XIII Mystery : Irina – Par Corbeyran et Berthet – Ed . Dargaud

9 novembre 2009 12 commentaires
  • Itinéraire d’une tueuse. Comment devient-on le bras droit de la Mangouste, le pire ennemi de XIII ? Voilà la question à laquelle répond cet album aux ressorts bien classiques.

Que de clichés ! L’espionne venue de l’Est formée par le KGB, épousant un apparatchik de l’organisation pour mieux assouvir sa vengeance. La Biélorusse tient en effet à faire payer à son auteur le viol et l’assassinat supposés de sa meilleure amie.

On connaît maintenant l’exercice de style : un personnage secondaire de la mythique série créée par Vance et Van Hamme est confié à un couple scénariste-dessinateur. À charge pour eux de donner de l’épaisseur au personnage, tout en respectant la cohérence de la série. Un album par an, en plus de la série régulière, devrait agrémenter et renforcer la série-culte aux millions de lecteurs.

Sans pour autant démériter, la trame concoctée par Corbeyran est bien trop linéaire pour être vraiment novatrice et accumule à l’envi les clichés du roman d’espionnage. On cherche en vain l’une de ces aspérités qui caractérise l’héroïne par rapport à ce qu’en fera Van Hamme plus tard, alors que celui-ci n’hésita pas à défigurer la belle en la rendant borgne par la faute de son héros.

Le dessin de Philippe Berthet, par sa perfection formelle, accentue encore ce côté lisse. Certes, on ne s’ennuie pas et le lecteur « marche » dans le récit, mais ce qu’il en reste, une fois l’album refermé, s’efface comme un songe au petit matin. Dommage.

XIII Mystery : Irina – Par Corbeyran et Berthet – Ed . Dargaud

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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12 Messages :
  • une fois rangé sur l’étagère, il ne me restait de ce livre que la note du libraire... rien à ajouter.

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    • Répondu le 9 novembre 2009 à  16:11 :

      Ceci me rappelle ce qu’on voit sur les suites de la trilogie starwars en BD, on prends des personnages secondaires, à peine entrevus dans les films, et on leur invente une vie, un passé, à quand les neveux des Dupont(d) ou le fils caché de la castafiore !!!

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      • Répondu par Oncle Francois le 9 novembre 2009 à  19:59 :

        Vous m’inquiétez, messieurs. Je viens d’acheter cet album que je n’ai pas encore lu. J’apprécie le trait "réaliste ligne claire" de Berthet, et même s’il s’agit d’un "spinoff" comme on dit vulgairement pour paraitre branché, j’espère en goûter la lecture. Le trait de Berthet est idéal pour le glamour (genre bien sympathique), mais peut-être trop lisse pour bien retranscrire la noirceur d’Irina. J’espère ne pas être trop déçu, sinon je demanderai éventuellement un échange standard à mon libraire. Normalement monsieur Van Hamme a veillé sur l’élaboration de ce livre, donc s’il lui a donné sa bénédiction, c’est sans doute qu’il l’approuve. Il faut voir les choses du bon coté !

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        • Répondu par 123456 le 15 novembre 2009 à  19:07 :

          D’un autre côté Van Hamme avait fait l’éloge de XIII Mystery : La Mangouste alors que c’est complètement incohérent avec la série. Je sais pas, peut-être qu’il ne voulait pas froisser les auteurs. Ça se comprend après tout, si j’étais à sa place... Quand quelqu’un te file le résultat d’un an de travail, ça doit être difficile de dire : "pas question, cette bd ne sortira pas, après tout je suis Jean Van Hamme, l’inventeur de XIII et j’ai tous les droits !".
          Le projet XIII mystery semblait une bonne idée au départ, mais pour l’instant je suis un peu déçu par le résultat.

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    • Répondu par joel le 10 novembre 2009 à  06:14 :

      et bien echange le et arreté de vou pleindre ! c’est du classique et ca se lit comme tel ! c’est professionnel !ceux qui sont pas content on cas lire du trondheim, blain sfar et autre larcenet ou on comprend rien au scénario et au dessin, eux ils cherchent encore des lecteurs pour vivre de leur gribouillons !

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      • Répondu par Sergio Salma le 10 novembre 2009 à  12:38 :

        cher Joël, vous allez être déçu. Renseignez-vous auprès des libraires quant aux ventes des 4 tomes du combat ordinaire de Larcenet et du chat du rabbin de Sfar. Après ça , vous serez encore plus fâché.

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        • Répondu le 10 novembre 2009 à  17:08 :

          ben si vous êtes nombreux a ne pas avoir de gout (a mon gout) ! larcenet bientot sort un album par trimestre alors il n’y a plus de place pour les vrais auteurs ! entre les manga et soit disant la nouvelle vagues venant entre autre de l’association il est normale que le marché de la BD sature un max !

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          • Répondu le 10 novembre 2009 à  18:33 :

            S’il y a 4800 sorties par an, environ, c’est quand même pas dû à Larcenet tout seul ou aux membres de l’assoce ????

            Regardez plutôt du coté des Bd de métiers à la mord moi le neutron :
            Les plombiers, les maçons, les platriers, les pompiers, les pressing, les postiers, les fonctionnaires, les strip tiseuses, vélos, les ratons laveur ...

            Là ça sature bien , effectivement.

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            • Répondu par Oncle Francois le 11 novembre 2009 à  11:53 :

              Ce n’est pas génant, ce sont des livres (j’ai failli dire produits !!) qui se vendent à l’écart de la librairie traditionnelle BD. Carrément en super ou hyper-marchés, où un clientèle populaire va faire ses courses une fois ou deux par semaine. Parkings géants pour voitures, main d’oeuvre de jeunes stagiaires exploités, produits achetés en Chine et petits fournisseurs locaux étranglés. Grrr !

              Mon libraire m’a dit que si des éditeurs réputés sérieux (Casterman, Delcourt)se mettaient à faire des livres de beaufs (blagues belges, Bigard ou Elie Semoun, Mimi Mathy en BD), c’etait justement pour faire du fric en hyper marchés !!

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          • Répondu par Oncle Francois le 10 novembre 2009 à  19:01 :

            Je ne peux que confirmer que Trondheim, Sfar et Larcenet sont les chefs de file créatifs et quantitatifs du mouvement indé, avec une moyenne de 4 à 5 bouquins par an (si on a une accalmie du coté de Sfar, c’est uniquement grace à son film sur Gainsbourg).

            D’ailleurs les deux premiers sont directeurs de collection, ce qui leur permet de publier (sans prendre trop de risques financiers) les bouquins de leurs copains de l’Association de Menu chez Delcourt ou Gallimard. Larcenet n’est pas en reste, il a créé sa propre maison d’édition (les grèveurs du rhume ou les creveurs de rhume, je crois, où il publie notamment les livres de ses amis Carlos Nine et Casanavet.

            Il est vrai qu’il est plus économique de collectionner Bourgeon, Jacobs, Bilal ou Hislaire, auteurs plus lents (ou soigneux, ou appliqués, ou exigeants, je vous laisse deviner l’adjectif qui convient le mieux !°).

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    • Répondu le 21 novembre 2009 à  16:13 :

      par rapport à toutes les remarques, pour ma part j’ai bien aimé. Après il faut prendre ces complements pour ce qu’ils sont : des histoires complémentaires à celle de départ. l’histoire de départ devient un lieu de rencontre entre les personnages.

      Que ce soit ici ou pour l’exemple de star wars, j’aime bien ce principe, et je ne suis pas déçu car je n’attend pas que ça égale l’histoire principale.

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  • Moi personnellement, je n’ai pas eu envie de l’acheter ! la couverture n’est guère attirante, et un rapide feuilletage a achevé de m’en éloigner... Désolé pour le travail fourni.

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