Le Barbare - Thorgal, n°27 - Rosinski et Van Hamme - Le Lombard

15 janvier 2003 0
  • "C'est fini, mon aimée, nous rentrons chez nous", avait promis Thorgal à sa compagne dans la dernière case du "Royaume sous le sable", sa précédente aventure. C'était oublier qu'il avait été créé par un scénariste machiavélique capable de le replonger immédiatement dans un nouveau pétrin. Le voici donc, à l'orée de la suivante, prisonnier, lui et sa famille, d'un vendeur d'esclaves. Pas pour longtemps: ils vont être cédés à un Romain pour jouer dans un jeu aussi machiavélique que le scénariste cité plus haut.

Panoramique sur la Méditerranée. Une felouque vogue vers les côtes. Là-bas, sur le port, deux hommes se livrent à un marchandage : « Alors, Maître Jaffar, que nous amènes-tu, cette fois-ci ? ». « La meilleure qualité comme d’habitude, seigneur intendant ». La lumière est crue, presque irréelle.

Changement d’atmosphère. Dans la pénombre, l’on distingue des figures émaciées... Des hommes, enchaînés, tels des animaux... Sur leur visage, l’on discerne l’angoisse, parfois, l’hébétude, surtout. « Tiens, qu’est-ce c’est que ça ! ? », s’interroge le dignitaire. « Ça », ce sont Thorgal et Tiago, des « barbares » !

En une planche, tout est dit. Le décor est planté, les trois coups sont frappés. L’on apprend ainsi qu’après avoir survécu au désert, ces rescapés du Royaume sous le sable - voir l’album précédent-, Thorgal, sa famille et ses nouveaux amis, mourants de soif et d’épuisement, ont été recueillis par un caravanier qui s’est empressé de les vendre à un marchand d’esclaves... Il n’y a pas de petits profits ! Thorgal et Tiago vivent dès lors séparés d’Aaricia, Jolan, Louve et Ileniya.

Thorgal et Tiago vont être conviés, bien malgré eux, à une surprenante battue. Chaque trimestre, le gouverneur de cette province « romano-byzantine » invite en effet les jeunes nobles de sa cour qui ont atteint l’âge de dix-huit ans, à passer leurs examens d’officier... L’une des épreuves consistant à poursuivre et à abattre de prétendus fugitifs, ce, afin d’évaluer leur habileté à l’arc, mais aussi leur capacité à tuer sur ordre.

« Ton monde est un triste monde, Thorgal. Je préférais le mien. »... Pour une fois, Tiago, ce jeune garçon issu des étoiles, n’a pas vraiment tort. Reste que Thorgal n’est pas un gibier ordinaire ! Héraclius, le fils du gouverneur, qui participe à ce jeu de dupes, va très vite s’en rendre compte. Après s’être emparé d’un arc, notre héros ne craint plus personne ! L’exercice est arrêté et, comme la loi le stipule, les survivants sont affranchis. Thorgal se met alors au service du potentat en échange de la promesse de revoir enfin sa femme et ses enfants.

Durant ce temps, Héraclius humilie Ileniya, son « cadeau d’anniversaire », et rumine sa vengeance. Alors qu’il doit une fois de plus démontrer son habileté à l’arc, Thorgal découvre ainsi avec stupeur que sa cible n’est autre que Tiago... À charge pour lui, par l’extrême précision de ses tirs, de trancher les liens qui entravent l’adolescent. Pari réussi. Aaricia, Jolan, Louve retrouvent une semi-liberté en échange d’une participation de Thorgal à un tournoi organisé par l’empereur des dix provinces, dans l’île de Syrenia... son co-équipier n’étant autre qu’Héraclius, plus vaniteux et cruel que jamais. Gare à l’affrontement !

(par Patrick Albray)

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Un scénario bien ficelé, qui confirme - mais est-ce encore nécessaire ? - le talent de Van Hamme pour imaginer un récit solide, rebondissant sans arrêt, peuplé de personnalités fortes. Quant au dessin de Rosinski, virtuose, il est brillamment soutenu par les très belles couleurs de Graza. Et comme il ne faut pas changer les recettes qui marchent, cette aventure se terminera au numéro suivant... dont on connaît déjà le titre, riche de promesses pour tous les amateurs de cette formidable série : "Kriss de Valnor".

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