Sept milliards de chasseurs-cueilleurs – Par Thomas Gosselin – Atrabile

17 décembre 2013 6 commentaires
  • Thomas Gosselin signe un conte philosophique vertigineux, où les protagonistes remettent sans cesse en cause les lois du récit. Etrange et déroutant.

Deux amérindiens se rencontrent dans une plaine colorée. Deux pages plus loin, ils rencontrent à nouveau, mais cette rencontre n’a rien de commun avec la première. Plus loin, encore, ils se retrouvent, des détails ont changé, leurs rôles aussi, c’est une nouvelle première rencontre. Plus loin, toujours, ils sont face à face, mais leurs visages sont comme des masques avec des attributs totémiques. Bientôt, le lecteur ne sait plus qui est qui, ni où se dirige le récit. C’est normal, ce monde a changé depuis qu’il a entamé la lecture de cette bande dessinée...

Sept milliards de chasseurs-cueilleurs – Par Thomas Gosselin – Atrabile
Un extrait de "Sept milliards de chasseurs-cueilleurs"
© Gosselin - Atrabile

Vertigineux est certainement le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on referme ce nouveau livre de Thomas Gosselin. Difficile de savoir si l’on a bien compris ce que l’auteur voulait exprimer dans ce labyrinthe, où la philosophie joue les miroirs déformants, où le statut de personnage de fiction est sans cesse remis en question, où chaque page n’est qu’une interrogation de la précédente. Livre habité, dans le sillon des « Philémon » de Fred et des expérimentations de Moebius, « Sept milliards de chasseurs-cueilleurs » est un album fou, avec une logique toute particulière. Si l’on accepte cette convention de l’absurde, l’expérience de lecture est fascinante. Si on la rejette, autant passer son chemin.

(par Morgan Di Salvia)

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6 Messages :
  • Vu comme ça on pourrait penser à Queneau avec Cent mille milliards de poèmes et Exercices de style, Calvino avec Si par un nuit d’hiver un voyageur, et en BD à Madden avec 99 Exercices de style, Andréas avec Le Triangle rouge, et cetera.

    Problème : cet album ajoute-t-il quelque chose, ou fait-il juste partie de la vague globale d’adaptation et de recyclage de tout ce qui a déjà été fait en romans ou ailleurs, et qui accompagne le déclin d’une génération illettrée ?

    À examiner de près en bibliothèque ou librairie d’abord...

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    • Répondu par Vincent S le 18 décembre 2013 à  18:59 :

      Tout est déjà dans la tragédie grecque, dans les mythes antiques et dans les contes. Ça ne sert donc plus à rien de faire quoi que soit : littérature, cinéma, BD, peinture, tout ça c’est redondant. À la poubelle. C’est bien ça que vous dites, non ?

      À examiner de près en bibliothèque ou librairie d’abord... > c’est d’un mépris pour le travail des auteurs assez incroyable... Cette façon de dire « méfiez-vous, si ça se trouve, c’est pas complètement NOUVEAU, alors renseignez-vous, ne l’achetez pas, ça serait (peut-être) une erreur »...

      qui accompagne le déclin d’une génération illettrée ? > encore un cliché de vieux réac. Thomas Gosselin est tout sauf illettré, il suffirait que vous soyez un peu curieux et ouvert d’esprit pour vous en rendre compte, mais c’est sans doute trop vous en demander. Ça fait au moins 2500 ans qu’on nous bassine avec le couplet « les jeunes sont illettrés ils connaissent plus rien » (dpeuis l’antiquité grecque, on trouve des textes), j’aimerais bien qu’on m’explique QUAND était cet Âge d’Or où les jeunes étaient cultivés.

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      • Répondu le 19 décembre 2013 à  16:49 :

        Houla, y’a quelqu’un qui aimerait beaucoup qu’on dépense tous sans regarder comme des zombies. Et qui voudrait nous faire croire que Pisa est une ville en Italie. C’est vrai que c’est plus facile pour vous à manipuler les zombies, ça vous arrange bien.

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      • Répondu le 19 décembre 2013 à  17:20 :

        Ben... Y a pas si longtemps, quand on orthographiait "depuis" ainsi et non "dpeuis" comme vous l’avez fait ;-). Un peu de relecture ne nuit pas.

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      • Répondu par Simon le 19 décembre 2013 à  19:14 :

        Vu que 99% des milliers d’albums annuels n’ont même pas droit à un regard, c’est déjà bien beau que celui-ci récolte un examen attentif.

        Prétendre qu’on insulte les auteurs en n’achetant pas les yeux fermés, non seulement c’est ridicule mais pour le coup c’est vraiment insulter les lecteurs : avec cette mentalité, ne vous étonnez plus du piratage.

        Enfin, personne n’a dit que l’auteur est inculte : vous mélangez tout ou vous faites semblant pour avoir quelque chose à dire.

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  • Ca fait penser à la Vallée des merveilles de Sfar.

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