Le Rail - Renard et Schuiten - Humanoïdes Associés

31 mai 2003 0
  • Au début des années 80, François Schuiten est encore totalement inconnu du grand public. Il a déjà quelques livres derrière lui, aux qualités reconnues par un public d'esthètes prêts à sortir des sentiers battus de la bande dessinée classique. Une voie que son professeur Claude Renard le pousse à suivre. C'est avec lui qu'il signe "Le Rail", en 1982. Vingt ans plus tard, il reste novateur.

La Ville a développé une politique centralisatrice qui l’a rendue maîtresse de toutes sources d’énergies. Hommes et machines dépendent de ce noyau central, qui fournit l’énergie nécessaire aux multiples points de liaisons. William Davis appartient à l’un des puissants syndicats qui servent de courroie de transmission entre les salariés et un pouvoir corrompu. 

Revenant d’une mission de négociation menée avec succès, le bolide télécommandé qui ramène Davis vers la Ville tombe en panne en pleine zone désertique. Il va être recueilli par une communauté inconnue qui vit au milieu de décombres d’appareils endommagés. Il comprend que ce qui apparaissait comme un simple accident est en fait le sort réservé par la Ville à ceux qui se montrent trop avides de pouvoir. 

Dans un monde délabré où le pouvoir est détenu par ceux qui possèdent les ressources énergétiques, Schuiten et Renard se muent en guides attentionnés. Des guides qui laissent à l’imagination du lecteur le soin de trouver les pièces manquantes d’un inquiétant puzzle. 

(par Patrick Albray)

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Un brillant exercice formel sur la narration en bande dessinée. Schuiten et Renard - qui, à l’époque, travaillaient totalement en symbiose, se passant les planches, l’un pouvant effacer le travail de l’autre ou le poursuivre - multiplient les points de vue, amènent progressivement d’autres plans temporels dans l’image par un effet de zoom, s’amusent à intégrer au récit un "flip book" montrant l’éloignement progressif d’un mystérieux bâtiment, passent soudain au crayonné en noir et blanc avant d’y insérer à nouveau de la couleur. Autant dire qu’on arrive à la dernière case avec plein de points d’interrogation dans la tête... et qu’on retourne immédiatement à la première pour tout relire en remettant en place les divers éléments qu’on a pu comprendre.

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