Lewis Trondheim : J’ai toujours apprécié l’idée d’une bande dessinée tout public d’auteur

18 août 2005 0 commentaire
  • Après Fred Blanchard et Olivier Vatine (pour Série B) et Etienne Davodeau, Lewis Trondheim rejoint le cercle des auteurs "directeurs de collection" chez Delcourt. L'éditeur parisien lui fait une totale confiance pour diriger "[Shampooing->http://www.actuabd.com/breve.php3?id_breve=1155]", une collection qui se veut moderne et tout public.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de partir dans cette nouvelle aventure ?

J’ai toujours apprécié l’idée d’une bande dessinée tout public d’auteur, avec une certaine exigence et une idée d’évoluer vers une modernité pour ne pas retomber dans les schémas de nos aînés...

Une génération de lecteurs a suivi depuis 15 ans l’Association et cette génération a désormais des enfants. Quoi de plus naturel que d’essayer d’imaginer des livres agréables pour les 2 générations. Du tout public moderne.

Pourquoi avoir proposé "shampooing" chez Delcourt et pas ailleurs ?

Il n’a peut-être pas la meilleure image, mais Guy Delcourt aime vraiment la bande dessinée, toute la bande dessinée. Et des fois, il aime même la bonne bande dessinée, celle qui est audacieuse, qui surprend, qui innove, qui fait réfléchir.
De plus, il est le patron de sa boîte, il n’y a pas d’actionnaires, il peut donc plus facilement laisser parler ses coups de coeur et construire sur le long terme sans notion de profit immédiat.

Le fait que le directeur de collection soit un auteur et non pas intégré à l’éditeur, qu’est-ce que cela apporte de plus ?

Je ne suis pas salarié, donc pas à la botte de l’éditeur. On a un échange d’égal à égal. Et si je crois vraiment en des projets, je peux les porter et les défendre avec ma seule objectivité esthétique, pas en craignant pour ma situation.

Vous avez "carte blanche" de Guy Delcourt ?

Je peux placer des projets qu’il n’aime pas. Tant que j’arrive à justifier pourquoi ils sont importants pour moi.

Quels sont vos rôles respectifs ?

Il a l’argent, moi, je le dépense.

Quelle est votre ambition pour cette collection ?

Durer en m’amusant.

Pour l’instant quatre auteurs (dont vous) sont annoncés dans cette collection. Le cercle va-t-il s’agrandir ?

Cela va s’ouvrir, oui. Le cercle des auteurs ira au-delà de la famille habituelle. Et les formats changeront parfois, pour être au plus proche de l’idéal pour chaque projet.
Les premiers titres sont d’excellente qualité mais un peu trop jeunesse encore. J’espère rapidement avoir plus de livres dont le personnages principal n’est pas un enfant.

(par Laurent Boileau)

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Photo en médaillon © D. Pasamonik.

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