Les tramways de Sarajevo - de Jacques Ferrandez - Casterman

17 août 2005 0 commentaire
  • Jacques Ferrandez livre en images commentées ses impressions sur Sarajevo, visitée en septembre 2004. Une balade qui mêle réflexions légères et profondes, rencontres et bien évidemment de nombreux croquis. Un album en marge de la BD, plutôt un récit de voyage illustré.

Habitué des voyages en terre blessée par le biais de sa série Les Carnets d’Orient, Ferrandez livre ici ses impressions sur Sarajevo, ville-martyre du conflit de l’ex-Yougoslavie.

Il s’est rendu en Bosnie en septembre 2004, à l’invitation du Centre culturel français, dans le cadre d’un salon littéraire. Son périple lui fit parcourir toute la Bosnie, aujourd’hui essentiellement peuplée de Musulmans. Dans ce volume de 80 pages, Ferrandez fait alterner textes et dessins (parfois des photos retravaillées) avec des croquis instantanés et même des timbres locaux.
Le titre de son album vient de l’admiration qu’il éprouve pour les conducteurs de tramway, livrés aux tirs des snipers pendant la guerre.

L’auteur a organisé son album en chapitres consacrés à des villes successives, avec des digressions historiques et des éléments plus personnels (impressions, portraits...). Ainsi Ferrandez a-t-il animé un atelier de dessin pour des écoliers de plusieurs religions réunis dans la même classe. Cet épisode est le seul raconté - en partie - en BD.

Rencontre émouvante également : ce Français qui a tout largué pour s’installer en Bosnie et recommencer à zéro, quittant le confort d’une situation stable dans l’hexagone.

L’album, qui se lit en fait dans le sens de la longueur sous forme de cahier collé dans une couverture "classique", ne manque pas de richesse et fourmille de précisions. Pour autant, le texte manque souvent de vigueur, ce qui ne facilite pas la lecture.
Par ailleurs on n’attendait pas forcément des rappels historiques un peu indigestes, et on peut penser que le travail d’un Joe Sacco (cité d’ailleurs dans la bibliographie) est plus frappant.

Les tramways de Sarajevo - de Jacques Ferrandez - Casterman

(par David TAUGIS)

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