La BD est-elle tombée du train ?

10 juin 2005 1 commentaire
  • Annoncé à grands renforts de publicité, le train de la BD vient de terminer son tour de France. Opération de marketing remise en cause par certains éditeurs, le convoi, tout médiatisé qu'il soit, n'aura guère révolutionné l'approche du genre pour le visiteur lambda.

La mainfestation avait été contestée par certains éditeurs [1] Dès le premier wagon vous vous retrouvez face à une sorte de monsieur loyal (tout droit sorti d’un stage "BTS option communication et marketing de bacs à sable) avec moult cris et bravos, des yeah ! (Ben oui, la BD c’est djeûne !).

On vous assène alors de gentils quizz de niveau maternelle et quelques jeux clichés dans une mauvaise parodie de Questions pour un Phylactère ! ("C’est quoi le nom du Bidochon sur l’affiche ????"). Rassurez-vous, il n’y a rien à gagner.

Le second wagon nous transporte (mollement) vers le monde merveilleux de personnages totalement inconnus et à découvrir de toute urgence : Thorgal, Titeuf, Tardi (Ah bon, c’est un héros ?). Tout cela présenté pêle-mêle, sans inventivité, ni goût...

On recherche vainement une expo, une mise en scène mettant en valeur le travail des auteurs, mais finalement les auteurs sont-ils présents dans cette aventure ?

Même Tintin est appelé à la rescousse puisqu’on y a affiché (fort mal d’ailleurs ! ) quelques extraits du livre réalisé en son temps par Philippe Goddin autour de Vol 714 pour Sydney [2] ! (rien que du neuf qu’on vous dit !). Tout cela n’est ni commenté, ni contextualisé... On passe, on passe... Ben quoi, vous avez un train à prendre ou quoi ?

Enfin, notre Gentil Accompagnateur (tee-shirt clair et coupe propre) sollicite les gentils visiteurs (ben oui, dans la BD, tout le monde est gentil et gai, n’est-ce pas ?) en vous demandant de poser devant les personnages sur l’affiche. Séquence souvenir, vous repartez avec sous le bras un polaroïd de vous et votre héros préféré et... un somptueux carnet de Post-It (marque déposée) agrémenté d’un Blueberry qui n’en demandait sûrement pas tant, Blood and guts !

Bref, on a davantage l’impression de pénétrer dans un jeu télévisé ou une animation de super-marché que de vraiment découvrir la BD, mais en fait, était-ce le but de l’opération ?

Dommage, au train où évolue le monde de la BD, nos petits Mickey méritaient mieux, les lecteurs et les amateurs aussi !

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1Voir les échos parus sur ActuaBD.com.

[2Comment naît une bande dessinée, Philippe Goddin, Casterman 1991.

 
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