Québec, un détroit dans le fleuve - Collectif - Casterman

10 avril 2008 0
  • On fête cette année le 400ème anniversaire de la ville de Québec. L'occasion de constituer des binômes inédits franco-québécois chargés de créer des histoires inspirées de la cité. Sans objectif historique précis, et en laissant chaque auteur imprimer sa marque de fabrique.

On aimerait bien, pour une fois, ne pas resservir le cliché du recueil collectif "forcément" inégal. Raté. Ces quatre histoires centrées sur la ville de Québec vont du bon (les deux épisodes croqués par Moynot et Davodeau) au moins bon (la dernière nouvelle, située de nos jours) jusqu’au pénible, à savoir la première saynète, cosignée Jimmy Beaulieu et Émile Bravo.
Le scénario tente de jouer la carte de la dérision et du second degré, à la manière d’un Larcenet ou de l’école Fluide Glacial. Un épisode situé en Acadie en 1607, juste avant la fondation du Québec. Le dessin expéditif et minimaliste de Beaulieu, armé de ses seuls crayons de couleur, constitue un obstacle à toute tentative de s’intéresser aux personnages. Dommage de commencer par le travail le moins convainquant.

Concernant Davodeau, associé au scénariste Pascal Girard, le résultat s’avère très convaincant. L’histoire se déroule au début du XXème siècle, et on découvre une équipe d’ouvriers au travail pour construire un pont. Un récit social et humain, à l’image des engagements de Davodeau, avec une chute brillante.
Idem pour Moynot, sur un scénario de Philippe Girard. Ambiance soirée d’internat en 1955. Deux copains bravent l’interdiction de sortir le soir pour s’éblouir des lumières de la ville. Le préfet de discipline les attendra de pied ferme au retour, mais une idée géniale et solidaire permettra aux galopins d’en sortir indemnes.
Le dernier épisode (scénario Tripp, dessin Duberger), une chronique familiale située en 2008, manque cruellement de saveur, illustrant assez platement un jour de l’an enneigé.

Si on peut saluer l’esprit de liberté et les inspirations très diverses des tandems créatifs, on ne peut que regretter d’une part le manque d’éléments historiques qui plantent le décor d’un destin original comme celui du Québec et les erreurs de casting qui nuisent à l’ensemble.

(par David TAUGIS)

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