-même

5 mai 2020 3 commentaires

CONFINEMENT. Presque deux mois de confinement en France : cela a certes chamboulé le calendrier des parutions, sans parler des festivals et salons. Mais ce fut aussi l’occasion de revenir sur des livres ou revues laissés de côté, de tester quelques lectures numériques et même de découvrir des publications nées justement de ces événements que nous n’imaginions pas en inaugurant l’année 2020. Certaines d’entre elles perdureront peut-être...

Déconfetti appartient à ces publications difficilement accessibles, par leur relative confidentialité comparée à ce que le monde actuel est capable de produire en terme de médiatisation, mais précieuses par les autrices et auteurs rassemblés et par l’originalité des contributions. C’est en général ce que l’on qualifie de fanzines : des publications non-professionnelles, la plupart initiées par un ou des auteurs, à la diffusion limitée à quelques festivals et à de rares librairies, mais qui peuvent connaître un réel succès d’estime et être épuisées en quelques jours grâce au bouche-à-oreille et à Internet.

Lecture en confinement #50 : "Déconfetti", un zine hebdomadaire à lire en ligne ou à éditer soi-même
Couverture de "Déconfetti" #2 © Lara 2020

Tous les zines n’ont pas la valeur de Déconfetti. Celui-ci est d’ailleurs une petite surprise. Il arrive, à l’initiative de Sébastien Lumineau, un peu sur le tard : son premier numéro est en ligne depuis le 27 avril, soit deux semaines avant la date annoncée pour le déconfinement. Il n’est cependant pas impossible qu’il se prolonge au-delà du 11 mai.

Certaines des bandes dessinées présentes dans Déconfetti ont un lointain rapport avec le confinement, comme celle de Tofépi se racontant coincé dans un ascenseur. D’autres en sont très éloignées. Toutes apportent une touche de calme en ces temps troublés. Quel plaisir de suivre les globules de Nylso ou de retrouver Alice Lorenzi !

L’ensemble est sobre mais inventif. Chaque dessinatrice et dessinateur a son trait, relié aux autres par le noir et blanc et la modestie du format. Au lecteur de suivre tout cela en ligne ou, s’il lui reste un peu de papier et d’encre après des semaines de télétravail et de « continuité pédagogique », d’imprimer et d’agrafer lui-même son fanzine. Et de retrouver ainsi un peu de l’esprit DIY qui irrigue le fanzinat depuis des décennies.

FH

"Les Confins" in "Déconfetti" #1 © Sébastien Lumineau 2020
"Les Confins" in "Déconfetti" #1 © Sébastien Lumineau 2020
"L’Opération des végétations" in "Déconfetti" #1 © Badame l’Ambasadrise 2020
"L’Opération des végétations" in "Déconfetti" #2 © Badame l’Ambasadrise 2020

Déconfetti - format A5 - 20 pages en noir & blanc - parution hebdomadaire depuis le 27 avril 2020.

Au sommaire du n° 1 : Naz, Lénon, Nylso, Tofépi, Sébastien Lumineau, Badame L’Ambasadrise & Ronald.

Au sommaire du n° 2 : Lara, Badame L’Ambasadrise, L.L. de Mars, Alice Lorenzi, Sébastien Lumineau & Lénon.

Un fanzine à lire en ligne ou à télécharger pour l’imprimer soi-même.

Consulter le site de Sébastien Lumineau.

Lire également sur ActuaBD à propos des auteurs présents dans Déconfetti :
- Le printemps sombre et brillant de L.L. de Mars
- "Tarzan - Seigneur des signes" : une fantaisie de L.L. de Mars
- "Desh" de Tofépi (L’Association) : devenir l’étranger et le rester
- La douce nostalgie de "Kimi le vieux chien" (Nylso)
- "Où." de Sébastien Lumineau (L’Association), une expérience du nulle-part en bande dessinée
- "Le Chien de la voisine" de Sébastien Lumineau (L’Association) : décrire le presque rien

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3 Messages :
  • Le retour d’Alice Lorenzi à la bande dessinée est la grande chouette nouvelle portée par ce modeste (mais joli) fanzine.
    On (enfin, je, du moins) se surprend à rêver pour Déconfetti d’une longévité et d’une fécondité à la "Chez Jérôme comix" (qui dévait déjà énormément à Sébastien Lumineau), auquel ce fanzine fait forcément un peu penser (notamment par son casting). (Et ça en fait, des parenthèses, pour une si petite intervention).

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    • Répondu par Frédéric HOJLO le 6 mai à  21:07 :

      Et si Le Terrier, d’une manière ou d’une autre, l’aidait à poursuivre ? Bon, ça dépendra surtout de la motivation des contributeurs évidemment...

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      • Répondu par L.L. de Mars le 8 mai à  17:05 :

        faudra demander à Sébastien comment il envisage la suite ; sans révéler un bien grand secret, je sais qu’il a déjà de quoi composer au moins deux numéros ; mais il ne me semble pas s’être fixé d’horizon précis (c’est sans doute moins encombrant pour l’esprit, moins lourd, de laisser les choses venir sans calcul).
        Quant à la quelconque force du Terrier pour aider une telle publication (à supposer que ce soit désiré par Seb), je suis le premier à en douter : qui s’en fout, aujourd’hui, d’un site internet de cette sorte, délié de tout réseau social, de tout fil rss ?
        Mais on serait très heureux et fiers d’accueillir un tel fanzine, c’est sûr !

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