Métal Hurlant & (A Suivre), les révolutionnaires de la bande dessinée s’exposent à Landerneau

18 décembre 2013 9 commentaires
  • "1975-1997, la bande dessinée fait sa révolution... Métal Hurlant / (A Suivre)" tel est le titre plein de promesses d'une exposition monumentale qui vient de s'ouvrir aux Capucins à Landerneau dans les murs du Fonds Édouard et Hélène Leclerc. Sur les murs, 350 originaux à tomber par terre !

"Mais où donc est Landerneau ?" me demandai-je. Certes, j’avais entendu le nom depuis bien longtemps. Il y avait l’expression "le Landerneau" pour désigner un bled perdu dans le trou de c... du monde. C’est d’ailleurs le sens que je lui donnais lorsque Delporte, chassé de Spirou, tenta de transplanter l’esprit du Trombone illustré, précisément sous le titre "Pendant ce temps-là à Landerneau...", dans les pages d’ (À Suivre) [1] , réussissant à faire illustrer son éditorial par Moebius, Franquin, Mézières, Wasterlain, Toppi, Fred ou Cabanes, sous des titres loufoques du genre "Et pan ! Dans ce taon allant d’Erno" ou encore "Pendant ze temps in das grosse Landerneau", du pur Delporte !

Métal Hurlant & (A Suivre), les révolutionnaires de la bande dessinée s'exposent à Landerneau
Le magnifique catalogue de l’exposition
304 pages. Diffusion Makassar

Je savais aussi que la ville bretonne était le fief d’Édouard Leclerc, figure historique de la grande distribution et fondateur du mouvement Leclerc. Alors, quand son fils Michel-Édouard m’invita à visiter l’exposition " 1975-1997 - La bande dessinée fait sa révolution... Métal Hurlant / (A Suivre)", je pris la carte et je repérai Landerneau sur la pointe de la Bretagne, presqu’au bout, à hauteur de Brest. Pédago, Michel-Édouard nous expliqua que l’expression "faire du bruit dans le Landerneau" venait des furieux coups de canon tirés par la prison de Brest lorsqu’un prisonnier s’en évadait, histoire de prévenir les alentours. Aujourd’hui, c’est Landerneau qui fait du bruit qui s’entend jusqu’à Brest...

Un accrochage exceptionnel

Je compris mieux aussi le sens de "complètement à l’ouest", car il faut l’être un peu pour installer si loin "de tout" (entendez par là : de Paris ou de Bruxelles) un centre de médiation, le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture, dans un magnifique espace de 1200 m² dans un ancien couvent de Capucins, dédié pour un temps au 9e Art.

J’en étais à cet état de réflexion lorsque notre groupe de visiteurs très VIP (nous accompagnaient Enki Bilal, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet, Jose Muǹoz, Tanino Liberatore, Loustal, Nicolas de Crecy, Jean-Claude Denis, Benoît Peeters, entre autres...) arriva sur les lieux. Le rapprochement entre Métal Hurlant et (À Suivre) me paraissait légitime, mais tant qu’à parler de "révolution" pourquoi écarter Charlie Mensuel qui, dès 1969, publiait Crepax et Moebius, plus tard Buzzelli, Copi, Pichard, Quino, Trudeau, Breccia, Bertrand, Lefred-Thouron, Muńoz et Sampayo, parmi bien d’autres, ou encore L’Écho des Savanes de la sainte trinité Brétécher-Gotlib-Mandryka ? La vision de l’exposition dissipa ces doutes.

Patrick Jourdan, Directeur du Fonds Hélène et Edouard Leclerc, Jean-Baptiste Barbier, commissaire de l’exposition, Michel-Edouard Leclerc et Hélène Leclerc, présidents du Fonds.

C’était même un choc : aux cimaises, 350 œuvres majeures, les originaux des plus grands auteurs de la séquence 1975-1997, que le commissaire de l’exposition, le galeriste Jean-Baptiste Barbier, fait précéder de planches d’"avant", ces classiques encore actifs qui garderont le haut du pavé longtemps encore : Franquin, Charlier (avec Gir, sur Blueberry), Hubinon, Peyo, Forest, Mézières & Christin, qu’il complète avec des auteurs d’ "après" : David B, Killoffer, Blutch, Winshluss, Sfar... parmi d’autres qui furent impactés par ce groupe de précurseurs.

On essaie de n’oublier personne : Montellier le poing levé, la mystérieuse Kelek entourée de travaux contemporains de Nicollet, l’énigmatique Eberoni, ni Lob & Rochette dont le Transperceneige montre que l’influence d’(À Suivre) porte loin, Rosinski, Boucq, Loustal, Manara, Ferrandez, Baru... On y ajoute Will Eisner dont le roman graphique précurseur, Un Contrat avec Dieu, avait été publié par Les Humanoïdes Associés. On y va au chausse-pied pour y inclure Liberatore, qui vient de Frigidaire et de L’Écho des Savanes, ou André Juillard devenu célèbre grâce à Glénat...

Trait d’union

Étienne Robial est le trait d’union entre ces deux journaux. Le fondateur des éditions Futuroplis, premier diffuseur de L’Écho des Savanes, a réalisé aussi bien la maquette de Métal Hurlant que celle d’(A Suivre), conférant à chacun une identité graphique forte. "C’est un grand fan des graphistes futuristes et du Bauhaus" dit Dionnet dans le catalogue de l’exposition publié par le Fonds Michel & Hélène Leclerc. De fait, ce sont ces références-là qui sont en commun chez tous.

Est-ce lui le révolutionnaire derrière tout cela ? "Je suis un Trotscard de toute façon, nous dit Robial. Cette occasion de réunir les deux entités, je trouve cela bien parce qu’elles ne se sont jamais vraiment tapé sur la gueule. C’est un bel hommage que de leur rendre ce rôle de duettistes. Je retrouve l’esprit de l’époque. Tout cela vit en bonne intelligence, le pognon ne coule pas à flot, on a des choses à faire valoir, à partager. C’est le rendez-vous des canailles qui a pignon sur rue. Dans la librairie Futuroplis, rue du théâtre, se forment des comités de rédaction, où passent les idées en l’air, les fausses bonnes idées, c’est là que se créent les choses, les contestations. À Futuro, il y avait un panneau marqué "Not Made in Belgium", ce qui ne nous empêchait pas de diffuser les éditeurs belges, que certains, et les meilleurs ! Il fallait que l’on montre ce qui se passait à Paris parce que les Belges nous mettaient la nique bien profond. Il avait cet éternel débat sur ce qui était mature, adulte, du cul ou pas du cul,... Pour nous, la bande dessinée belge n’était pas enfantine, mais infantile. Je côtoyais aussi des collectionneurs qui avaient des problèmes avec leur propre infantilité. J’ai aussi participé aux premiers Écho des Savanes que l’on brochait avec une agrafeuse à pied, un par un, et qu’on allait vendre hors TVA dans les kiosques de Saint-Michel."

Etienne Robial a créé les identités graphiques des deux revues

La révolution portée par ces deux revues n’est pas que graphique : "Au même moment, le Rock est en train de tout révolutionner avec le Punk, explique Philippe Manœuvre. On a une soif de bande dessinée et d’images, d’une culture des étoiles que l’on découvrait dans les publications de Presse Pocket ! Il faut voir la situation : j’étais un gamin de 14 ans, j’ai vu arriver les comics Marvel pendant un mois aux éditions Lug puis ça avait été interdit. Silver Surfer, c’était dans tous les pays du monde, sauf chez nous ! C’était trop bien dessiné, trop violent, trop bizarre ! Je fais partie de cette génération à qui on avait coupé les ailes. Et quand ces types, au numéro deux de Métal, proposent de me rencontrer et qu’au numéro trois, ils me demandent de travailler pour eux, je n’en revenais pas de ma bonne fortune ! Druillet travaillait chez Rock ’n Folk. Il écoutait T Rex, puis il mettait les Stones. Moebius écoutait Janis Joplin. Je n’étais pas dépaysé ! J’avais deux statuts : d’un côté Moebius et Druillet, des auteurs arrivés, pour qui j’étais un mec sympa qui bossait pour eux ; et pour les jeunes : Margerin, Chaland, Serge Clerc..., j’étais le chef. Mais c’est Jean-Pierre Dionnet qui repérait les talents. Il avait un don incroyable pour faire sortir le papillon de la chrysalide, comme Margerin qui faisait une BD avec des sortes de Bidochon qu’il dessinait avec des croisillons insupportables et qui, à la faveur d’un numéro Spécial Rock nous a fait Rocky."

Philippe Manoeuvre, Philippe Druillet et Michel-Edouard Leclerc

Jose Muńoz a vécu des révolutions bien antérieures, alors que l’Argentine s’enfonçait dans la dictature, il y en avait une qui avait accouché d’ Alberto Breccia et d’Hugo Pratt, un art du noir et blanc à nul autre pareil. Lorsqu’il vient à Milan, il en rencontre une autre avec Linus et Alter Linus (plus tard, Alter Alter puis Alter), où l’on découvre la puissance de Crepax et la fantaisie de Buzzelli : "Avec Sampayo, nous sommes entrés en France à travers la tribu wolinskienne de Hara Kiri, dans Charlie Mensuel, avec la famille des Éditions du Square, puis nous sommes passés, comme un cadeau à la famille Casterman. Tous les dix ans, nous avons trouvé de quoi stimuler notre envie de faire de la bande dessinée." Celui qui dirige les graphistes du noir et blanc chez (À Suivre), c’est Hugo Pratt : "C’est notre lien avec les grands classiques américains. Il était un suiveur de Milton Caniff : "À lui je dois tout ce que j’ai fait et ce que je ferai" avait-il dit à Walter Fahrer en pleurant. C’était la prière envers le maître !"

Miles Hyman et Jose Muǹoz devant les planches monumentales de Paul Gillon
Tanino Liberatore

Là-bas aussi, plusieurs courants se concurrencent : "J’étais dans un fanzine qui s’appelait Cannibale (1977), puis à Frigidaire (1980), un magazine entre Métal Hurlant et Actuel, nous raconte Tanino Liberatore, le créateur de Ranx Xerox. Alter Alter était un peu comme Pilote ici, et puis il y avait Linus. L’arrivée de Métal Hurlant a été un choc ! Un peu moins (A Suivre) pour nous. Dans Métal, la SF était mise en avant. Il y avait des dessinateurs exceptionnels comme Moebius ou Druillet. Prenez conscience qu’ils n’étaient pas encore connus. Dans ce journal, il y avait les sujets, la façon de faire, les couleurs... : on n’avait jamais vu des bandes dessinées avec ces couleurs aussi exceptionnelles."

"Ce que je regarde là, nous dit Jean-Pierre Dionnet considérant l’expo, c’est monumental ! Il y a des tonnes de trucs extraordinaires. À l’exception d’Angoulême qui est une ville dédiée à la bande dessinée et de l’exposition Moebius à l’espace Cartier, c’est la première fois que je vois un lieu culturel qui vient d’exposer Mirò et qui s’apprête à accrocher Dubuffet, qui expose de la bande dessinée. Je me dis : non, ce n’est pas prétentieux, cela mérite sa place. Je pense que les gens vont être surpris : cela n’a pas pris une ride tout cela, cela n’a pas vieilli. C’est vivant là, maintenant, on a envie de lire l’histoire dans la foulée. C’est prétentieux de dire cela, mais je crois que nous sommes dans l’intemporel. On a fait quelque chose qui était compact, épais. On était bons, on était tous bons. Peut-être parce qu’il y avait Pilote à côté qui nous tirait la bourre, (À Suivre) de l’autre, Charlie, L’Écho... Autant de talents différents, autant de gens différents au même moment dans un seul pays, c’est du jamais vu ! Je vois de l’humour, de l’horreur, du grandiose, du féérique, de la rêverie, du fantastique, du pictural, je vois des noirs et blancs très forts,... Je vois toutes les sortes de graphisme possibles, autant à Métal qu’à (À Suivre), cela n’a rien de nostalgique. Je peux reprendre chaque dessin aujourd’hui. On a échappé au temps. On a eu de la chance que ce soit de notre vivant, car les choses se sont accélérées depuis."

Louis Gérard, ancien directeur commercial de Casterman et Jean-Pierre Dionnet, directeur de Métal Hurlant

Le parcours de l’exposition essaie d’ordonner ce chaos : on passe de la genèse de Métal Hurlant, avec Moebius et Druillet en figures de proue, au rock et à la SF. On est ébahi devant la puissance des planches monumentales dessinées sur Grand Aigle de Druillet, Paul Gillon et Jean-Claude Gal...

Puis l’on passe à (À Suivre). Dans une vitrine, les premières maquettes de Robial... Le focus est fait sur le récit, l’aspect littéraire (Casterman rêvait d’être "le Gallimard de la BD"), sur le noir et blanc. Se succèdent Pratt, Tardi, Comès, Schuiten, Muńoz, Manara, Forest, Auclair, Rochette... C’est magistral. Et puis François Bourgeon, Loustal, Boucq, F’Murrr, Juillard, Jean-Claude Denis...

Enki Bilal

Bémol

C’est une orgie graphique qui nous est proposée, faite de souvenirs et de (re-) découvertes. Avec ce bémol, cependant : "C’est une exposition superbe qui fera référence, qui est très importante, mais j’ai une critique quand même qui va bien au-delà de ma petite personne, tempête Benoît Peeters : tous les noms des scénaristes ont été éliminés des cartels commentant les planches. On est dans un moment important de la bande dessinée où la planche originale est très valorisée et là, on s’aperçoit, dans cette exposition qui parle des revues, que Mézières est présenté sans Christin, Muńoz sans Sampayo, Loustal sans Paringaux, Schuiten sans Peeters, etc. Il y a là vraiment un problème, ça fait symptôme. On n’y a simplement pas pensé ! « Ici-Même », l’un des chefs-d’œuvre des débuts d’ (À Suivre), est attribué à Tardi. Eh bien, non, il s’agit de Forest et Tardi. Il est important de signaler qu’une bande dessinée est un tout et que même si la planche originale est la production d’un dessinateur, elle reste porteuse du travail de plusieurs créateurs. Michel-Édouard Leclerc m’a promis que ce serait rectifié rapidement, nous reviendrons voir !"

Les auteurs présents lors de l’inauguration le 15 décembre 2013 : (de g. à dr.) :
Philippe Gauckler, Nicolas de Crécy (caché), Jose Muǹoz, Jean-Claude Denis, Enki Bilal, André Juillard (caché), Loustal, Alex Varenne, Philippe Druillet, Philippe Manœuvre Jean-Baptiste Barbier, Miles Hymans, Étienne Robial.
(Second rang) Benoit Peeters, Serge Clerc, Jean-Pierre Dionnet, Michel-Edouard Leclerc, Tanino Liberatore, Jean-Michel Nicollet et Frank Margerin.

Néanmoins, nous sommes dans un important moment de célébration du 9e Art : "Il se passe quelque chose, nous dit Druillet, un grand éditeur japonais et un grand éditeur américain viennent d’acheter toute la collection Druillet chez Glénat. Je vois un retour inouï sur les ventes, en ce moment. Je suis devenu un dinosaure, un classique. Je sens que je n’ai pas intérêt à faire le con côté santé dans les dix ans qui viennent car, en ce moment, tout ce que j’ai semé pendant quarante ans est en train d’éclore. Même si je suis peintre par ailleurs, pour moi, c’est la BD d’abord. Je me suis battu pour cela, je ne vais pas cracher dans la soupe. J’assiste en ce moment à un truc qui m’épate !" Résultat : il travaille d’arrache-pied sur sa version de La Divine Comédie de Dante !

Philippe Druillet devant l’une de ses monumentales compositions sur papier grand-aigle.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

"1975-1997, la bande dessinée fait sa révolution... Métal Hurlant / (A Suivre)"

- Du 15 décembre 2013 au 11 mai 2014 - Aux Capucins, 29800 Landerneau

Partenaire de l’Exposition, La Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image reprendra l’exposition (dans une version un peu allégée) à l’été 2014.

- Lire l’interview de Michel-Edouard Leclerc

Commander le CATALOGUE chez Amazon ou à la FNAC

Pour les libraires : diffusion Makassar.

[1Du N°9 au N°21, de septembre 1978 à septembre 1979.

 
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9 Messages :
  • Intéressant de lire cet article après l’article sur Raoul Cauvin publié ici il y a quelques jours et dans lequel vous dénonciez violemment une "génération" qui détestait la production d’un Cauvin parce qu’elle était populaire.

    Difficile de dire si vous visiez la génération Métal Hurlant et (A suivre) mais on voit bien, dans la parole de Dionnet (ou de Robial, ce n’est pas clair dans l’article) qu’il était nécessaire, pour eux, à un moment, de s’opposer à une certaine bande dessinée belge (dont Cauvin est sans doute l’héritier). Un mouvement de régénération aussi fort que celui-là devait passer par une phase d’opposition pour se mettre à exister.

    Cette exposition a l’air, quoi qu’il en soit, passionnante et les paroles que vous avez récoltées ici sont précieuses.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 décembre 2013 à  20:38 :

      Intéressant de lire cet article après l’article sur Raoul Cauvin publié ici il y a quelques jours et dans lequel vous dénonciez violemment une "génération" qui détestait la production d’un Cauvin parce qu’elle était populaire.

      Ah, mais le clivage n’est pas seulement franco-belge. Wolinski n’a pas de mots assez durs à l’égard de Trondheim, qui le lui rend bien.

      Difficile de dire si vous visiez la génération Métal Hurlant et (A suivre)

      Au contraire : la génération Métal était respectueuse des Belges, voyez Chaland.

      Idem pour (A Suivre) qui a donné naissance au Chat de Geluck (étonnamment oublié dans cette expo...)

      mais on voit bien, dans la parole de Dionnet (ou de Robial, ce n’est pas clair dans l’article)

      Vous avez lu distraitement, Robial est clairement référencé.

      Un mouvement de régénération aussi fort que celui-là devait passer par une phase d’opposition pour se mettre à exister.

      C’est bien compréhensible. Mais de là à le huer en public à Angoulême... Je comprends sa rancoeur.

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      • Répondu par RD le 18 décembre 2013 à  22:49 :

        Chaland rendait hommage aux maîtres, Franquin, Tilleux, Macherot, Pape, etc., et pas à la cohorte de leurs imitateurs... Robial dit de son côté qu’ils distribuaient en France "les meilleurs" des Belges mais que pour le reste, ils s’opposaient à une certaine bande dessinée "infantile" – c’est bien lui qui le dit.

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        • Répondu par J-Jacques le 18 décembre 2013 à  23:32 :

          Chaland rendait hommage aux maîtres, Franquin, Tilleux, Macherot, Pape, etc., et pas à la cohorte de leurs imitateurs...

          Chaland est lui-même un imitateur.

          À l’époque de Métal Hurlant & (A Suivre), le renouveau de la BD belge c’est Wasterlain, Hislaire, Geerts, Frank Pé, c’est du tout bon, et c’est un snobisme de ne pas le reconnaitre, même à l’époque.

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      • Répondu par Liz Taylor le 7 janvier 2014 à  12:50 :

        Qui a été hué ? Robial ?
        Je ne vois pas trop en quoi c’est intemporel, mais bon c’est juste mon avis. Je lisais Druillet à l’époque mais plus personne ne le connait autour de moi. A part ça je remarque que sur la photo, il n’y a que des hommes blancs... Alors que dans le punk et le rock il y avait des femmes.

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  • Légende photo : "Alex" Varenne et "Frank" (sans "c") Margerin. À part ça, il y avait aussi Marc Caro et François Avril (comme auteurs présents qui ne sont pas sur la photo).
    Merci pour l’article.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 décembre 2013 à  20:25 :

      C’est corrigé. Merci.

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  • Il y a une confusion dans votre article entre deux expressions populaires qui tirent leur origine de l’histoire et la géographie du Finistère. C’est le juron favori du Capitaine Haddock, "Tonnerre de Brest" qui fait référence au canon que l’on tirait lorsqu’un prisonnier s’échappait du bagne de Brest. "Faire du bruit dans Landerneau" provient, selon l’explication la plus communément admise, d’une pièce de théâtre du XVIIIème siècle dont l’action se déroule à landerneau et dans laquelle un événement important va faire du bruit en ville. Quoi qu’il en soit, cette exposition est du tonnerre et va faire du bruit, à Landerneau et au delà.

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  • C’est bien que Druillet retrouve de la lumière : le BD-reportage de Teulé sur lui était déprimant, et Delirius 2 tout autant. (Par contre, José Muñoz prend un accent sur le E et un tilde sur le N.)

    Quant à la suppression des scénaristes, on passe de l’extrême « le scénariste fait tout, le dessinateur exécute » à son contraire « le dessinateur fait tout, le scénariste écrit juste les vilains ballons qui gâchent le dessin ». C’est lamentable : il n’y a qu’à la Marvel que la BD se faisait ainsi, avec Stan Lee écrivant les dialogues après coup sur les planches inventées par Kirby ou Ditko.

    Il y avait l’expression "le Landerneau" pour désigner un bled perdu dans le trou de c... du monde.

    L’expression « le landerneau » (souvent sans majuscule) désigne le microcosme, le petit monde de quelque chose, le milieu, le cénacle (voir Larousse, Robert, etc.). Par exemple : le landerneau de l’édition, le landerneau des antiquaires, etc.

    Pédago, Michel-Édouard nous expliqua que l’expression "faire du bruit dans le Landerneau" venait des furieux coups de canon tirés par la prison de Brest lorsqu’un prisonnier s’en évadait, histoire de prévenir les alentours.

    L’expression « faire du bruit dans Landerneau » (avec majuscule mais sans article) veut dire faire jaser, mais aussi faire beaucoup de bruit pour rien. C’était une réplique fameuse popularisée par une vieille comédie jadis archi-célèbre (voir le classique dico étymo Du bruit dans Landerneau ; selon Littré, la réplique pourrait s’inspirer d’un proverbe régional). Par contre, l’histoire du canon est apocryphe ou postérieure à l’expression (il est bien possible que le personnel du bagne ait cité en rigolant cette boutade déjà classique de leur temps, mais ça n’en ferait pas l’origine).

    Évidemment, la première expression provient de la seconde, et on peut même les combiner : voilà qui va faire du bruit dans le landerneau des lexicographes. Cela dit, les deux sont à tendance péjorative.

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