L’épiphanie printanière de Ludovic Debeurme

18 mai 2018 0 commentaire
  • Le tome 2 d’Epiphania paraît ces jours-ci chez Casterman. Avec lui s’élabore un étranger récit qui fascine tant par les thèmes qui y sont développés que par sa réussite esthétique. Une véritabe expérience.

« On voit bien tout ce que cette symbolique charrie d’éléments contemporains : la crise des migrants, le désastre écologique qui s’annonce, l’aliénation mentale des individus dans un système consumériste qui tourne à vide… Avec son imagerie naïve, ses couleurs étranges, sa narration tendue toute en finesse et ses sentiments à fleur de peau, Ludovic Debeurme une fois de plus nous interpelle…  » écrivions-nous sur ActuaBD en décembre 2017, alors que paraissait le premier volume de l’étrange série Epiphania (Ed. Casterman).

L'épiphanie printanière de Ludovic Debeurme
"Epiphania" de Ludovic Debeurme.
© Casterman 2018

Notre sentiment n’a pas changé, que du contraire. La suite de ce récit fait sortir Koji du giron de son père adoptif pour le faire rejoindre les « mixbodies », ou plutôt les Epiphanians comme ils préfèrent s’appeler eux-mêmes, lesquels se sont structurés pour se défendre contre le sort quasi génocidaire qui leur est fait par les humains.

De part et d’autre, les théories s’échangent. Qui sont-ils ? Des créatures extraterrestres venues exterminer les humains, ou des humains qui ont été génétiquement modifiés avec des gênes d’animaux ? Quel est le pouvoir de ces météorites qui sont à l’origine de l’arrivée des Epiphanians ? Quel va être le rôle de Vespero, un Epiphanian sur lequel des scientifiques faisaient leurs expériences les plus poussées ?

"Epiphania" de Ludovic Debeurme.
© Casterman 2018

Intime et universel

Mêlant l’intime et l’universel, dans ses développements sur sa propre angoisse existentielle, sur ses convictions écologiques et même sur l’expérience de la paternité, Debeurme nous livre là un récit qui touche par sa portée philosophique. L’étrangeté du dessin permet de garder un peu de distance par rapport à cette fable qui nous rappelle la terrible réalité de notre planète gouvernée dans le chaos au profit de capitalistes aveugles dans le déni de la réalité, comme Trump vis-à-vis du réchauffement climatique.

Ludocvic Debeurme dans son atelier.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Debeurme ne fait jamais que brasser des mythes qui nous occupent depuis l’antiquité, mais le regard neuf qu’il nous offre par la lucarne de ses images leur redonne une nouvelle pertinence et surtout, au-delà de toute perception intelligente, de l’émotion et du cœur, vecteurs nécessaires pour la transmission de ces valeurs fondamentales.

"Epiphania" de Ludovic Debeurme. Editions Casterman

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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