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Batgirl T1 - Par Cameron Stewart, Brenden Fletcher & Babs Tarr - Urban Comics

  • La Batgirl de Burnside débarque en France après avoir fait couler beaucoup d’encre outre-Atlantique. Entre super-héros et super-branché, un titre qui vise clairement un public jeune, moderne et « girly ». Verdict ?

Batgirl The New 52 [1] arrive enfin en librairie, ce qui réjouira sans aucun doute les fans de Barbara Gordon, la plus célèbre rouquine de DC Comics. Cependant attention, il ne s’agit pas des premiers numéros de la série et la version proposée ici nous entraîne dans un reboot artistique relativement radical.

Rappelons brièvement qui est Barbara Gordon. Créée en 1967 par Gardner Fox et Carmine Infantino sur une demande des producteurs de la série TV Batman de l’époque, elle est introduite comme la fille du commissaire Gordon, une bibliothécaire qui enfile la nuit la tenue de super-héroïne Batgirl pour combattre le crime.

L’année 1988 marque un tournant pour le personnage : dans le roman graphique The Killing Joke écrit par Alan Moore, Barbara se fait tirer dessus par le Joker et perd l’usage de ses jambes.

Batgirl T1 - Par Cameron Stewart, Brenden Fletcher & Babs Tarr - Urban Comics
Situation gênante et inédite pour Barbara !
© DC Comics / Urban Comics

Devenue paraplégique, elle poursuit néanmoins sa carrière de super-héroïne sous l’identité d’Oracle, experte en informatique, et devient la figurine incontournable de la chasse aux données et du piratage numérique.

La série Birds of Prey, lancée en 1999, constitue un autre temps fort. Dans ce comics Barbara fonde une équipe exclusivement féminine (du moins à ses débuts), dont feront parties en tant que piliers les héroïnes Black Canary et Huntress.

Lors du Relaunch The New 52, en 2011, Barbara récupère l’usage de ses jambes et la tenue de Batgirl. Les évènements de The Killing Joke ne sont pas supprimés, mais il est établi que trois ans après, une opération expérimentale lui permet de remarcher.

C’est Gail Simone qui prit en charge la destinée de Barbara Gordon sur cette période, jusqu’au numéro trente-quatre (août 2014). La scénariste connaît bien le personnage pour avoir travaillé lors de la première moitié des années 2000 sur la série Birds of Prey.

Les épisodes de Batgirl The New 52 écrits par Gail Simone furent publiés en France dans les revues kiosques d’Urban Comics et sont à ce jour inédits en librairie. Son récit était sombre et fit la part belle à une héroïne torturée, souffrant de troubles de stress post-traumatique (résultant de sa paraplégie passée).

La nouvelle équipe créative qui lui succède, Cameron Stewart et Brenden Fletcher au scénario, et Babs Tarr au dessin, dont nous découvrons les débuts dans ce tome, change radicalement l’ambiance et la caractérisation de la série. Le but : capter le public féminin, nouvelle cible à conquérir pour les éditeurs de Comics.

Dans ce premier tome [2] Barbara déménage dans un quartier branché de Gotham City, Burnside, et voit ses aventures désormais rythmées par les soirées entre amis, les réseaux sociaux et les hipsters !

Batgirl en action !
© DC Comics / Urban Comics

Pour marquer le changement, après son déménagement, Barbara perd tout son équipement suite à un accident et doit se faire un nouveau costume. Une nouvelle tenue moins moulante et fort réussie, qui constitue assurément l’une des bonnes trouvailles de cette nouvelle version.

Barbara déménage donc à Burnside, s’installe en colocation chez une amie programmeuse, dans le but de poursuivre une thèse basée sur un algorithme de sa création. Les galères s’accumulent rapidement en commençant par une fête où notre héroïne a trop bu et trop embrassé un garçon.

La série pose un univers étudiant de type comédie, avec un brin de romance, les sorties entre copines, les messages qu’on s’échange via réseaux, sans oublier un peu de culture geek pour l’importance de l’informatique ou d’un dessin animé japonais ayant marqué l’enfance de Barbara.

Nous sommes à cent lieues du Bat-Universe classique : pas de ruelles malfamées ou de pègre, mais des vilains usant des technologies modernes pour ruiner la réputation des gens. Un titre coloré, qui fait la part belle au fun et à une légèreté qui tranche avec le run -période de travail- de Gail Simone.

Ici notre héroïne succombe à la célébrité numérique, en devenant l’héroïne de Burnside, avec tout ce que cela implique dans un milieu hipster. Le ton et l’ambiance pourront désarçonner le lecteur « classique », avec une Barbara « retombée » en « adolescente/étudiante », dans un univers branché, connecté et girly : nous sommes loin de la bibliothécaire à lunettes !

Le trait de Babs Tarr se prête évidemment à merveille à cette ambiance, et pour ne rien gâcher cette dernière se montre aussi à l’aise pour dessiner la Barbara de comédie que celle donnant des coups de pied aux vilains !

Un titre qui propose donc une version dans l’air du temps de Batgirl, un brin décalé, qui cible un nouveau public. Si cette orientation peut laisser perplexe par moment, le dynamisme du récit et le soin apporté à la mise en route de cet univers se révèlent néanmoins efficaces et entraînants, et il y a de quoi se laisser séduire pour peu qu’on soit sensible à ce ton et à cette ambiance légère et colorée.

Côté face : informatique et programmation
© DC Comics / Urban Comics
Côté pile : entrainement au combat
© DC Comics / Urban Comics

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Batgirl T1. Scenario : Cameron Stewart & Brenden Fletcher. Dessin : Babs Tarr & Irene Koh. Traduction Mathieu Auverdin. Urban Comics, collection "DC Renaissance". Sortie le 11 septembre 2015. 160 pages. 15,00 euros.

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[1The New 52 : Redémarrage éditorial de l’univers super-héroïque de DC Comics, qui eut lieu en septembre 2011

[2Les épisodes contenus dans Batgirl T1 : Bienvenue à Burnside sont :
- Batgirl #35-40 (octobre 2014 à mars 2015),
- Secret Origins #10 -Batgirl- (février 2015).

 
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