Redneck T1 - Par Donny Cates et Lisandro Estherren - Delcourt Comics

26 avril 2018 0 commentaire
  • La famille de vampires Bowman vit recluse en toute tranquillité. Une simple querelle avec une famille ennemie met le feu aux poudres, ramenant chacun face à ses démons intérieurs. "Redneck" offre un rythme soutenu et une dynamique plaisante, en dépit d’une qualité graphique décevante.

Depuis plusieurs générations, les Bowman, une famille de vampires somme toute discrète, vit dans un domaine retranché du Texas. Une chaîne familiale qui se respecte, vivant en autarcie la plupart du temps. Lors d’une virée en boîte de nuit, quelques jeunes de la famille Bowman se frottent à un clan ennemi : Les Landry. Jusqu’à présent, ces deux familles s’évitaient, d’un commun accord, sans se chercher des noises. Mais la mort d’un des fils va raviver les démons du passé... pris de colère et de folie, la guerre est déclarée.

Combien ne recense-t-on pas de scénarios vampiriques...? Au point d’avoir l’impression d’en manger à toutes les sauces et de friser l’indigestion. Ce thème, à maintes fois revisité, s’enlise et fatigue. Toutefois, bien que prenant appui sur le motif des vampires, Redneck se concentre tout d’abord sur une histoire familiale. Le scénariste met l’accent sur l’interaction entre les protagonistes - leur vécu - et sur les liens qui les unissent.

Donny Cates nous livre un scénario entraînant, pour peu que l’on n’ait pas encore tout à fait soupé du monde des vampires. Car bien que l’originalité soit de mise, les suceurs de sang hantent presque chaque page. Mais la trame se singularise grâce à certains protagonistes : c’est le cas pour deux humains Phil & Evil, qui travaillent pour le compte de la famille Bowman. Rémunérés par le paternel vampire, tous les deux ont parfaitement conscience de la situation. Alors qu’ils pourraient d’ailleurs être taillés en pièce, à la moindre occasion, ils ne semblent pas inquiets le moins du monde. C’est qu’un deal a été conclu, et ce contrat est respecté à part entière.

Le fil conducteur élaboré par Cates montre des vampires loin des sentiers battus. Ils cherchent désespérément à améliorer leur quotidien et à se ménager un avenir plus radieux, l’habituelle et insatiable soif de sang humain passant au second plan. Nous avons donc droit à des vampires introspectifs aux préoccupations existentiels. Notons également, que la famille Bowman est quasiment dépourvue de femmes. Constituée de six personnages masculins, seule la jeune Perry défend la lignée féminine et possède un don non négligeable, celui de pénétrer les esprits et de lire les pensées.

Néanmoins, la qualité de l’encrage de Lisandro Estherren nous a semblé un peu lourde. Si cette aventure est plaisante, la qualité graphique, en revanche, s’avère décevante à plus d’une reprise. Certaines planches manquent cruellement de netteté, et que dire de la plupart des vampires, qui ressemblent davantage à des zombies qu’à des suceurs de sang. Heureusement, la palette de couleurs apportée par Dee Cunniffe redresse la barre, et permet de s’immerger davantage.

S’il est vrai que les univers vampiriques deviennent pléthoriques et redondants, l’énergie et l’agilité de Donny Cates nous font replonger avec plaisir dans cet imaginaire toujours incroyable. Sans toutefois révolutionner le genre, Redneck offre un agréable moment de lecture.

Redneck T1 - Par Donny Cates et Lisandro Estherren - Delcourt Comics
©Lisandro Estherren / Delcourt Comics

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Redneck T.1. Scénario : Donny Cates. Dessin : Lisandro Estherren. Éditeur : Delcourt Comics. 144 pages. Sortie : le 4 avril 2018. Prix : 15,95 eur

- Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

  Un commentaire ?