Kim Jung-Gi nous déconfine en direct live pour la création du dernier "Spygame"

2 juin 2020 9 commentaires
  • Le dessinateur de "Spygames" qu'il cosigne avec Jean-David Morvan, l'artiste coréen Kim Jung-Gi (éd. Glénat) s'est lancé un sacré défi en cette fin de pandémie : dessiner le second volume de la série en direct live sur Facebook. Un challenge qu'il connaît bien : le dessinateur doit entre autre sa popularité à ses sessions de dessin live sur Internet et en festivals. Et un truc pratique pour l'éditeur qui peut suivre en direct la production de son album, et nous aussi par la même occasion. "The audience is watching you !"

Le rendez-vous est donné pour mercredi 3 juin à 10h tapante sur la page Facebook de Kim Jung-Gi et sur son Youtube : l’auteur coréen y commencera la création du second tome de Spygames, la série d’action décapante qu’il a créée aux côtés du scénariste J. D. Morvan. On y suit l’évolution d’une compétition d’espion dans un Hong-Kong mis à feu et à sang par des équipes de tueurs professionnels bien décidés à remporter un tournoi : le "Kontest".

Le dessinateur signe avec cette série son entrée dans le catalogue de Glénat et sur le marché français, mais au Pays du Matin calme, comme ailleurs dans le monde, il est déjà reconnu comme un véritable maître du manwha (version coréenne du manga) pour ses œuvres comme Tiger the Long Tail ou ses Sketchbooks dans lesquels il compile des dessins d’objets, créatures, personnages sans fil conducteur.

Également professeur à l’AnniChanga Art School de Séoul, école d’art qu’il a cofondée, son trait se caractérise par une grande expressivité et une profusion de détails d’une incroyable précision. Le voir à l’œuvre en direct est assurément une expérience passionnante, d’autant plus qu’au long du live il répondra aux questions que les internautes lui poseront.

On pourra le voir progresser tous les mercredis et vendredis à compter du 3 juin à 10h heure française.

Kim Jung-Gi nous déconfine en direct live pour la création du dernier "Spygame"
© Page Facebook de Jean-David Morvan / Kim Jung-Gi.

Avec cette performance, le dessinateur n’en est pas à son coup d’essai. Il s’est fait connaître depuis 2014 pour ses nombreux Drawing Shows à travers le monde, de Paris à San Diego, pendant lesquels on le voit appliquer sa technique de dessin bien atypique : il est en effet connu pour dessiner très rapidement sur papier sans traits de construction, esquisse ou préparation, pour des résultats criants de réalisme.

Il avait d’ailleurs fait escale au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême pour une session de dessin en live en 2015. Bluffant !

Voir en ligne : LA PAGE FACEBOOK DE KIM JUNG-GI OÙ RETROUVER LE LIVE.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Retrouvez ici le dossier d’ActuaBD consacré au phénomène Kim Jung-Gi.

En logo de survol : Kim Jung-Gi en session de dessin © Wikipédia / CC.

En médaillon : Portrait de Kim Jung-Gi par Hyunjin Kim © Compte Facebook de Kim Jung-Gi.

 
Participez à la discussion
9 Messages :
  • INCROYABLE !!!
    On ne sait même pas comment il fait ?
    Mouvements, imbrications, précisions, espace, contrastes et vie foisonnante !
    Tout ça dans un flux continu !?!
    Chapeau l’artiste !
    Quand on voit ça on n’ose plus se saisir d’un crayon ou d’un pinceau...
    Non, je vais vite reprendre mon équerre et me remettre à tracer très lentement...

    Répondre à ce message

    • Répondu par Mille Sabords le 2 juin à  12:46 :

      Au-delà de son immense talent, encore faut-il sortir le bon album. Le scénario de Spygames n’a rien d’original, ni de sidérant, et malgré toute la virtuosité du dessinateur, ça ne suffit pas à faire l’affaire. Je préfère relire un Alpha (époque Jigounov)...

      Répondre à ce message

  • Une fois la "performance" terminée, personnellement, je trouve qu’il ne reste rien. Son art ne me touche pas.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 2 juin à  17:18 :

      C’est un "performer", un as de l’action-painting-réaliste, mais sa narration en bd est assez mauvaise et le tome un de sa série chez Glénat est très, très moyen. Ce direct live est le seul moyen qu’ils ont trouvé pour le faire avancer sur ce tome deux qui s’enlise.

      Répondre à ce message

    • Répondu par kyle william le 2 juin à  18:10 :

      Il est très fort. Et on dirait, au vu des pages montrées dans l’article, qu’il a fait des progrès en terme de composition et de focus, qualités évidemment absentes dans ses fresques réalisées à main-levée.

      Répondre à ce message

  • Ce qui est amusant avec Kim Jung-Gi, c’est que des confrères artistes affirment qu’il doit utiliser des dessins de bases projetés en lumière bleue, invisibles pour les autres à une certaine distance, sur lesquels il s’appuie pour ses démonstrations en public.

    D’autres le qualifient d"autiste", pas toujours de manière avantageuse.

    Les plus drôles sont ceux qui tordent le nez en concluant "qu’il n’invente rien", dans ses créations et son style bien sûr.

    Tous, à leurs manières, lui rendent un bel hommage avec ce genre d’observations un peu acides.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 3 juin à  16:20 :

      Le problème, c’est qu’il n’est pas le seul dans le monde à pouvoir réaliser ce type de performance. Il existe aussi un artiste "autiste" qui est capable de dessiner une ville complète à la perfection avec un soin du détail phénoménal, comme le fait Kim Jung-Gi dans ses fresques. Dans les deux cas nous avons des artistes qui ont une mémoire prodigieuse, capable de tout restituer.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Pascal Aggabi le 3 juin à  20:41 :

        Ce qui fait la force de Kim Jung-Gi, c’est sa formation dans une école coréenne réputée pour la très grande qualité de sa formation technique.

        Il y a peut-être d’autres "Kim Jung-Gi " en Corée .

        Pour ce qui est des dessinateurs avec une mémoire visuelle incroyable et une grande force de projection : Jeffrey Catherine Jones affirmait visualiser complètement, c’est à dire voir totalement achevés, ses dessins ou peintures avant exécution , pour ensuite n’avoir plus qu’à "recopier" l’image , tandis que John Buscema a dessiné une version du Magicien d’Oz assez précise, avec juste une petite inversion de scène, sans disposer d’ autre chose que le visionnage du film quelques années auparavant. Buscema travaillait sans scénario, pas le temps, souvent un coup de fil échangé avec le scénariste suffisait, ça doit aider.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Jean-Paul le 23 juin à  06:38 :

          Pour l’avoir vu me faire des dédicaces en direct, il n’y a pas de trucs de lumière invisible ! Pour lui avoir posé la question à Angou (via son interprête) "Seriez-vous un extra-terrestre ?" et l’avoir vu sourire (et répondre "non" accessoirement), la piste autiste semble aussi fausse (je ne suis pas certain qu’un autiste ait ce type d’humour, mais je peux me tromper).
          Je n’aime pas ses albums, mais le recueil de croquis acheté est une merveille, je ne regarde que par série de 10 pages pour ne pas trop me décourager en dessin ! : )

          Il pourrait peut-être faire quelque chose de plus fort en se lançant dans le roman graphique...

          Répondre à ce message