Les losers sont des perdants - Guerse et Pichelin - Fluide Glacial

5 décembre 2002 0
  • C'est une bande de joyeux potes plein d'humour et d'ambition dans la vie, sportifs, et tout et tout... Bon, d'accord, leur sport favori est la musculation du coude au bar "Jour de fête". Et leur ambition est de continuer à vivre aux crochets du bureau de chômage jusqu'au moins l'âge de la pension. Quant à leur humour, il est du niveau des blagues de comptoir, situé à peu près un peu plus bas que la ceinture. Mais, c'est bien une bande de joyeux potes. Sauf quand ils se remettent d'une gueule de bois, état dans lequel ils se trouvent tous les jours jusqu'à l'apéro.

Comme en témoigne Philippe, du bar "jour de fête", patron de bistrot, c’est pas une vie facile. Il y a les horaires épuisants, lever à six heures, ouverture à sept, le ménage, les repas pour midi, la vaisselle, puis, l’après-midi, la compta, l’administration, jusqu’à l’apéro et toute la soirée jusqu’à deux heures du mat’, tout ça six jours sur sept. Et puis, il y a les poivrots. Et, malheureusement, la bande à Jipé, qui font indubitablement partie de cette catégorie sociale très caractéristique que sont les ivrognes, a choisi son bar pour venir dépenser, chaque soir jusqu’après l’heure de fermeture, les allocations de chômage qui leur sont versées le temps qu’ils trouvent du travail.

Mais leur seule préoccupation dans la vie, à part vider les réserves de petit blanc de Philippe, est de se farcir les filles aux gros nichons qui ont le malheur de croiser leur chemin. Et ça n’aide pas vraiment à trouver du travail, ça. Alors, ils glandent, picolent, se racontent des blagues salaces qu’ils sont seuls à trouver drôles, et accumulent les gaffes dès que la quantité d’alcool ingérée leur fait perdre le peu de lucidité qu’il leur reste. Gaffes qui les amènent tout droit à l’hôpital ou au poste de police, lorsqu’elles sont commises, selon le cas, devant une équipe de rugby au grand complet, ou devant les policiers chargés de faire respecter l’heure de fermeture.

(par Patrick Albray)

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Un quatuor grotesque mais attachant de glandeurs plus vrais que nature, entre le bureau de l’ANPE et le bistrot, enfermés dans leur machisme et leur fainéantise, leur superficialité et leur médiocrité. Les auteurs s’en sortent joyeusement, sans tomber dans les déprimantes brèves de comptoir, en nous racontant les frasques de personnages, caricaturaux peut-être, mais qui peut jurer ne pas en avoir un jour rencontré au moins un spécimen ? Un petit détail : le correcteur de Fluide aurait-il lui aussi sombré dans l’alcool ? On apprécie ce livre, mais on l’apprécierait encore mieux sans fautes d’orthographe.

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