Le Casse : La dernière trouvaille de David Chauvel

13 juin 2010 0 commentaire
  • Relativement déçu par la série {Sept}, dirigée par le même David Chauvel, nous avons préféré cette fois attendre un peu avant de parler de son nouveau cycle : {Le Casse}. Trois albums plus tard, sur les six prévus pour le moment, notre enthousiasme est de retour pour son travail de directeur de collection.

Entre 2007 et 2009, Delcourt innovait en lançant Sept, une collection de sept tomes centrée sur ce chiffre symbolique. Dirigée par David Chauvel, la nouveauté touchait à la réunion au sein de ce projet d’un scénariste et d’un dessinateur différent pour chaque album. Pourtant, malgré un nombre impressionnant d’artistes talentueux et reconnus (Fabien Vehlmann, Jean-David Morvan, Sean Phillips, Jérôme Lereculey…), Sept a connu le pire comme le meilleur. Mais le plus agaçant était que cette collection ne tenait pas sa promesse : le lien entre le scénario et le fameux chiffre à la source de son titre était le plus souvent totalement artificiel . Le Casse : La dernière trouvaille de David Chauvel

Une erreur que David Chauvel a su éviter avec Le Casse dont les six albums n’ont cette fois aucun lien symbolique avec un quelconque chiffre, mais avec la thématique à l’origine de cette nouvelle collection. En cas de succès, d’ailleurs, contrairement à Sept, rien n’empêchera l’auteur de se lancer dans une deuxième saison, même s’il reste prudent et préfère répondre pour le moment par la négative. Le principe reste cependant le même : réunir un panel de dessinateurs et de scénaristes différents à chaque album.

Des scénarios originaux

Aidé par un thème aussi large que le hold-up, les scénaristes ont jusqu’à présent su faire preuve d’une originalité exemplaire. Entre Diamond (premier tome), Le troisième Jour (deuxième paru) et Soul Man (le petit dernier), on voyage avec plaisir dans le temps comme dans l’espace.

Couverture DiamondDiamond nous entraîne dans les espaces gelés d’une Sibérie contemporaine. Mais au cœur de l’un des lieux les plus inhospitaliers de notre planète se cachent des ressources (charbon, bois, diamants) suffisantes pour y maintenir des forces de travail et y attirer une équipe de gangsters prêts à s’accaparer ces richesses. En l’occurrence, il s’agit ici d’une énorme quantité de diamants. Scénarisé par l’inévitable Christophe Bec et très bien dessiné par Dylan Teague, ce premier one-shot est une vraie réussite

Le Troisième Jour transgresse certains interdits religieux en remettant en cause la résurrection du Christ. Avec une Madeleine dominatrice, amoureuse de Jésus et surtout très manipulatrice, Henri Meunier touche aussi à l’image de la femme, bien loin de la vision classique de celle soumise propre à l’Antiquité. Irrévérencieux à souhait, il faut avouer que son scénario est vraiment amusant et bien écrit. Au dessin, c’est le talentueux Richard Guérineau qui s’est attaqué à cet album, avant de reprendre la suite du Chant des Stryges. Couverture Le Troisième Jour

Enfin, Soul Man semble jouer sur la popularité de la récente série américaine Prison Break. Au cœur de la terrifiante prison d’Attica se cache de vrais monstres. Et là où s’est volatilisée la notion même d’humanité, débarque le jeune Félix. Son arrivée et son placement avec l’imposant Soul Man ne sont pas l’effet du hasard.

Couverture Soul ManLe vieux détenu semble être le seul à savoir ce qu’il est advenu des dizaines de millions de dollars volés à la Mafia quelques trente ans plus tôt. David Chauvel, qui prend ici la double casquette de directeur de collection et de scénariste, s’attaque avec justesse à l’univers carcéral américain. Il est d’ailleurs bien aidé par le trait de crayon précis et méticuleux de Denys. Pour la troisième fois, on découvre une histoire bien construite, originale et agréable à lire comme à regarder.

À venir

La suite va s’étaler sur les derniers mois de cette année et nous fera voyager entre la capitale londonienne dans les années 1970 avec La grande escroquerie (de Duval, Quet & Basset), l’Amérique du début du 19ème siècle avec Gold Rush (de Blengino, Garchione & Pieri) et enfin, l’Allemagne d’avant la Seconde Guerre mondiale avec L’Héritage du Kaiser (de Hanna & Hairsine).

Vu la qualité de la première salve, gageons que cette fois ces prochains tomes seront à la hauteur de nos attentes.

(par Olivier Wurlod)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?