Popeye fête aussi ses 75 ans

17 janvier 2004 1 Actualité par Laurent Melikian
  • Hasard de l'Histoire, une semaine après que Tintin prenne le train pour le pays des Soviets. Dans les strips de {Thimble Theatre} dessinés par Elzie C. Segar et distribués par la presse du groupe Hearst, Castor Oil propriétaire de bateau, traîne sur un dock à la recherche d'un capitaine.

Il avise un grand borgne, pipe à la bouche en costume de marin :

Popeye fête aussi ses 75 ans Hey there ! Are you a sailor ? (Vous là ! Êtes vous un marin ?)
- ’Ja think I’m a cow-boy ? (J’aurais une fiole de cow-boy)

- OK, you’re hired ! (C’est bon, je vous engage !)

C’était le 17 janvier 1929. Popeye venait de donner sa première réplique, il n’a plus jamais quitté la scène.

Thimble Theatre existait déjà depuis 9 ans. Ce fut semble-t-il le premier strip à raconter des histoires à suivre sur plusieurs jours. L’arrivée de Popeye fut comme un déclic. Très vite, il prit une place énorme et peu à peu les autres personnages (à l’exception d’Olive Oil devenue fiancée du marin) quittèrent la bande. Ils sont remplacés par des seconds couteaux remarquables : Wimpy, l’engouffreur de hamburgers, Jeep, un drôle d’animal dit Eugène en Français, Swee’pea son fils adoptif et Brutus le frère ennemi de Popeye, aussi bête et bagarreur, la méchanceté en plus.

Dès 1933, les studios de Max Fleischer adaptent les turpitudes givrées du marin en dessins animés. C’est à ce moment que l’on vit Popeye consommer des épinards en boîte pour se doter d’une force surhumaine (tiens, tiens !). Segar en profite pour affermir son trait, lui donnant des contours plus épais. Le dessinateur qui signait par un cigare ne profita pas longtemps du succès. Il décéda en 1938, alors que, dit-on, il s’adonnait à ses temps perdus à la culture du radis.

Ses successeurs ont su respecter son style tout en faisant parfois évoluer ses personnages. Seul Hy Eisman qui a repris Popeye depuis 10 ans s’est permis de changer quelque peu les courbes de Segar. A ce titre, on consultera la page du King Feature Syndicate dédiée à Popeye avec ses plus récents strips.

Popeye est devenu un modèle pour de nombreux autres personnages de BD d’humour. Par exemple Tartine n’est-elle pas sa version féminine ? Au cours des cinquante dernières années, les signes de popularité restent nombreux. Pas mal de jeux vidéo, de nouveaux dessins animés, des jouets à la pelle et un film live signé Robert Altman qui offrit à Robin Williams son premier grand rôle à l’écran.

Pour célébrer cet anniversaire, King Features annonce diverses opérations. La plus spectaculaire aura lieu ce soir (samedi 16 janvier) : l’Empire State Building sera illuminé en vert, couleur des fameux épinards. Et pour la fin de l’année ,la sortie du premier Popeye animé en 3D.

Malgré quelques belles éditions françaises (notamment celles de Futuropolis), aucun album de Popeye n’est disponible actuellement en français. Les éditions Fantagraphics aux USA, ont édité une intégrale des strips dessinés par Segar. Hélas, seuls deux de ces albums sont encore disponibles en solde.

Un peu dommage pour ce cher crétin qui cognait comme il respirait, puis s’excusait par un « ch’uis c’que ch’uis et c’est tout c’que ch’uis ! » et dont Francis Lacassin disait : « Il ne moque pas, il détruit, piétinant allègrement tabous, structures et concepts. Il ne propose pas une caricature de la réalité, mais son négatif.  » (En introduction de Popeye et son Papa, Futuropolis)

Popeye version Israelienne

(par Laurent Melikian)

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1 Message :
  • > Popeye fête aussi ses 75 ans
    19 janvier 2004 15:10, par LO

    Oups ! Erratum, on trouve un peu de Popeye dans le fond des éditeurs...

    D’abord chez Vents d’Ouest, le premier tome d’une intégrale (qui en resta à un volume)par Bela Zaboly qui repris Popeye en 1939 après le décès de Segar. On le dégotte en cliquant ici.

    Ensuite, il y a le catalogue de l’exposition Popeye du CNBDI en 2001 signé par Thierry Groensteen. Il est également proposé en ligne.

    Enfin, l’illustrateur américain Richard MacGuire est fasciné par notre marin. Il aime bien se le croquer en salade accompagné de l’inévitable Olive Oil. On lui doit un curieux recueil de dessins en bichromie P+O, sorte de Kama Soutra aux épinards qu’on trouve notemment à la Fnac. Pour les amateurs d’objets, il a édité Popeye et Olive un beau livre sérigraphié et tiré à 200 ex chez Cornelius. Rare et cher, on le trouve quand même sur le net, en cliquant ici.

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