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Travaux - Baggi - Editions Mosquito

  • Un petit employé fier de son travail... un immeuble soudain la proie de travaux inexpliqués... Quand l'absurde pointe son nez, le quotidien prend bien vite un aspect inquiétant.

Au petit matin, des travaux viennent troubler les rêves paisibles d’un petit employé pour qui le jour devait être important : retour au bureau après une mauvaise période. De ces travaux, il ne sait rien, car il n’a pas assisté à la réunion des occupants de l’immeuble tenue pendant sa maladie. Et si nul n’est censé ignorer la loi, il est manifeste que nul n’est non plus censé ignorer les décisions des copropriétaires.
Le locataire réveillé contre son gré va rapidement se retrouver coincé dans son appartement, l’escalier ayant été bloqué par les travaux et l’ascenseur démonté. Ce n’est pourtant que le début. La voisine qui le met en garde, qui lui conseille de quitter vite son appartement, ne le rassure évidemment pas.

Avec cette histoire où sont invoqués les patronages de Kafka (plus celui du Château que de la Métamorphose, malgré la présence d’un superbe tableau de cafard sur les murs de l’appartement) ou de Samuel Beckett (après tout, le personnage fait le gros dos en attendant on ne sait quoi...), l’auteur italien Alessandro Baggi nous offre une belle fable sur un monde moderne où Moloch ne dévore plus les petits enfants, mais plutôt les locataires inattentifs.

Travaux - Baggi - Editions Mosquito

Né en 1966 et travaillant depuis 1998 pour l’éditeur Sergio Bonelli sur la série fantastique Dampyr, Baggi fait preuve d’une énergie remarquable dans son dessin et dans ses découpages. Avec son trait réaliste au confluent des BD américaines et européennes, il met en scène de façon très dynamique ce conte amoral qui semble tout droit sorti d’un épisode de la série télé Twilight Zone (celle en noir & blanc, évidemment). L’intelligence du trait y est renforcée par les quelques touches d’humour graphique qui parsèment l’album, comme ce soleil dessiné dans un style enfantin.

L’utilisation des scènes de rêves, pendant lesquelles le personnage s’imagine libre... de se rendre à son travail, amène une bouffée d’air à ce récit déconseillé aux claustrophobes, mais indiscutablement recommandé à tous les autres lecteurs amateurs de belles BD où le travail graphique ne le cède en rien au scénario.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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