Belle-Ile en père - Par P. Weber et Nicoby - Vents d’Ouest

8 avril 2015 0 commentaire
  • Les aventures insulaires d’une star du petit écran à Belle-Ile-en-Mer. Après avoir refermé cette bande dessinée, vous serez convaincus du bien-fondé du nom de cette île bretonne.

Vanessa Blue, ancienne de la téléréalité, est aujourd’hui actrice dans une série télévisée à succès. Sur un coup de tête, elle décide d’abandonner sa carrière à la télé pour mieux se ressourcer à Belle-Ile-en-Mer. Elle n’a pas choisi cette destination par hasard : c’est en effet là que vivait son père, avant de les abandonner, elle et sa mère, en décidant de se suicider pour ne pas avoir à assumer l’éducation de sa fille, d’où le jeu de mot qui sert de titre pour l’album. Elle ne trouvera à Belle-Ile-en-Mer absolument pas ce qu’elle pensait chercher.
Belle-Ile en père - Par P. Weber et Nicoby - Vents d'Ouest
La thématique insulaire semble inspirer le Breton Nicoby et le Belge Patrick Weber, puisqu’ils avaient déjà travaillé ensemble sur un album prenant pour toile de fond une autre île bretonne : Ouessant. Ouessantines, déjà publié chez Vents d’Ouest, qui tenait autant de la chronique sociale que du polar.

Ici, l’intrigue est plutôt dans le registre du mélodrame, et elle fonctionne globalement bien : Patrick Weber fait efficacement monter la pression tout au long de l’album, et on est tellement impatient de comprendre le fin mot de l’histoire que, paradoxalement, celui-ci nous déçoit quand il arrive, il faut bien le reconnaître.

Le dessin de Nicoby est simple et sans fioritures, mais on préférait la puissance de son noir et blanc dans Les Ensembles contraires, histoire personnelle poignante qu’il dessinait sur un scénario de Kris. La couleur manque de nuances et ne met pas le dessin en valeur, aplatissant notamment les seconds plans.

L’ensemble est de bonne tenue, même si l’on finit par avoir l’impression de tenir entre les mains un dépliant touristique pour l’île, surtout quand on lit le dossier de photos qui l’accompagne à la fin de l’album, légendé à l’aide de quelques informations factuelles qui pourraient être toutes droit sorties de l’office du tourisme local. Il y a d’ailleurs fort à parier que vous trouviez désormais cette BD en vente dans tous les kiosques et tous les lieux touristiques locaux. C’est peut-être le calcul.

Cette même volonté de souligner tous les atouts de l’île a poussé les auteurs à intégrer pleinement dans leur récit Sarah Bernhardt, qui marqua de sa présence une île qu’elle rendit célèbre. Ses caprices de diva sont encore dans les mémoires de tous les Bellilois. Les quelques pages consacrées à la grande actrice sont réussies et le parallèle entre Vanessa Blue et l’immortelle interprète de Cléopâtre, s’il n’est pas très original, n’en reste pas moins plaisant.

Un album qui aurait pu aller plus loin, mais qui donne envie d’île et de grand air breton !

(par Tristan MARTINE)

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