Mauvaise passe pour le Prix Marten Toonder, la plus haute distinction de la BD hollandaise

29 juillet 2013 5 commentaires
  • Chaque année depuis trois ans, le 23 juillet, les Hollandais décernent le Prix Marten Toonder de la bande dessinée, la plus haute distinction de la BD néerlandaise, dotée d'un prix de 25 000 €. Enfin, plus depuis de cette année...

C’était un des prix les mieux dotés d’Europe. Il portait le nom de Marten Toonder, le grand dessinateur animalier hollandais, auteur de Tom Poes et de Panda. Il avait été remis trois fois : à Jan Kruis, l’auteur de la la fine série familiale Jan, Jans en de kinderen (2010) ; à Peter Pontiac, l’une des figures de l’Underground hollandais, pilier de Tante Leeny Presenteert (2011) et enfin à Joost Swarte (2012), le pape de la Ligne Claire hollandaise. Ce prix était censé couronner l’œuvre de l’artiste et son apport particulier au médium.

Or, on l’apprend par nos amis de la revue néerlandaise Stripschrift, le ministère de l’éducation, des sciences et de la culture a décidé de faire des coupes claires dans ses budgets et c’est malheureusement le Prix Marten Toonder qui en est la première victime.

Mauvaise passe pour le Prix Marten Toonder, la plus haute distinction de la BD hollandaise
Tom Poes et ses amis ne décolèrent pas.
© Marteen Toonder Foundation.
La ministre néerlandaise de la culture Jet Bussemaker. Elle a décidé de supprimer le Prix Marten Toonder.
Photo DR

Il avait été créé il y a quatre ans grâce au travail de promotion actif d’un groupe d’amateurs de BD dont les dessinateurs Jean- Marc van Tol (Fokke & Sukke) et Hanco Kolk (Meccano), lesquels avaient réussi à convaincre le très bédéphile ministre de la culture néerlandais Ronald Plasterk de créer une récompense nationale, la première et la seule attribuée à des auteurs de BD en Hollande.

Le Prix Marten Toonder était financé par le Fonds BKVB (Fonds néerlandais pour les arts visuels, le design et l’architecture), piloté depuis le 1er janvier 2012 par le Fonds Mondriaan qui se contenta d’attribuer les budgets précédemment alloués, sans en assurer la pérennité et sans prévenir personne, laissant le Prix Toonder s’éteindre de sa belle mort.

Willem Feltkamp, le patron de la société d’exploitation des droits de Marten Toonder n’en avait même pas été avisé. Il est évidemment furieux de cette situation et appelle le monde de la bande dessinée néerlandaise (et au delà...) à protester contre cette situation qui montre, de la part de l’actuelle ministre en place, Madame Jet Bussemaker, sinon une ignorance de l’importance actuelle du 9e Art, pour le moins une attitude particulièrement grossière.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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5 Messages :
  • Bonjour,
    c’est bien regrettable, en effet.
    Quelques coquilles se sont glissés dans l’article (l’auteur les relèvera de lui-même) ainsi que deux fautes : on écrit "censé" et pas "sensé" et on parle de "coupes claires" plutôt que de "coupes sombres" dans ce cas.
    Amicalement,
    Sylvain

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  • Les temps sont durs, effectivement ! Mais ont pourrait supprimer plutôt les dépenses exagérées de certains ministres, et garder les prix qui encouragent à la productivité...

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  • Ce sont des économies de bouts de chandelle, espérons qu’en France la ministre de la culture soit plus avisée.

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    • Répondu le 30 juillet 2013 à  09:15 :

      Effectivement, elle est plus avisée ! Cette charmante personne vient en particulier de signer des décrets d’application d’une loi qui autorise la Bibliothèque Nationale Française à numériser des ouvrages prétendus indisponibles sans l’accord préalable de l’auteur ou de ses ayant droits ! En clair, elle autorise une institution publique à bafouer les lois et les conventions internationales en matière de droit d’Auteur !

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  • Prix Marten Toonder : en quoi était-ce une référence ?
    31 juillet 2013 22:39, par R. Van Oudegem

    D’un autre côté, proclamer que c’est une référence parce que ce prix était doté ... d’un prix de x milliers d’euro alors qu’en fait cela faisait 3 ans seulement que cette initiative avait été créée, c’est un peu gros ! Même doté de 50 ou 100.000 euro, ce n’est pas ça qui en fait une référence ! un peu comme le prix diagonale en Belgique qui est autoproclamé comme référence par leurs promoteurs alors qu’il s’agit d’un prix très récent et où la remise des prix, très orchestrée, n’avait en fait rien à voir avec la BD. Bref, il ne suffit pas d’y mettre du fric et du tralala ronflant pour justifier une quelconque légitimité bédé !

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