Bob Morane en justice

4 octobre 2003 0 commentaire
  • "Le père de Bob Morane en justice". Tel est le titre d'un article publié par le quotidien belge « Le Soir » en date du jeudi 3 octobre. Il explique en substance que l'auteur de Bob Morane, Henri Vernes avait constaté que la maison Claude Lefrancq, avec laquelle il avait contracté entre 1990 et 1997, pour la publication de ses romans et de quelques bandes dessinées, avait effectué en juin 1999 des ventes sauvages de ses romans et de ses albums auprès de certains magasins de solderie.

Suite à cela, Henri Vernes assigna son éditeur devant le tribunal. « En date du 9 décembre 1999, explique le journaliste Frédéric Delepierre du Soir, le tribunal lui donnait raison ». Il constatait la rupture des contrats liant l’auteur à cette maison, condamnait l’éditeur à verser une provision sur les droits dont l’auteur aurait été lésés et nommait un expert en vue d’évaluer l’ampleur du préjudice. Quatre jours plus tard, les Editions Claude Lefrancq déposaient le bilan.

Henri Vernes, loin de se décourager, décida en février 2001 de citer devant le tribunal ceux qui, selon lui, sont à l’origine de cette déconfiture. Parmi eux, Patrice Le Hodey qui avait racheté les éditions Lefrancq, au travers de la société Hyode (connue sous la marque Hélyode, anagramme du nom de son propriétaire). « l’écrivain estime en effet, nous dit Le Soir, que plusieurs ventes d’ouvrages ont eu lieu entre les éditions Lefrancq, Patrice Le Hodey et sa société Hyode, devenue Helyode. Des transactions d’un montant de 7,150 millions de francs [belges, soit environ 178.000 euros. NDLR] sur lesquels il n’aurait pas touché de droits d’auteurs ». "Le Soir" rapporte que M. Patrice Le Hodey, un personnage considérable en Belgique, issu d’une famille qui contrôle le quotidien belge "La Libre Belgique", a reconnu avoir agi comme acheteur et comme vendeur alors qu’il était encore administrateur de la société Lefrancq. En conséquence, selon le Soir, Henri Vernes déposait plainte au pénal pour escroquerie le 21 août 2001. « L’affaire est depuis lors à l’instruction », conclut le journal. Mais elle a plusieurs volets selon le parquet de Bruxelles. L’un d’entre eux inclut notamment la responsabilité de Monsieur Demartin, « responsable des éditions Lefrancq au moment des faits présumés »

Précisons que, contre toute apparence, Claude Lefrancq qui joua un rôle important dans la création des Editions Blake et Mortimer, avait revendu la maison qui porte son nom aux sociétés de M. Le Hodey. Après la faillite de l’éditeur de Bob Morane et de Biggles au bout de trois ans, il reprit la jouissance de son nom et, ayant gardé la confiance d’Henri Vernes, a relancé la publication des aventures de l’Aventurier sous le label « Ananké/Claude Lefrancq ». Henri Vernes solde donc là de vieux comptes, seulement soucieux de récupérer les droits d’auteur dont il a été privé.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?