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Mort du critique Robert Rouyet : La BD perd un de ses amis les plus fidèles.

  • C'est avec beaucoup d'émotion que les bédéphiles belges apprennent le décès de Robert Rouyet, le critique BD du quotidien belge {Le Soir}. Il a disparu dans la nuit de mercredi à jeudi 25 novembre 2004 à l'âge de 59 ans des suites d'une septicémie. Entré au {Soir} en septembre 1968, il y oeuvra pendant plus de trente ans. Il avait donné dans ce journal, l'un des plus diffusés et des plus respectés du pays, une place à la BD à laquelle aucun quotidien français n'a jamais pu prétendre.

Secrétaire de rédaction au service culture à partir de 1985, responsable du MAD, le supplément culturel hebdomadaire du journal, grâce à lui et à ses centaines de critiques, plusieurs générations de Belges amoureux de la bande dessinée ont pu la découvrir sous toutes ses formes. Il a été parmi les premiers à distinguer les albums de Glénat, des Humanoïdes Associés, de Fluide Glacial, puis plus tard de Delcourt ou de l’Association. Il n’était pas rare de lui voir consacrer une demi-page à un album. Il ne manquait jamais non plus, lors des anniversaires importants ou lors de décès de personnalités, de décorer tout le journal à l’effigie du héros du jour.

Il avait mis en place des partenariats avec des éditeurs, bien avant que ce soit à la mode, pour publier les BD dans le journal -son choix était souvent courageux et toujours éclectique- et il n’hésitait pas à donner une large place à une illustration d’un auteur de BD qui lui avait tapé dans l’œil, même s’il s’agissait d’une estampe à cent exemplaires. Avec sa disparition, la BD perd l’un de ses plus ardents propagandistes et l’un de ses plus fidèles amis.

Intègre jusqu’au bout des ongles, il refusait souvent de rencontrer les auteurs pour qu’ils n’influencent pas son point de vue. Sa culture bédéphilique était sans faille et son intérêt pour toutes les formes nouvelles de création n’a jamais été pris en défaut. Récemment, il était parti à la retraite et avait confié les clés de la rubrique BD à Daniel Couvreur qui tente de reprendre dignement le flambeau. Car on ne remplace pas un homme comme Robert Rouyet. Au mieux, on lui succède.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photo © Le Soir, Bruxelles.

 
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