Pétition des auteurs et des éditeurs belges contre la gouvernance du Centre Belge de la Bande Dessinée

15 novembre 2019 3 commentaires
  • Décidément, le temps est aux révolutions… À peine nommée, la nouvelle directrice du Centre Belge de la bande dessinée doit faire face un à feu nourri de critiques. Aujourd’hui, un groupe d’auteurs et d’éditeurs belges, parmi lesquels des auteurs figurant dans le Conseil d’Administration du CBBD, dénoncent « un conflit objectif d’intérêts », un processus de vote « fort opaque », une absence de projet d’avenir et plus généralement le dévoiement actuel des missions originelles du Centre Belge de la Bande Dessinée

Le texte du communiqué est sans ambages : « …Nous, auteur.e.s de Bande dessinée, francophones et flamand.e.s , belges et français.es, sommes inquiets pour l’avenir du CBBD… »

Une inquiétude en forme de mise en cause : « Selon nos sources, ce choix [la nomination de la nouvelle directrice. NDLR] a été motivé par une volonté légitime de défendre les acquis et une certaine indépendance politique, mais aboutit à un conflit objectif d’intérêts. Les candidatures externes, plus légitimes par leurs titres et plus méritoires par leurs projets, ont été rejetées au profit de la consécration d’une membre du personnel. »

Ce qui frappe, c’est le nombre d’auteurs belges prestigieux qui signent ce communiqué : les Grands Prix d’Angoulême François Schuiten et Hermann, Philippe Geluck, Bernard Yslaire, Jean-François & Maryse Charles, Benoît Sokal, Benoît Peeters… Auteurs dont certains comme Jean van Hamme et Dany siègent ou ont siégé au Conseil d’Administration du CBBD ; auteurs belges mais aussi suisse comme Cosey, flamands de renom comme Her Seele, Johan De Moor,... des éditeurs comme Yves Schlirf (Dargaud), le Fremok, la Cinquième Couche, l’Employé du Moi, une institution comme l’Académie Victor Rossel de Bande Dessinée et même… Nick Rodwell, le sémillant patron de Moulinsart ! Pour le CBBD, c’est un sacré camouflet car c’est sa légitimité-même qui est remise en question.

Pétition des auteurs et des éditeurs belges contre la gouvernance du Centre Belge de la Bande Dessinée
La pétition dénonce une désignation "opaque".
Photo ; D. Pasamonik (L’Agence BD)
Isabelle Debekker, directrice contestée du CBBD.
Photo : DR - CBBD

Cette mise en cause va loin puisque les signataires lui dénient même l’appellation de « Musée de la BD » : « Rappelons que le CBBD créé il y a 30 ans, n’est pas un Musée, dit le communiqué. Il n’a jamais eu pour vocation d’être un musée, mais le Centre belge de bande dessinée, en pesant chacun de ces mots. A l’instar du Centre Beaubourg à Paris dédié à l’Art contemporain, créé une décennie plus tôt, la volonté n’était pas de se limiter à une collection permanente d’artistes représentatifs du XXe siècle, mais d’imaginer un centre vivant de l’Art au présent, évoluant avec son temps, reflet de son époque. »

Il est clair que si le Centre Belge veut conserver l’estime des auteurs et d’une manière générale des professionnels de la bande dessinée dont elle profite par son affichage, il va falloir que sa gouvernance soit revue. Nous sommes dans le cas classique d’une institution qui n’a plus la légitimité de ses fondateurs et dans laquelle la nouvelle génération des créateurs ne se reconnaît guère.

Cette lettre ouverte est clairement un appel aux politiques (rappelons que le bâtiment appartient à l’État belge) et aux bonnes volontés pour que la mission du CBBD soit redéfinie et sa gestion davantage transparente. À eux d’agir…

Le bâtiment appartient à l’Etat belge.
Photo : Ramón [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)]

LA LETTRE OUVERTE DES AUTEURS ET DES ÉDITEURS BELGES

Pour un Centre de la BD audacieux, ambitieux, géré dans la transparence
Le Centre Belge de la Bande Dessinée fête aujourd’hui ses trente ans. Beaucoup de choses ont changé depuis son ouverture. Les galeries de bande dessinée qui n’existaient pas à l’époque, jouent maintenant un rôle prépondérant dans l’économie des auteurs, et créent aussi des expositions thématiques très médiatisées. La fondation Roi Baudouin qui a reçu des fonds importants d’auteurs, est devenue la première institution patrimoniale belge de la bande dessinée. De plus, différents musées privés, centrés sur la BD, vont bientôt ouvrir ( le Musée du Chat, la Fondation Philippe Boon ). Par ailleurs, beaucoup d’auteurs se trouvent dans une situation de précarisation difficilement imaginable en 1989. Au regard de ces nouveaux acteurs, et dans ce paysage profondément modifié, ne serait-il pas temps et crucial, de se poser la question des missions du Centre Belge de la Bande Dessinée ?

Dans ce contexte, nous, auteur.e.s de Bande dessinée, francophones et flamand.e.s , belges et français.es, sommes inquiets pour l’avenir du CBBD. Pour son manque d’ambition et de rayonnement, et l’oubli de sa mission première : défendre la création en bande dessinée européenne d’hier et de demain car le Musée de la Bande Dessinée est tout autant un hommage aux pionniers qu’un regard sur la BD actuelle. Après un appel à projets et l’audition de très bons candidats, le Conseil d’administration du Centre belge de la Bande dessinée a opté pour le choix en interne d’une nouvelle Directrice générale.

C’est avec une grande inquiétude que nous avons appris cette préférence pour une personne dont le projet reste à venir. Selon nos sources, ce choix a été motivé par une volonté légitime de défendre les acquis et une certaine indépendance politique, mais aboutit à un conflit objectif d’intérêts. Les candidatures externes, plus légitimes par leurs titres et plus méritoires par leurs projets, ont été rejetées au profit de la consécration d’une membre du personnel.

Sans chercher à polémiquer plus avant sur le choix de la personne, ou sur le processus de vote du Conseil d’administration fort opaque, nous tenons à rappeler la mission première de ce que devrait être ce formidable outil de défense de notre patrimoine, de notre fierté de créateurs, de notre patrimoine belge. De projet d’avenir, la nouvelle Directrice générale n’en avait tout simplement pas avant sa nomination. Comme affiché sur le site officiel : Dans les mois à venir elle se concentrera à définir avec enthousiasme un projet ambitieux. Et l’intention exprimée est de maintenir le succès du musée, ou en d’autres mots de continuer comme avant. Et c’est bien ce qui nous pose problème.

Rappelons que le CBBD créé il y a 30 ans, n’est pas un Musée. Il n’a jamais eu pour vocation d’être un musée, mais le Centre belge de bande dessinée, en pesant chacun de ces mots. A l’instar du Centre Beaubourg à Paris dédié à l’Art contemporain, créé une décennie plus tôt, la volonté n’était pas de se limiter à une collection permanente d’artistes représentatifs du XXe siècle, mais d’imaginer un centre vivant de l’Art au présent, évoluant avec son temps, reflet de son époque. De même, le choix de qualifier le Centre « belge de BD » —et non« de BD belge »—, affirmait clairement cette volonté d’être l’épicentre européen de la création et du patrimoine.

Aucun historien ne le conteste, la Belgique a joué un rôle précurseur dans le développement et la reconnaissance du neuvième Art, longtemps réduit aux « petits Mickeys » pour les enfants. Ce n’est pas un hasard, si Bruxelles a inauguré le premier Centre de Bande dessinée d’Europe, avant celui d’Angoulême. Mais cet outil formidable dessiné, implanté au cœur même de la capitale européenne, semble condamné à n’être plus que le reflet d’un espoir daté et aujourd’hui dépassé. Trente ans après son ouverture, force est de constater que le contexte a changé. « Fortissimi ne sunt plus Belgae » : la BD franco-belge n’est plus en vogue, Bruxelles a perdu sa place de capitale au profit de Paris, et le CBBD ne répond plus à sa vocation première. Pire, il semble même l’oublier.

Alors que le fatalisme et le découragement semblent gagner tous les acteurs belges du métier, à tort ou à raison, les auteurs se sentent exclus du Centre belge, abandonnant peu à peu tout espoir d’une reconnaissance de leur apport culturel sur le sol national. Nous auteur.e.s de bande dessinée, Nous, objets actuels ou futurs du Centre belge de Bande dessinée, pensons mériter mieux à Bruxelles qu’un Centre « magnifié par un exceptionnel cadre Art Nouveau », dédié aux réceptions privées... sans projet ambitieux pour le 9e Art. La bande dessinée belge vaut mieux qu’un temple dirigé par ses marchands. Il est temps que le Centre redéfinisse avec audace et ambition le rôle qu’il veut jouer dans le futur pour valoriser la bande dessinée et ses auteurs en Belgique : plus que jamais nous avons besoin de cet outil.

Pierre Bailly, Thilde Barboni, Etienne Beck, Philippe Berthet, Jan Bosschaert, Thierry Bouuaert, Philippe Capart, Gwenola Carrere, Jean-François et Maryse Charles, Bernard Cosey, Stephane Degroef, Johan De Moor, Max de Radigues, Fanny Dreyer, Annabelle Dupret, Laurent Durieux, Christian Durieux, Fremok, Philippe Geluck, Sacha Goerg, Alain Goffin, Olivier Grenson, WIlliam Henne, Dany Henrotin, Hermann Huppen, Jeroen Janssen, Denis Larue, Eric Lambé, La Cinquième couche, l’ Académie Victor Rossel de Bande Dessinée, Denis Lapière, Xavier Lowenthal, Frank Legall, L’employé du Moi, Paul Mahoux, Michael Matthys, Séraphine et André Moons, Benoit Peeters, Romain Renard, Nick Rodwell, Yves Schlirf, François Schuiten, Her Seele, Yves Sente, Jean-Claude Servais, Benoît Sokal, Nicolas Vadot, David Vandermeulen, Jean Van Hamme, Thierry Vanhasselt, Bernard Yslaire,...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

La rédaction d’ActuaBD a essayé d’avoir la réaction de la direction du Centre Belge de la Bande Dessinée, sans réponse jusqu’à présent.

 
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3 Messages :
  • On attend avec impatience le commentaire de François Maingoval ;-).

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    • Répondu par CBBD, Auteurs : rentrez. Marchands sortez ! le 1er décembre à  22:37 :

      Nomination de la nouvelle Directrice Générale du Centre Belge de la Bande Dessinée (CBBD).
      Quand un scandale en cache plusieurs autres : conflits d’intérêts à répétition.

      Si procès il doit y avoir, c’est d’abord celui du Conseil d’Administration qu’il faut d’urgence instruire, celui de son président, de son vice-président, de son administrateur délégué, de son trésorier et de tous ceux qui ont nommé la nouvelle Directrice générale (DG). Quand bien même cette dernière disposerait de toutes les qualités requises pour exercer une telle fonction, elle en serait incapable pour cause de conflit d’intérêts (a). Elle l’était également dans l’exercice des fonctions qu’elle occupait précédemment, celles de Secrétaire Générale depuis le 23/03/2016, date de sa nomination par ce même Conseil d’Administration.

      1-François Maingoval, se déclarant membre du Conseil d’Administration (CA) du CBBD (b), écrit dans un forum de discussions sur le site de ACTUABD à propos de la nomination en question que « le CA veillera à ce qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts entre les différentes parties ».
      C’est malheureusement strictement impossible. En effet, le CA, en procédant à cette nomination a lui-même installé le conflit d’intérêt de manière structurelle au plus haut niveau du management du CBBD et cela après avoir démontré à deux reprises qu’il avait été incapable de veiller à ce qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts :
      - la candidature, parmi beaucoup d’autres, de celle qui est devenue Directrice Générale aurait dû être rejetée pour cause de conflit d’intérêts.
      - ayant omis de rejeter cette candidature, le CA avait la possibilité de « se rattraper » au moment du vote en s’interdisant de l’élire et il ne l’a pas fait.
      Sauf à considérer que tous les administrateurs ayant voté pour cette nomination soient incompétents, il y a lieu d’établir les raisons pour lesquelles ces derniers ont enfreint à deux reprises les règles minimales de « bonne gouvernance » qui s’imposent à eux : pour ce faire, pas d’autres moyens pour eux que de publiquement expliquer ce qui les a motivés. Ils le doivent à tous les amateurs de BD, à tous les auteurs, aux plus de 200.000 visiteurs annuels et à tous les employés du Centre. Leurs explications permettront, on l’espère, de mettre un terme aux suspicions nées d’un tel choix. Les premières réactions médiatiques à cette nomination permettent de penser qu’ils ne pourront pas invoquer d’avoir à ce point été éblouis par les qualités de la candidate qu’ils en aient oublié l’existence du conflit d’intérêts.
      L’immense malaise provoqué par cette nomination implique aussi de faire toute la lumière sur ce qu’il en est des activités sous-traitées par le Centre, notamment au plan financier, ne serait-ce que pour s’assurer qu’une association sans but lucratif (réalisant en 2018 et 2017 respectivement 208.000 et 152.000 euros de bénéfice net) ne contribue pas à enrichir à l’excès les concessionnaires qu’elle a mandatés, au détriment de l’association.

      2- Le Moniteur Belge nous apprend que la nouvelle Directrice Générale avait été nommée Secrétaire Générale du Centre par le CA en date du 23/03/2016, son mandat ayant été renouvelé le 23/04/2019. Ses pouvoirs y sont précisément détaillés et s’apparentent pour une part non négligeable à ceux d’un Directeur Financier. Elle peut notamment, seule, consentir et conclure tout contrat d’entreprise. Elle est donc bien évidemment dans cette fonction en situation de conflit d’intérêt et ce depuis plus de trois années et demie à la date de sa nomination comme Directrice Générale. Comment le CA a-t-il pu alors procéder à une telle nomination ?
      A croire que le conflit d’intérêt est un véritable mode de gouvernance au sein du CA.
      Ils sont quatre au sein du CA à exercer des fonctions spécifiques : le Président Mr F. Van Vosselen, le Vice-Président Mr J.P. Van den Branden, l’administrateur délégué Mr M.Van der Stichele, le Trésorier Mr F. Maillard. En raison de leurs responsabilités particulières, ils auraient dû encore plus que les autres alerter leurs collègues.

      3-En la personne de Monsieur Fernand Maillard, le CA dispose en son sein d’un spécialiste financier, expert-comptable, réviseur d’entreprise, vice-président de l’institut des réviseurs d’entreprise, spécialiste du monde associatif comme en atteste l’entretien qu’il a accordé au Cesep, toutes compétences qui le désignent comme éminemment qualifié pour anticiper les conflits d’intérêts. Nommé administrateur par l’assemblée générale du 29/04/2016, puis désigné le même jour Trésorier par le CA, comment expliquer qu’il n’ait pas alerté ce dernier de la situation de conflit d’intérêts dans laquelle se trouvait Isabelle Debekker, nommée quelques jours auparavant -le 23/03/2016-à la fonction de secrétaire générale ? Il est de notoriété publique que son cabinet d’expertise comptable a tenu la comptabilité du CBBD depuis de très nombreuses années, voire depuis l’origine….. jusqu’au jour de sa nomination à la fonction d’administrateur/trésorier ? Ne s’agit-t-il pas là d’un autre conflit d’intérêts ? Comment considérer que cela puisse participer de bonnes pratiques que de nommer à la fonction de trésorier celui qui a eu une telle responsabilité comme intervenant externe à l’entreprise impliquant qu’il ne peut garantir d’avoir l’indépendance d’esprit suffisante pour porter un œil critique sur les comptes annuels qu’il aura élaborés et qui posent de sérieuses questions à la simple lecture des bilans BNB, pourtant peu détaillés :
      - en 2017 : profit de 152.086 euros après prise en compte d’une perte exceptionnelle de 44.367 euros
      - en 2016 : perte de 327.501 euros après prise en compte d’une perte exceptionnelle de 50.528 euros
      - en 2015 : perte de 35.638 euros après prise en compte d’une perte exceptionnelle de 178.771 euros
      En trois années consécutives, une perte cumulée de 211.053 euros après prise en compte de pertes exceptionnelles de 273.666 euros. Qu’en est-il d’une gestion qui produit des pertes exceptionnelles qui se révèlent récurrentes et qui s’élèvent à 8,2% de la marge brute ! Président, Vice-Président, Administrateur Délégué et Trésorier ne semblent pas en avoir tiré de conclusions.

      4- Le CV de la nouvelle Directrice Générale n’est pas public. On ne connaît donc que ce qui apparaît sur les réseaux sociaux et qui ne permet pas d’y déceler des compétences particulières pour exercer la Direction Générale d’une telle institution culturelle (pas plus d’ailleurs pour exercer sa fonction antérieure de Secrétaire Générale). Ne disposant pas des CV des autres candidats à la fonction, il n’est d’autre solution que de se référer aux CV de responsables d’entités comparables, comme celui de la directrice du Musée de la BD d’Angoulême par exemple, pour se faire une idée de leur profil. Et la comparaison est édifiante.

      (a) La nouvelle DG, Isabelle DEBEKKER, est fille et nièce des frères DEBEKKER (société du même nom) auprès desquels le CBBD sous-traite (sous forme de concession notamment) nombre d’opérations dont le service traiteurs, les événements, la gestion de la Brasserie du Musée, la location de salles etc…
      (b) François Maingoval qui se déclare administrateur du CBBD (depuis novembre 2013 sur les réseaux sociaux) ne figure pas comme tel dans les documents officiels (bilans BNB et données publiées au Moniteur Belge).

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      • Répondu par CBBD, Auteurs : rentrez. Marchands sortez ! le 7 décembre à  10:30 :

        Centre Belge de la Bande Dessinée (CBBD)

        Un temple dirigé par ses marchands pour ses marchands.

        Les auteurs et éditeurs signataires de la pétition du 15 novembre dernier déclarent « mériter mieux qu’un Centre dédié aux réceptions privées et sans projet ambitieux pour le 9ème Art » et « la bande dessinée valoir mieux qu’un temple dirigé par ses marchands ».
        A défaut de remplir les missions que lui impose sa vocation, on se dit que le Centre doit tirer des ressources importantes de cette activité marchande et qu’en outre la mainmise des marchands devrait entraîner une gestion rigoureuse. Qu’en est-il exactement ?

        Le pouvoir des marchands ne résulte pas du poids qu’ils représentent dans les recettes du Centre.
        Les activités sous-traitées ou concédées (le mystère demeure), mais il semble en fait qu’elles ne se traduisent que par des revenus locatifs, représentent 8,9% (1) des recettes totales du Centre (1,7% pour la Brasserie - 4,1% pour la librairie- 3,1% pour la location de salles pour événements) contre 19,6% en 2004/2005. Le pouvoir des marchands ne résulte donc pas du poids économique qu’ils représentent pour le Centre.

        Un véritable fonds de commerce mis à disposition des marchands sans contrepartie pour le Centre.
        Ils sont près de 250.000 visiteurs passionnés de bande dessinée à franchir chaque année (685 par jour en moyenne) la porte de ce véritable trésor architectural, l’un des plus beaux immeubles Art Nouveau de Bruxelles et le Centre ne va pas en tirer quelque profit que ce soit. Ce sont deux entreprises, l’une qui gère les événements, le service traiteur qui y est associé et la brasserie et l’autre qui gère la librairie qui vont faire leur miel d’opportunités commerciales offertes gratuitement.

        Des conditions de location incohérentes et incroyablement favorables aux marchands, au détriment du Centre.

        - le loyer de la brasserie est de l’ordre de 2.600 euros par mois, un niveau exceptionnellement bas de moins de 284 euros par m2 et par an (base 100 m2 environ). En 2017, le prix de location d’un bail commercial s’élevait Rue Neuve (Bruxelles) à 1950 euros par m2 et par an.

        - le loyer de la librairie est de moins de 6.200 euros par mois, soit 676 euros par m2 et par an.

        - Le loyer de la brasserie, pour une superficie comparable, est 58% moins cher que celui de la librairie.

        - Les loyers de la brasserie n’évoluent quasiment pas depuis 10 ans.

        - Les loyers de la librairie sont en baisse de 32% par rapport à 2015, de 24% par rapport à 2008.

        - La location des salles pour des événements génère un chiffre d’affaires en stagnation sur les huit dernières années (58.000 euros en moyenne) alors qu’elle atteignait 2 à 3 fois plus les années
        précédentes.

        - Les comptes ne mettent pas en évidence que les entreprises locataires se soient acquittées du versement de garanties données au Centre.

        - 85% des recettes du Centre sont réalisées au comptant (vente de billets). Pourtant, les créances commerciales apparaissant au bilan sont étonnamment importantes : 129.000 euros au dernier bilan clos au 31/12/2018, 143.000 euros au 31/12/2015, jusqu’à 227.000 euros au 31/12/2014 avec un
        record de 272.000 au 31/12/2007. Dans la mesure où elles ne peuvent que résulter de l’activité location du Centre, ce dernier consentirait donc des conditions de paiement exorbitantes à ses locataires marchands : de 9,14 à 16 mois.

        Une gestion qui n’est pas à la hauteur du talent des artistes que le Centre expose.

        Et c’est un euphémisme :

        - des réductions de valeur de 169.000 euros en 2015, de 38.000 euros en 2016 que l’on ne peut
        rapporter à aucun élément d’actif ! Au total, l’équivalent du bénéfice déclaré au titre de 2018.

        - une réduction de valeur de 70.000 euros en 2016 sur une créance commerciale de 72.000 euros déclarée douteuse dans la même année, dont il est permis de penser que l’origine est antérieure et qu’elle est détenue sur les deux locataires !

        - un vol de caisse de 18.000 euros en 2014.

        - des charges exceptionnelles non expliquées de 10.000 euros en 2015, 13.000 euros en 2016, 44.000
        euros en 2017.

        Dans le cadre d’une gouvernance instituant à quatre reprises successives des conflits d’intérêt dont trois sont répétitifs.

        Le conseil d’administration a nommé Isabelle Debekker à la fonction de secrétaire générale le 23 mars 2016, l’a renouvelée à la même fonction le 23/04/2019 avant de la nommer directrice générale le 18/10/2019 après avoir accepté sa candidature qu’il aurait dû refuser.
        L’administrateur exerçant les fonctions de trésorier au sein du conseil d’administration (Fernand Maillard) après avoir été pendant de nombreuses années l’expert-comptable du Centre - ce qui n’est pas sans poser un autre problème de conflit d’intérêts - devrait être en mesure d’éclairer les auteurs,
        les éditeurs, les visiteurs du Centre face à tant d’anomalies aussi choquantes que troublantes.

        Dans une absence de rigueur ahurissante

        On ne peut mieux la symboliser qu’en mettant en évidence que les comptes de résultat des années 2015, 2016,2017 et 2018 déposés à la BNB sont entachés d’erreurs. Ainsi, le bilan au 31/12/2016 affiche une perte de 327.501 euros alors que la sommation des éléments constitutifs de cette perte conduit à une perte de 295.130 euros. La même nature d’erreur frappe les comptes 2015,2017 et 2018. L’administrateur délégué, son trésorier, le directeur général et sa secrétaire générale ont signé ces documents erronés pour ensuite les faire approuver sans sourciller à l’assemblée générale !
        Quatre erreurs successives commises par l’ensemble de la chaîne hiérarchique.

        (1) moyenne sur 4 ans (2014,2015,2016,2017)

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