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BD numérique : Désaccord persistant entre les auteurs et les éditeurs

  • Le Salon du Livre est toujours l’occasion d’annonces autour du numérique. Cette année encore, les revendications des auteurs sont ignorées, tandis que les éditeurs s’organisent, sans pour autant convaincre.

Souvenez-vous, en mai dernier, nous ouvrions un dossier en quatre parties intitulé « Bande dessinée numérique : la France est-elle dans une impasse ? » dans lequel nous exprimions notre scepticisme : « D’un côté, nous avons des auteurs de BD frustrés qui aimeraient bien savoir à quelle sauce numérique les éditeurs vont accommoder leurs œuvres et surtout, comment on va les rétribuer. De l’autre, des éditeurs dans l’expectative, qui godillent à qui mieux mieux dans la nuit d’encre d’un marché balbutiant. En face, les libraires râlent. »

Qu’en est-il un an plus tard ? Clairement, le marché s’organise. Les éditeurs français se fédèrent autour de la plateforme Izneo dénommée La Bande numérique depuis que Glénat, Soleil et Delcourt et leurs filiales ont rejoint cette initiative de Média-Participations créée en mars 2010.

Le but est de créer un storage où pourront se fournir des libraires en ligne qui seront l’émanation, espère-t-on, des libraires « papiers » avec des pratiques commerciales et des remises comparables. Selon les intéressantes déclarations de Régis Habert à BoDoï.com (23 mars 2010), ce groupe a investi plus de 700.000 euros dans cette plateforme dans laquelle les principaux éditeurs n’ont « pas de minorité de blocage » : 15% pour Dargaud, Delcourt, Glénat, Soleil et Casterman, 10% pour Bamboo et Dupuis, et 5% pour Le Lombard. On notera quand même que le groupe Média-Participations a 30% des parts et on suppose que le ticket d’entrée au capital rend difficile l’accès aux petits éditeurs...

En outre, selon les déclarations du même, sur un million de BD consultées depuis un an, « les ventes sont très faibles ».

BD numérique : Désaccord persistant entre les auteurs et les éditeurs
L’affiche du Salon du Livre 2011 : le téléchargement des livres numériques fait l’objet d’une symbolique forte
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Un modèle économique encore incertain

Car le modèle économique demeure quand même incertain. Scrutant le marché japonais, très en pointe sur ces questions, les intervenants d’un débat sur le Manga numérique au dernier Salon du Livre de paris, bien résumé par Manga Sanctuary, marquaient leur scepticisme : Raphaël Pennes (responsable éditorial de Kazé, filiale des plus grands éditeurs de manga du monde, Shueisha et Shogakukan) dénombrait ainsi les principaux obstacles à l’arrivée du manga numérique en Europe : une grande disparité des équipements et des consommations de manga dans les pays européens et le fait que les consommateurs de BD numérique ne sont pas forcément des consommateurs de BD papier. La question est bien posée.

À cela s’ajoute un point souligné par Alain Kahn, patron de Pika : l’accès à ces versions numériques passe par l’acquisition, à un prix encore relativement élevé, de tablettes et des smartphones réservés à une population financièrement à l’aise et probablement plus âgée que le lecteur de manga moyen : «  L’arrivée du manga numérique n’est pas pour cette année », concluait-il.

Mais elle arrivera, inéluctablement, pense-t-on généralement. Après-tout, 24 millions de Français sont connectés tous les jours à Internet, selon Médiamétrie cité par Boursier.com.

Des auteurs en désaccord

Au niveau des négociations entre les auteurs et les éditeurs, le SNAC-BD, syndicat des auteurs de BD, fait un constat d’échec.

Sur leur page Facebook, ils constatent une avancée sur la question du « Bon à diffuser numérique » (accord préalable de l’auteur avant publication) et sur la notion d’exploitation permanente et suivie sur une durée de deux ans.

Mais les points de désaccord sont fondamentaux et nombreux :

-  Refus de la part des éditeurs d’un contrat séparé pour le numérique
-  Refus également d’une durée de publication limitée avec une clause de réexamen sur la base de la performance des ventes
-  Désaccord sur le mode de rémunération (les éditeurs veulent appliquer le taux « papier » ce que les auteurs refusent)
-  Désaccord sur le mode de reddition des comptes, notamment sur leur transparence totale.

Face à cette impasse, les auteurs n’ont plus qu’à demander au législateur de prendre en compte leurs revendications, ce qui ne va pas accélérer les choses.

À cela s’ajoute le sentiment que ce « pourrissement » des relations est délibéré de la part des éditeurs qui pensent pouvoir profiter de leur position actuelle dans l’édition papier pour s’arroger à bon compte les droits numériques comme en témoigne le dessin de James reproduit dans leur communiqué.

Ambiance…

Dessin de James
(c) James

(par Didier Pasamonik (L'Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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40 Messages :
  • Si les éditeurs Bd pratiquent les mêmes tarifs que leur collègues"littéraires" pour les livres numériques(les nouveautés au prix d’un ouvrage papier à peu de chose près)on comprend que les acheteurs potentiels ne se bousculent pas !
    D’accord, de plus en plus de gens sont connectés à internet,mais seule une petite proportion est intéressée par la lecture de BD-livres sur support numérique.

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  • Merci pour cette état des lieux. Les auteurs déjà présent sur la plate-forme BN ont-ils eu un contrat spécifique ? N’ont-il pas eu trop le choix... ? Cela serait intéressant d’avoir le retour de l’un de ces auteurs "online".

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  • Les éditeurs appliquent tous la même logique, la même plateforme (IZNEO/BANDE NUMERIQUE), la même politique vis à vis du numérique parce qu’ils ont la même histoire, les mêmes freins, les mêmes réticences.

    Les auteurs continueront donc à faire face aux mêmes problèmes tant qu’ils continueront à s’adresser à cette bande d’anti-numériques qui ne propose rien d’efficace pour rentabiliser le numérique... mais ne libère pas les droits afférents pour autant !

    Il y a une forte concurrence des auteurs entre eux, par rapport au monolithe éditorial. Ce qu’il faudrait, c’est élargir cette concurrence, en faveur des auteurs cette fois-ci : en ouvrant un second front de diffusion (de discussion) vers les éditeurs du web, en ne concevant plus l’édition papier comme un préalable à une publication numérique mais l’inverse.

    Ainsi, confrontés à cette seconde alternative, bien plus féroce et efficace, les éditeurs de BD traditionnels ne pourront que négocier.

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    • Répondu le 25 mars 2011 à  09:43 :

      "ne concevant plus l’édition papier comme un préalable à une publication numérique mais l’inverse."

      ok, c’etait le but avec des strips publiés sur iphone, ipad, etc moyennant finances. Réalisé par un Grand Prix d’Angouleme, Trondheim. Bludzee. L’auteur lui-même a reconnu qu’il s’attendait à mieux. Le marché ne sera pas mûr avant des années...

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      • Répondu par Patrick le 25 mars 2011 à  12:29 :

        C’est aussi le fonctionnement de MANOLOSANCTIS, je m’en suis avisé en écrivant mon commentaire. Et puis de BOULET et autres blogueurs, et puis de "Les Autres Gens", Gabrion (Primal Zone), Steve Lieber... (Bludzee, c’était un test d’Aquafadas et de Trondheim sur le seul marché des iPhones).

        1/ l’écran 2/ l’édition

        Mais aucun d’eux n’a de contact direct avec une grande entreprise du web : un provider, un journal ou un magazine numérique, un portail, un moteur de recherche, un réseau social...

        On peut certes oublier les "vendeurs de produits" (Amazon) pour se concentrer sur des éditeurs du web capables d’avoir une véritable démarche éditoriale et marketing.

        L’objectif étant simplement de reprendre la main, pour les auteurs : "vous refusez de prendre en compte ma demande de maîtrise des ventes numériques, on va voir en ligne... avant de vendre en albums".

        C’est vrai, ça fait peur.

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  • Et surtout, comment on va les rétribuer ??

    Ben, on les rétribue pas, c’est simple ! Cinq sites vendent mes oeuvres, j’en savais même rien sans une recherches google, et vraiment par hasard, et jamais l’éditeur ne m’avait mis au courant ( !!! ) De moi même j’ai fais stopper cette vente à la sauvette, en mettant en demeure chaque sites pour ce qui est de contrefaçon de mes oeuvres !
    Visiblement ils ont tous obtempéré très vite, sauf un qui renacle encore !

    Auteurs : Vérifiez BIEN, si vos oeuvres ne sont pas déjà VENDUES à votre insu,
    les miennes et celles d’un collègues auteur l’étaient !

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    • Répondu par Patrick le 25 mars 2011 à  11:57 :

      Je ne comprends pas... Il s’agit là d’une entorse grave au contrat qui vous lie à votre éditeur, une escroquerie manifeste qui devrait logiquement être sanctionnée (il me semble que Goscinny-Uderzo ont connu pareille aventure avec Dargaud et les ventes à l’étranger).

      Est-ce le fait de ne pas avoir été averti de cette utilisation de votre oeuvre dans le numérique, non accompagnée artistiquement par vous, qui vous affecte (mais l’éditeur vous aurait quand même rémunéré pour ces ventes, même faibles) ou l’existence d’un marché parallèle qui vous aurait échappé et pour lequel vous n’auriez pas été rémunéré ?

      Un auteur est-il si dépendant de son éditeur qu’il ne peut rien dire lorsque celui-ci l’escroque ?

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      • Répondu le 25 mars 2011 à  13:11 :

        À vous lire, les pirates passeraient des marchés secrets avec les éditeurs... Quel intérêt de faire ça dans un marché balbutiant ? C’est vraiment de la parano absurde .

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      • Répondu par ishimou le 25 mars 2011 à  14:07 :

        Quand ça va mal on fait croire à un collectif, quand ça va bien, ça joue perso.

        Franchement, vous croyez que vous avez une position qui vous permettent de revendiquer quoi que ce soit ?

        La BD c’est un marché (hélas) de plus de 4000 prétendants auteurs par an, pour seulement une vingtaine de places toutes déjà occupées par des produits bien connus.

        Cependant, si vous souhaitez rentrer dans ce système des gros éditeurs, laissez vos âmes d’artistes au vestiaire, acceptez d’égrainer votre chapelet de concessions à Saint Réussite et acceptez le dictat du marketing.
        Essayez d’être des esclaves un peu plus dignes.

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        • Répondu par GR le 25 mars 2011 à  17:04 :

          Ca joue perso ???? La solidarité entre auteurs n’existe pas, cher monsieur ! Faisant ce métier depuis le milieu des seventies, je peux hélas l’affirmer haut et fort !

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      • Répondu par NDZ le 25 mars 2011 à  16:51 :

        Ce n’est pas UNE entorse, mais un vol manifeste, bien plus répandu que vous ne semblez le penser ! BD vendues en numérique, sans accord, sans paiement et
        bien salopée en plus par le digitaliseur ! N’étant pas un esclave soumis - comme dit plus bas par Ishimou - ce sera tribunal dés que possible, j’essaye de convaincre 2 ou 3 autres collègues, qui ont subit celà aussi,
        mais eux, sont plus "réticents" pour agir comme moi, preuve qu’il n’y a AUCUNE solidarité dans ce milieu !

        Après que certains éditeurs fassent tout n’importe comment ne m’étonne même pas, devant une telle passivité !!!!!!

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        • Répondu le 25 mars 2011 à  17:24 :

          Les éditeurs doivent lutter contre la contrefaçon. c’est dans les contrats. Mais ’ils doivent lutter contre tous les pirates du net sur toute la Terre, ils finiront par perdre plus d’argent dans des procès que dans des livres qui ne marchent pas. Ou bien ils luttent contre des moulins, ou bien ils proposent une alternative. Une plateforme comme Iznéo est une alternative. Mieux vaut investir là que de perdre son temps et son argent ailleurs. Vous ne croyez pas ?

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        • Répondu par ishimou le 25 mars 2011 à  18:28 :

          Merci pour votre franchise !

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          • Répondu le 26 mars 2011 à  14:35 :

            Il y a bcp plus de solidarité dans le milieu des intermittents du spectacle, qui eux ont su s’organiser, qu’entre simplement 2 auteurs BD entre eux !

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            • Répondu par ishimou le 26 mars 2011 à  15:32 :

              absolument d’accord ! et lorsque l’un deux trouve le succès et accède au vedetteria et à la notoriété, il forme souvent une bande qui s’entraide. Ce n’est pas nouveau, Dominique zardi célèbre second rôle à expliqué en long et en large comment Louis De Funès négociait cette exigence dans ses contrats.
              Je me répète, mais cette discussion à beaucoup de franchise, il faut le souligner, ce forum aussi peut évoluer. Moi qui suit souvent perçu comme un agitateur grognon, je ne manque jamais aussi de dire ce qui est bien, à mon humble avis.

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            • Répondu par Bakounine le 26 mars 2011 à  20:27 :

              Rien à voir. Les intermittents du spectacle sont des artistes qui créent des œuvres collectives. Les auteurs sont des individualistes avec des égos surdimensionnés... surtout au pays du droit d’auteur.

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              • Répondu par ishimou le 26 mars 2011 à  22:49 :

                Qu’est-ce que vous racontez ? Les intermittents ne sont pas tous des artistes, des caméramans, et divers techniciens sont repris sous cette appellation. Quant aux droits d’auteurs, beaucoup d’acteurs actuels sont intéressés aux bénéfices d’un film à la place de recevoir un cachet fixe. Et puis pour les égos surdimensionnés, ce n’est pas propre aux artistes, il y en a dans tous les domaines, que ce soit chez les flics ou les médecins.

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                • Répondu par Bakounine le 27 mars 2011 à  16:14 :

                  Je ne dis pas le contraire. Je comparais artistes intermittents et auteurs en forçant le trait. Franchement, vous y croyez aux auteurs de BD tous rassemblés pour mener un seul combat ? C’est une plaisanterie, suffit de voir l’Association 20 ans plus tard pour en rire. "On a dit qu’on ne voulait pas de chef parce qu’on veut tous être le chef !". C’est souvent ça les auteurs de BD. Tous groupés quand il pleut et chacun pour soi quand il y a du soleil. Un auteur peut faire un bouquin seul dans son coin, mais faire un film seul , c’est du mission impossible ou l’ennui assuré.

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    • Répondu par NDZ le 25 mars 2011 à  17:18 :

      Oubli : Vérifiez AUSSi les pays ou sont vendus vos BD papiers, perso j’ai trouvé 9 pays "oubliés" dans les relevés de ventes !

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      • Répondu par Bakounine le 25 mars 2011 à  18:08 :

        Pour les BD numérisées, faudra vérifier toutes les adresses IP, on ne sait jamais, il y a tellement de milliards de gens malhonnêtes sur cette planète. Et en plus du bon à tirer numérique, je propose que l’auteur puisse avoir un droit de contrôle sur la qualité et le réglage des écrans de ses lecteurs... Sinon, ça ne va pas le faire.

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    • Répondu par Dom le 26 mars 2011 à  08:53 :

      J’ai été confronté à ça : Demander explication à une boite qui diffusait ma bd sans mon accord, sans contrat et sans paiement sur Itunes !

      Le directeur de cette société m’a répondu, vous savez on en a vendu juste 30 exemplaires de votre album !!!

      Comme si cette action illégale était " banalisée " car la bd numérique n’a pas encore pris son essor et les ventes sont faibles !!!

      30 exemplaires ou 30.000ex, ca reste du vol, je crois, non ?
      A moins qu’il y ait une limite, genre vol d’oeuf ou vol de boeuf ????

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      • Répondu par david chauvel le 26 mars 2011 à  12:40 :

        Bonjour
        J’invite tout auteur dont les droits sont bafoués de la manière dont vous venez de le raconter ici, que ce soit par une diffusion numérique payante ou une traduction/publication à l’étranger sur laquelle ils ne touchent rien (et/ou dont ils n’ont pas été avisés), à prendre contact avec le groupement bande dessinée du SNAC.
        Le syndicat des auteurs est à même d’examiner leur problème, de les conseillers, de faire valoir leurs droits auprès des éditeurs fautifs voire de les soutenir dans une action judiciaire si toute tentative de faire appliquer l’intégralité des clauses de leur contrat échoue...
        Il suffit de suivre ce lien. Un membre du groupe de pilotage vous répondra et transmettra votre dossier à un juriste compétent.

        http://syndicatbd.org/index.html

        La solidarité existe dans ce métier, quoi qu’en dise certains. Mais il faut comprendre que la très grande majorité des auteurs vit dans une situation précaire qui rend difficile la contestation face aux abus. Ce n’est pas moi qui leur jetterai la pierre... Il est plus facile d’aller au combat quand on a une certaine "assise". C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce sont principalement des auteurs "installés" qui ont créé ce groupement...

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        • Répondu par Dom le 26 mars 2011 à  13:20 :

          Cher David Chauvel, je vais au combat et devant les tribunaux sans aucune assise financière d’avance, pour celà on a vendu déjà 2 voitures simplement pour pouvoir payer ( très cher ) des avocats en CPI et droits d’auteurs et ainsi retrouver la justice, une maison héritée est aussi en vente, juste pour celà, payer des avocats, et les tribunaux.
          Le SNAC est déjà parfaitement au courant de mon affaire, mais il y a tellement de trucs illégaux que les honoraires d’avocats sont impossibles à chiffrer, et donc pour le snac de m’aider. Par contre ils m’ont aidé autrement.

          Mais je connais d’autres auteurs dans mon cas, qui n’ont pas soit un bien à vendre, soit la volonté de continuer à se battre, c’est à eux que va ma sympathie ce jour !

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        • Répondu par Bakounine le 26 mars 2011 à  13:40 :

          Les pirates ne feront pas la fortune des auteurs et des éditeurs, mais des juristes et avocats, oui.
          Et vive le syndicat des auteurs de BD installés qui se mouillent pour les autres et qui sont souvent directeurs de collections aussi et qui nous montrent la voie. Mais chers auteurs à casquettes multiples, quand vous dirigez vos auteurs comme directeur de collection, vous leur demandez de signer la clause du numérique et de céder leurs droits audiovisuels ?

          Dans tous les contrats d’édition, les éditeurs s’engagent à lutter contre les contrefaçons, lorsque seul le papier existait, c’était encore plausible. Les piratages n’étaient pas systématiques, mais maintenant, n’importe qui a sa petite usine à domicile et peut scanner et dupliquer à l’infini. Cette clause devrait être révisée. Je m’étonne que les éditeurs ne se battent pas pour ajouter une limite à leurs engagements.

          Tout ça pour dire que la situation n’est pas manichéenne. Je vois beaucoup d’ intérêts croisés et de paradoxes dans ce que je lis et j’entends à droite à gauche.

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          • Répondu par david chauvel le 26 mars 2011 à  14:45 :

            L’aide juridique du Snac est gratuite et se fait en échange d’une simple (mais nécessaire) cotisation. Il n’y a personne à enrichir.

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            • Répondu par Bakounine le 26 mars 2011 à  15:17 :

              Internet c’est gratuit, comme les juristes. L’aide juridique ne suffit pas toujours pour faire valoir son droit. Il faut parfois et souvent en passer par un procès avocat et là, ce n’est plus le coût d’une simple cotisation.

              Prenons la situation présente : les éditeurs sont censés attaquer tous les contrefacteurs ainsi que Google Livres et que sais-je encore. Un album scanné et balancé sur le net sans autorisation de l’auteur ou de son éditeur est contrefait. Même si l’auteur n’a pas cédé ses droits numériques sur les œuvres d’avant 200 !, l’éditeur est obligé de poursuivre les pirates qui ont scanné les albums. Il suffirait donc à tous les auteurs de cotiser au SNAC, qu’il demandent une aide juridique, que les juristes interviennent pour forcer les éditeurs à attaquer les pirates. C’est soit une plaisanterie, soit un appel au suicide collectif. En tout cas, un calcul à court terme bien naïf ou carrément démagogique.

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              • Répondu par david chauvel le 26 mars 2011 à  17:26 :

                Vous êtes très mal renseigné et/ou vous ne savez pas de quoi vous parlez.
                Le SNAC soutient les auteurs, après validation de la démarche par le conseil syndicat, y compris jusqu’au tribunal. Et ce ne sont pas les auteurs qui payent la facture. Les personnes qui ont dû passer par cette lourde épreuve, car c’en est une, peuvent en témoigner...

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                • Répondu par Bakounine le 27 mars 2011 à  10:09 :

                  Très bien, et avec les légions d’albums piratés, si tous les auteurs vous demandent de l’aide, vous allez faire comment ?

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                  • Répondu par david chauvel le 27 mars 2011 à  13:41 :

                    Je vous parle d’album numérique mis en vente par l’éditeur ou par un tiers moyennant paiement. Et non mis en ligne gratuitement par des pirates. C’est un autre sujet.

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                    • Répondu par Bakounine le 27 mars 2011 à  14:38 :

                      Justement, ce n’est pas un autre sujet. Il y a une cause à effet. Il y a beaucoup plus d’albums piratés sur le net que d’éditeurs qui diffusent des BD sur le net sans le consentement de leurs auteurs. Quel intérêt dans un marché balbutiant les éditeurs auraient à faire une chose pareille ? Dépenser beaucoup pour gagner peu ? Ça n’a aucun sens et aucun intérêt. Quelle est la position du Snac par rapport aux piratages, à Google Livres, à Amazon et sa concurrence déloyale ? Vous ne croyez pas que la première bataille du numérique à livrer est avec les éditeurs plutôt que contre ? Vous n’auriez pas une vielle vison de cégétiste du genre salauds patrons. Alors que ce n’est pas du tout ce qui est en train de se jouer.

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                      • Répondu par david chauvel le 27 mars 2011 à  18:43 :

                        Les positions du Snac sur l’ensemble de ces sujets sont claires et vous les découvrirez en allant sur leur site ou sur celui du GABD.
                        Pour le reste, je n’interviens pas ici pour discuter avec vous de tel ou tel sujet, mais uniquement pour donner des informations susceptibles d’aider des auteurs, ou corriger vos approximations et autres contre-vérités. Je vous laisse donc à vos certitudes. Bon dimanche.

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      • Répondu par ishimou le 26 mars 2011 à  15:51 :

        L’anecdote que vous partagez ici, merci à vous, est absolument scandaleuse, elle banalise le vol, c’est absolument indigne et cynique.

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        • Répondu par LSC le 27 mars 2011 à  08:27 :

          J’ai été confronté à ça aussi, mon album sur applestore et autres sites ! Pas de contrat, jamais de droits, et découverte par un hasard total de cette diffusion etc ... comme tout le monde visiblement vu que ça a l’air d’être pratique courante :((

          Par contre, il est carrément impossible de avoir qui dégrade les oeuvres, pour moi, la couverture de ma BD avait subi des rajouts complètement incompréhensibles, j’ai jamais pu savoir QUI avait fait celà !
          Tout ce beau monde se renvoie la balle et l’éditeur, devant mon coup de gueule
          m’a répondu laconiquement par ses avocats que je faisais une " tempête dans un verre d’eau " pour ces ventes numériques !!!

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          • Répondu par Bakounine le 27 mars 2011 à  12:49 :

            Eh bien voilà, de nombreux auteurs sont dans la même situation. Le piratage sur le net n’est donc pas l’épouvantail qu’agitent les éditeurs comme le prétendent certains syndicalistes. Donc, pendant que vous chipotez sur des pourcentages avec Iznéo, d’autres se servent dans vos poches. On croirait une vieille fable d’Esope. C’est malin !

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            • Répondu le 28 mars 2011 à  12:55 :

              Dites-donc Bakounine (avez-vous seulement une idée de qui était Bakouninne ?), ce n’est pas parce qu’on vous a fait les poches dans le métro que votre patron a le droit de vous voler, revenez à la réalité !

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              • Répondu le 29 mars 2011 à  06:57 :

                "ce n’est pas parce qu’on vous a fait les poches dans le métro que votre patron a le droit de vous voler " voilà, tout est bien résumé, là !
                N’en déplaise au camarade Bakounine qui mélange tout

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            • Répondu par LSC le 28 mars 2011 à  16:21 :

              Le vol par les éditeurs est pire que le piratage des BD sur le web !
              Car les pirates du web ne se font pas d’argent directement sur le dos des auteurs, alors que certains éditeurs à la moralité aléatoire, OUI !!!

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              • Répondu par Bakounine le 28 mars 2011 à  20:52 :

                Un pirate scanne et balance sur le net sans reverser un seul centime à l’auteur et il est moins malhonnête qu’un éditeur. C’est quoi votre adresse que je vienne vous cambrioler, même si je vous prends tout ce sera toujours moins pire que ce que vous prend votre assureur.

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          • Répondu par Javier Garcia le 16 octobre 2016 à  14:34 :

            Bonjour, j’ai lu votre témoignage qui date de 2011, au sujet de la BD numériques. ,
            Estimez-vous maintenant en 2016 qu’une publication chez Amazon, izneo, applestore ou autre, ne soit les meilleures plateformes actuellement pour la diffusion .Quel éditeur numérique me conseillez-vous
            Dois-je me méfier ? ou foncé ? Si s’est le 1 er cas de figure , quel en sont les raisons ?
            Je suis novice en la matière de la BD numérique
            Je travail actuellement sur un série de 6 albums en autodidacte. Des conseil de professionnels me sont utile.
            S’est pour cette raison importante que je sollicite votre conseil avec respect.

            Javier-Garcia.

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  • Pour le numérique, certains éditeurs n’hésitent pas à utiliser l’ancienne loi belge ABROGEE de 1886, qui est très laxiste sur les droits cédés !!
    Par exemple elle autorise l’éditeur à posséder main mise sur TOUTE la production future des auteurs, sans AUCUNES limites de temps ou d’oeuvres !!
    Elle permet la diffusion numérique, sans même vraiment informer/consulter l’auteur. J’ai déjà évoqué cette "plaie" de l’utilisation malsaine et illégale de cette loi ancienne et abrogée sur sur autre discussion sur ce même forum !

    Donc, vérifiez bien vos contrats, si vous lisez " loi 1886 ", FUYEZ !!!!!!!!!

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