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Mongolie : l’héritage du Baron fou

Par Stéphane GROBOST le 4 mars 2024                      Lien  
Lele Vianello nous fait voyager dans une nouvelle quête au trésor. Un sujet cher à Hugo Pratt dont il a été le collaborateur privilégié pendant près de 20 ans. Une histoire traitée dans un somptueux noir et blanc qui nous entraîne dans une aventure aux confins de l’Orient et de la civilisation.

En introduction de son histoire, l’auteur reprend le personnage de Roman Von Ungern-Sternberg, surnommé le « Baron fou », qui a été découvert dans l’épisode Corto Maltese en Sibérie. Ses faits d’arme sont peu connus : la libération de la Mongolie des Chinois, la prise de la ville d’Ourga en 1920.

Ce chef militaire, un peu chaman sur les bords, s’est aussi illustré dans de farouches et sanglants combats contre les Bolcheviks : les cavaliers cosaques de sa « Division sauvage » ont semé la terreur un peu partout. Juste retour : il fut trahi par les Mongols qui le livrèrent à l’Armée Rouge. Il eut une fin tragique : fusillé le 15 septembre 1921, aprés un procès vite expédié. Mais il revient en flashback dans cet album qui laisse penser qu’il a laissé un héritage.

Lele Vianello, à la fois dessinateur et scénariste, revisite ce personnage en imaginant une suite à sa destinée à travers la quêté d’un trésor caché : il compte un personnage paradoxal, mystique bouddhiste convaincu, mais cruel, allant jusqu’au meurtre de sang froid.

Après 18 pages d’exposition, l’ouvrage fait un flash forward de 10 ans en nous mettant en présence du mystérieux cartographe Gordon recueilli dans une lamaserie après un accident de montagne. De curieux moines lui confient alors une mission d’espionnage pour financer leur résistance à l’invasion chinoise à venir : la recherche du trésor enfoui du baron fou.

En compagnie de ces moines combattant aux motivations complexes, Gordon va parcourir la Mongolie sur les traces de ce trésor et va secourir une bien mystérieuse femme russe qui va le trahir…

Viannello prend le temps de nous raconter cette quête quelque peu désabusée : son style graphique est dans la veine de celui de Pratt dont il reprend parfois les motifs (panoramiques silencieux et lune dansante) mais a sa propre originalité avec une précision du trait visible dans le rendu des visages. Il ose des planches quasi expressionnistes sans aucune parole : un passage marquant à mi album : l’avalanche et le secours de l’homme des neiges qui, comme chez Hergé, apparaît non comme un monstre mais comme un observateur bienveillant.

Côté scénario, l’auteur laisse pour le moment hors-champ la biographie de l’ingénieur Gordon et de la mystérieuse comtesse russe qu’il contribue à sauver. L’action, souvent violente, laisse la place à la contemplation d’une nature sauvage à l’image de l’âme humaine. L’histoire en sonde les tréfonds sans manichéisme : on le comprend les démons ne sont pas forcément méchants...

Une nouvelle quête clôt cette première partie d’un diptyque dont la suite et fin paraîtra en septembre 2024.

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(par Stéphane GROBOST)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782493343284

Mongolie - Par Lele Vianelo - Ed. Mosquito

Mosquito ✏️ Lele Vianello Histoire
 
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10 Messages :
  • Mongolie : l’héritage du Baron fou
    9 mars 19:42, par Fonky

    C’est du sous Hugo Pratt.

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    • Répondu le 9 mars à  23:13 :

      Eh bien c’était son assistant. C’était son travail de faire du sous-Hugo Pratt. Vous avez lu l’article ?

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      • Répondu par Gina Vanilla le 10 mars à  17:42 :

        "dont il a été le collaborateur privilégié pendant près de 20 ans", normal que cela ait laissé des traces !
        Maintenant la page donnée en exemple est assez moche. Cher actuabd, vous n’en avez pas une autre, plus jolie ?

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      • Répondu le 10 mars à  18:52 :

        Mais il n’est plus son assistant, Pratt est mort.
        Il y a des tas d’auteurs qui ont été assistants et qui ont mené leur carrière sans faire du sous-machin.

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        • Répondu le 10 mars à  21:30 :

          Ah bon vous avez des noms ? Mis à part les talentueux assistants d’Hergé, je connais surtout ceux des assistants de Morris, de Giraud et de quelques autres, et ceux-là n’ont jamais fait de grande carrière ensuite, tant leur style était un décalque appauvri de celui de leur Maître.

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          • Répondu par Zorg ! le 11 mars à  11:55 :

            Ceux de Greg ou de Peyo ont quand même fait de très belles carrières en solo. Sans être obligés de fournir des décalques appauvris, au contraire ces années d’apprentissage leur ont permis de s’épanouir !!

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          • Répondu par Richard (Teljem) le 11 mars à  18:43 :

            Des noms ? Hardy, Walthéry, Wasterlain, Janry, Cosey, Derib, Roba, Jidéhem, Gos, De Gieter, Seron, David De Thuin, Daniel Desorgher, Dan et tant d’autres.

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            • Répondu le 12 mars à  09:30 :

              Il faut raconter toute l’histoire. Vianello et Fuga étaient les assistants de Pratt à partir des années 70 quand Corto Maltese a eu beaucoup de succès. Fuga réalisait des décors architecturaux et des véhicules que Pratt "ombrait" ensuite pour ajouter sa touche personnelle. Vianello dessinait beaucoup d’autres choses sur les planches de Pratt et notamment les chevaux. Selon certaines sources, Pratt aurait plus ou moins dit à ses assistants qu’ils pourraient continuer ses séries après sa mort. Il aurait possiblement fait la même promesse à Manara à propos de Corto Maltese. 20 ans après la mort de Pratt, sa dernière épouse en a décidé autrement, confiant Corto à Pellejero, puis à Vivès. Vianello, d’une certaine façon, prolonge de son côté l’oeuvre de Pratt en faisant revivre son univers et certains de ses personnages, comme le marin Sven, et ici le baron Ungern-Sternberg, tout en se gardant bien de dessiner Corto, pour des raisons évidentes de droits. Vianello n’a aucune raison de faire évoluer son dessin, puisqu’il se place délibérément et avec humilité dans la continuité de Pratt. On peut effectivement dire que c’est du "sous-Pratt", car c’est bien le cas, mais on peut y prendre aussi un grand plaisir de lecture.

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              • Répondu le 12 mars à  15:47 :

                J’ai oublié à ma grande honte de citer les scénaristes des reprises de Corto Maltese, Canales et Quenehen. Le scénario c’est évidemment aussi important que le dessin.

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