Paul Dini présente Batman T1 - Par Paul Dini - Urban Comics

16 mars 2015 6 commentaires
  • Un bijou. Un véritable petit bijou que ce {run} de Paul Dini sur {Detective Comics}. Un {must have} pour tout amoureux de Batman et pour tout amateur de polar.

C’est peu dire que nous l’attendions : nous avions terminé notre entretien avec François Hercouët au printemps 2014 sur la possibilité de voir édité chez nous ce passage de Paul Dini sur Detective Comics et l’annonce avait été officiellement faite en août suivant. Voici donc ce run prévu en trois gros volumes de plus de 250 pages.

Paul Dini présente Batman T1 - Par Paul Dini - Urban Comics
Reconversion médiatique pour le Sphinx, au grand dam de Bruce Wayne
© DC Comics

Paul Dini, scénariste atypique, travailla à la fois pour le monde du comics et pour celui des séries animées. Dans les années 1990, sa collaboration avec Bruce Timm sur la série Batman est particulièrement remarquée. Parmi les trouvailles et inventions des deux auteurs évoquons la création d’un personnage appelé à devenir majeur dans le Batverse : Harley Quinn.

En 2006, après Infinite Crisis, DC lui confie le magazine Detective Comics, celui qui historiquement vit naître le Chevalier Noir. En parallèle, Grant Morrison entame lui son immense run sur le titre Batman, dont Urban Comics a achevé il y a peu l’édition, toujours dans la collection "DC Signatures" (Grant Morrison présente Batman, en huit tomes plus un numéro 0).

Si Grant Morrison oriente son titre vers l’extraordinaire et conduit fréquemment son héros hors de sa cité pour de vastes aventures, Paul Dini inscrit, lui, son héros dans la veine du polar et n’en fait qu’une figure-relais de la faune de Gotham City. Et c’est bien là tout l’attrait de son travail sur Batman, redevenu l’enquêteur qu’il fut avant de se changer en super-héros.

Zatanna, précieuse auxiliaire dans diverses enquêtes
© DC Comics

Ainsi, ce sont souvent de "petits" malfrats, magouilleurs et arnaqueurs, que nous croisons dans ces pages, jalonnées de femmes fatales typiques de la tradition du roman noir. Les héroïnes de Batman - Poison Ivy, Harley Quinn, Zatanna mais aussi une nouvelle invitée dans ce volume - se trouvent revisitées, injectant au sein de ces aventures un trouble sensuel nouveau. Le travail de Paul Dini autour du personnel féminin du Batverse se révèle d’un soin précieux et d’une incroyable richesse.

Poison Ivy : femme fatale en détresse !
© DC Comics

Renouant avec le format des années 1970 d’histoires en un - ou deux - épisode(s), Paul Dini propose des récits denses dans lesquels, c’est avant tout un milieu, celui de la pègre de Gotham, qui se donne à voir, entre décomposition et recomposition. Batman se contentant la plupart du temps de superviser la résolution de l’énigme qui sert de cadre à cette plongée dans les bas-fonds.

Par petites touches, on assiste à la reconversion du Sphinx en détective pour la haute société et du Pingouin en gérant d’un club huppé, aux renaissances inattendues de Scarface et d’Harley Quinn. Mais on découvre surtout comment de simples gens glissent inexorablement dans le crime et se changent en dangereuses crapules. Que les fans de monstres se rassurent : le Joker tient toujours son rôle et gagne plusieurs fois le droit de nous le prouver. Mais arrangé à la manière de Paul Dini...

Pour sa maîtrise narrative et pour son atmosphère envoûtante, ce premier volume de Paul Dini présente Batman offre un immense plaisir de lecture pour tout amateur, de Batman ou de comics hard boiled.

Les Belles Gens, première enquête signée Paul Dini, sorte de profession de foi de ce qu’il compte accomplir sur le titre
© DC Comics
Batman et le Sphinx font équipe pour explorer les dessous de Gotham City
© DC Comics

(par Aurélien Pigeat)

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Paul Dini présente Batman T1 : "La Mort en cette cité". Par Paul Dini (scénario), Don Kramer , J.H. Williams III et Joe Benitez (dessin). Traduction Mathieu Auverdin et Alex Nikolavitch. Urban Comics, collection DC Signatures. Sortie le 16 janvier 2015. 272 pages. 22,50 euros.

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6 Messages :
  • Qui a traduit cette bande dessinée américaine ?

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    • Répondu par Aurélien PIGEAT le 17 mars 2015 à  07:23 :

      Mathieu Auverdin et Alex Nikolavitch.

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      • Répondu par Michel Dartay le 17 mars 2015 à  17:55 :

        Il faudrait prendre la peine de systématiquement mentionner les noms des traducteurs, car certains lecteurs d’actuabd réclament à juste titre ce type d’informations. La justesse de la traduction (comme le choix du papier, le lettrage, la présence de rédactionnel contextuel )est un élément déterminant dans le plaisir de la lecture d’une traduction. Et il y a eu de nombreuses faiblesses par le passé chez de nombreux et grands éditeurs, même si le niveau moyen semble heureusement s’être amélioré.

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        • Répondu le 17 mars 2015 à  22:03 :

          Qui plus est : le traducteur de bd se doit de faire rentrer sa traduction dans un espace restreint (le phylactère). C’est un exercice incroyablement difficile de restituer la voix du scénariste dans une grammaire différente, précise et concise. C’est un travail créatif que je souhaiterais également voir mentionné régulièrement. Lecteur de polars dans le passé, je savais que lire un livre traduit par J-P Manchette allait toujours m’en donner pour mon argent.

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          • Répondu par Aurélien PIGEAT le 18 mars 2015 à  09:15 :

            Merci pour vos différents retours sur la question des traducteurs. Cela me fournit l’occasion de faire le point à ce sujet et de témoigner de l’état de nos réflexions (des miennes en tout cas) à ce sujet.

            Si vous remontez un peu dans le temps, vous constaterez que nous devons à David Taugis l’émergence de la mention des traducteurs dans les chroniques comics sur le site. Nous en avons discuté en interne, les avis étant partagés à ce sujet. Pour ma part convaincu, j’ai repris le modèle pour la section manga du site, puis continué avec les comics lorsque j’en ai pris la charge il y a un peu plus d’un an. À présent, une grande majorité des chroniques mentionnent le traducteur, en manga et en comics.

            Par la suite, lorsque Guillaume Boutet nous a rejoint, lui et moi avons décidé de mettre en place une sorte de nomenclature étendue dans le post-it de l’article, afin de renseigner toutes les informations dont pouvait avoir besoin le lecteur (collection, date de sortie, prix, pagination, etc.). Là, nous rappelons les auteurs, complétons lorsque la liste en est longue, mentionnons le traducteur et précisons parfois les séries d’origines des numéros qui composent le volume (notamment pour les anthologies).

            Parallèlement à cela, il y a quelque temps, je me suis fait la réflexion que je trouvais nos titres de chroniques trop lourds, trop longs, notamment lorsqu’il y avait plusieurs auteurs. Dans la mesure où le post-it rappelle ces informations pour le lecteur, je me suis dit qu’alléger le titre permettrait d’avoir une accroche plus efficace de la chronique en page d’accueil du site. Voilà comment le nom du traducteur a disparu du titre de mes récentes chroniques pour être toutefois toujours présent dans le post-it (bien que pour cette présente chronique il y ait bien eu un véritable oubli de ma part, je bats ma coulpe !). Et parfois la traduction commentée dans le corps de l’article (je suis là en train de lire Deux Frères et le travail accompli là par Michel Riaudel est remarquable).

            Je m’apprêtais, après avoir "testé" cela ces derniers temps, à solliciter mes collègues à ce sujet pour que l’on convienne d’un format à la fois précis et efficace sur le manga et le comics. Vos retours de lecteurs à ce sujet sont donc les bienvenus.

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            • Répondu le 18 mars 2015 à  19:12 :

              Merci pour votre réponse. Personnellement, l’idée du post-it me satisfait pleinement.

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