Pour ses dix ans, la série « Le Scorpion » livre quelques-uns de ses secrets

18 août 2010 4 commentaires
  • On connaît « Le Scorpion », une série maîtresse de Marini et Desberg qui mêle intrigues sur fond historique , action et sensualité. Elle a dix ans cette année. Cet anniversaire donne l’occasion aux auteurs d’en dire plus sur le passé troublé des Trebaldi, l’une des neuf familles régnantes de Rome, dont l’un des membres est devenu le pape.

Nous avons déjà signalé ici toutes les qualités de l’Italo- Suisse Enrico Marini que la série Rapaces (avec Jean Dufaux) avait révélé au grand public : élégance, puissance, finesse et sensualité...

De son côté, Stephen Desberg n’a pas son pareil pour camper des personnages complexes dont les ressorts sont aussi bien l’ambition que la cupidité ou le sexe. Au sommet du pouvoir, ces sentiments, animant des personnages hors normes, s’exacerbent. Les situations deviennent de plus en plus shakespeariennes, suscitant des alliances et des retournements au gré des révélations.

C’est bien l’équilibre des pouvoirs qui est au cœur de l’intrigue de Scorpion. Dans cette perspective, le bien et le mal ne sont que des prétextes, les institutions, des oripeaux. Les ambitions personnelles sont contrariées par le mauvais calcul, l’instant de faiblesse aussitôt exploité par l’ennemi, le manque d’argent ou l’aveuglement provoqué par l’exaspération des passions.

Pour ses dix ans, la série « Le Scorpion » livre quelques-uns de ses secrets

Dans cet album, la maître de la chrétienté porté là par la puissance de sa famille, les Trebaldi, mais aussi par une série de meurtres conduits par un sens politique sans scrupule, fait le ménage au sein de sa propre lignée, afin de s’en arroger seul la succession. Il n’est pas jusqu’au père qui ne devienne un pantin grimaçant dont les menaces n’ont plus aucune portée.

Le Scorpion poursuit sa vengeance et l’affaire tourne de plus en plus au duel personnel entre Sa « Sainteté » et l’homme marqué, dit-on, du sceau du diable dont on apprend dans cet album quelle en est l’origine.

Le redoutable bretteur au visage ténébreux et charmeur est devenu soudainement puissant car il a mis la main sur le trésor des Trebaldi. Cette fortune est-elle susceptible de faire vaciller un pouvoir désargenté dont les alliés hésitent à reconduire leur soutien ?

Au dixième anniversaire de la série, jamais les poursuites n’auront été aussi haletantes, ni les interrogations aussi profondes.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Le Scorpion T.9 : Le Masque de la vérité - Par Desberg & Marini - Éditions Dargaud.

En librairie le 27 août 2010.

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4 Messages :
  • À noter aussi que pour ses dix ans, les 9 premiers albums sont disponibles sous une toute nouvelle couverture. Une bonne occasion pour ceux qui sont passés à côté de cette superbe série de rattraper leur retard.

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  • C’est une des rares séries récentes dont j’ai apprécié la lecture. Période et lieux originaux (le Vatican et Rome à la fin de la Renaissance), personnages passionnés et fiévreux, scénario plein de rebondissements, un zeste d’érotisme (pas assez me direz-vous, la seconde page présentée dans l’article donne forcément envie d’en voir plus). Un dessin dynamique, pêchu en diable, si vous me permettez l’expression. Que du bonheur de lecture, les amis !

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    • Répondu le 20 août 2010 à  21:31 :

      ... où l’on constate une fois de plus que c’est la notoriété du critique (et non la teneur de sa notule) qui donne du sens à son propos.

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  • Un nouvel opus à la hauteur de la série
    1er septembre 2010 20:55, par Raph’

    J’ai eu le plaisir d’acheter le dernier tome au Festival de Sollies Ville auquel participait Marini (Ai manqué en revanche le "droit à la dédicace" tiré au sort parmi les acheteurs... regrets).
    Ce nouvel épisode est haletant, et toujours aussi bien dessiné. On trouve beaucoup de séries qui ne parviennent pas rester à ce niveau de qualité dans la durée.
    A lire, donc !

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