Newsletter ActuaBD

L’itinéraire de Jung bientôt au cinéma

  • L’histoire de Jung et de son retour dans sa Corée natale sur les traces de ses origines : découvrez le {trailer} et le {making of} d'un docu-fiction en cours de développement qui mêle animation et prises de vue réelles.

Comme nous vous l’annoncions, vendredi 30 janvier était présenté à Angoulême un projet qui pourrait bien faire événement en 2010, tant l’avant-goût offert par les 2 minutes de film dévoilées est riche de promesses. Jung, l’auteur de Couleur de peau : miel, entouré de son éditrice Corinne Bertrand (Quadrants), du réalisateur Laurent Boileau et du producteur Thomas Schmitt (Mosaïque Films, à qui l’on doit notamment le documentaire de Sandrine Bonnaire sur sa sœur Sabine), expliquait comment sa bande dessinée, déjà couronnée par plusieurs prix et un grand succès critique et public, devrait trouver prochainement un prolongement au cinéma.

Il y a un peu plus d’un an, notre collaborateur Laurent Boileau, déjà réalisateur de plusieurs documentaires sur la bande dessinée, a un coup de cœur pour Couleur de peau : miel. « J’ai été dans mon enfance concerné par la problématique de l’adoption, mes parents ayant adopté des cousins devenus orphelins », explique-t-il. « L’œuvre de Jung a réveillé en moi des choses personnelles, j’ai été touché par son regard décalé, son ton un peu ironique… Et puis, à la fin du 2ème tome, il annonce qu’il va retourner pour la première fois, à 40 ans, en Corée ! Mon métier étant de faire des films, je me suis dit qu’il y avait là une belle histoire. »

L'itinéraire de Jung bientôt au cinéma
Laurent Boileau, Jung et Corinne Bertrand
Photo A. Claes (L’Agence BD)

Les deux hommes se voient, et Laurent Boileau présente son projet à Jung, en précisant qu’il ne cherche pas à lui voler son histoire : « Il s’agit d’un sujet très intime, je ne veux en aucun cas être voyeur », explique-t-il. Au fil des rencontres, une relation de confiance s’instaure, et Jung, d’abord réticent à l’idée d’être filmé lors de son voyage, entre dans le projet en en fixant les limites : « Oui tu m’accompagnes, mais il est hors de question que je joue devant la caméra. Il faudra que tu te fasses oublier… »

Corinne Bertrand, éditrice des albums de Jung, retrouve dans la démarche de Laurent Boileau un peu de la sienne propre : « Il a la même approche, qui consiste à se demander comment accompagner un auteur qui va se livrer ». Laurent Boileau avoue de son côté qu’il craignait devoir se confronter à un auteur trop attaché à son œuvre ; or, si Jung tient effectivement à voir son travail respecté, c’est bien à une réécriture à deux qu’ils se livrent, dans un dialogue constant. Jung assume d’ailleurs, aux côtés de Laurent Boileau, réalisateur, la direction artistique du film.

Laurent Boileau et Jung
Photo N. Anspach

Approved for adoption (titre provisoire) ne sera pas l’adaptation de Couleur de peau : miel, mais son prolongement, et aura une forme hybride, à la croisée entre documentaire et fiction. Pour l’évocation de l’enfance de Jung, Laurent Boileau estimait en effet « artistiquement pas intéressant » de filmer l’auteur racontant ses souvenirs. A contrario, développer le film entièrement en animation aurait retiré à l’histoire une partie de sa force. Il alternera donc séquences animées (pour les flash-backs et les passages oniriques) et séquences en prise de vue réelle, en s’articulant autour du voyage de Jung en Corée, prévu pour l’été 2009.

Mosaïque Films a fait le choix économique d’utiliser, pour la création des personnages des séquences d’animation, la technologie 3D ; Jung et Laurent Boileau tenaient de leur côté à respecter le graphisme de l’œuvre originale. Lors du compositing ont ainsi été intégrés les personnages 3D aux décors dessinés par Jung, avec un détourage minimal et un rendu final 2D qui satisfont pleinement les coauteurs du film.

Au-delà du cas particulier de Jung sera évoquée en arrière-plan la question de l’adoption coréenne, premier mouvement d’adoption internationale de grande ampleur : « En France, au début des années 1970, 4 enfants sur 5 adoptés à l’international étaient coréens », rappelle Laurent Boileau. Jung, qui rapporte avec humour que, rien que dans son lycée, ils étaient une dizaine de Coréens adoptés (« c’était comme une mode, certains avaient leur Jaguar et leur petit Coréen ! »), estime toutefois qu’il ne s’agit pas de stigmatiser ou de dénoncer un phénomène dont la Corée a aujourd’hui pris conscience qu’il pouvait, par son ampleur, nuire à son image.

Mosaïque Films, soutenu sur la production du teaser par France 3, a déposé un dossier de financement au CNC et a également pris contact avec des producteurs coréens afin de mettre une place une coproduction internationale. Le film devrait sortir dans les salles de cinéma au printemps 2010, au moment où l’on commémorera le 60ème anniversaire du début de la guerre de Corée.

(par Arnaud Claes (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Visiter le blog du film et la page facebook pour plus de détails.

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • L’itinéraire de Jung bientôt au cinéma
    10 février 2009 11:01, par peter

    je ne suis pas fan de la BD à cause notamment du dessin, mais je trouve la transposition en animation 3D excellente, améliorant le graphisme de Jung. Ce qui est intéressant dans le cinéma français actuel, c’est le transfert de plus en plus important des talents de la BD dans ce média, aprés Bilal et Lauzier et surtout depuis le succès de Persépolis, on a donc Sartrapi et Paronnaud qui remettent ça pour Poulet aux prunes, Sattouf qui réalise en live ses Années collège, de même pour Rabaté, Sfar qui nous propose son biopic sur Gainsbourg, Zep qui adapte lui-même Titeuf, sans parler de nombreuses adaptations... etc ... ça permettra enfin au cinéma français de sortir des ornières de la comédie franchouillarde, du film d’auteur d’autiste et de ses nombreuses histoires de familles bourgeoises (genre le Code a changé). Ce n’est qu’un début.

    Répondre à ce message

Newsletter ActuaBD