Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 2 février 2012 à 08:21 :
Cher Jean-Paul,
Tu m’appelles « monsieur » maintenant ? J’ai vraiment dû te vexer sans le faire exprès. Reprenons ce que tu m’objectes.
Non, non. C’était juste une déférence bien justifiée. Je n’oublie pas l’autorité qui est la tienne, et ceci n’a rien d’ironique.
Que Moliterni ait ou non « entrav(é) que dalle » ne change rien au fait qu’au début des années 1980, la face publique et internationale de Tezuka, présentée par l’auteur et sa compagnie, était celle d’un auteur de dessins animés, une sorte de Walt Disney nippon.
Je ne le conteste pas. Il est invité à ce titre à Annecy à peu près à la même époque (il revient d’ailleurs plusieurs fois en France).
Quand je dis que les fans ont voulu avoir accès aux bandes dessinées d’origine, je ne fais pas référence aux fans de Tezuka mais aux fans de dessins animés japonais de l’époque. On aime bien « Goldorak » ? On aimerait voir du Go Nagai. On apprécie « Dragon Ball » ? On demande à lire la BD de Toriyama. Les premiers mangas publiés en France à la fin des années 1980 et au début des années 1990 avaient presque toujours engendré un dessin animé : « Akira », « Dragon Ball », « Video Girl », « Ranma 1/2 »…
Ils étaient alors une poignée et plutôt mal vus, notamment par une certaine... Ségolène Royal qui a fini par avoir la peau de Dorothée, on s’en souvient. Dans les milieux autorisés de la BD (je pense aux fameux Cahiers, aux fanzines...), la BD japonaise n’existe pas.
Par rapport au « Cri qui tue », je crois que tu sous-estimes la diffusion de cette revue. Pour ma part, je l’achetais chez mon marchand de journaux, pas en librairie spécialisée BD.
Je reconnais mon erreur sur ce point. J’ai écrit trop vite, comme c’est souvent le cas dans les forums. Il fallait que son éditeur, Atoss Takemoto, soit japonais, soutenu par le librairie suisse Rolf Kesselring, pour que cette folie soit possible. Tout cela est d’ailleurs très bien documenté aujourd’hui
Il me semble que tu te méprends au sujet du numéro de commission paritaire. Il n’est pas nécessaire d’en avoir un pour qu’une revue soit diffusée en kiosque, que ce soit par les N.M.P.P., les M.L.P. ou un autre système comme la diffusion directe mise en place par Elvifrance pour ses pockets. Le numéro de commission paritaire donne certains avantages postaux (et fiscaux ?) mais ce n’est pas un blanc-seing pour être diffusé en kiosque.
Je suis d’accord avec ceci à une nuance près, car je l’ai moi-même expérimenté : quand tu es une revue étrangère -ici la revue est suisse- les tarifs sont considérés comme "import" et bien plus largement chargés de coûts de diffusion par les diffuseurs. Par ailleurs, le directeur de publication est domicilié au Japon, ce qui rendait impossible l’attribution du fameux numéro que la commission prétendait refuser à (A Suivre) à la même époque, si mes souvenirs sont bons.
Sinon, cette expression un peu démago « ne prenez pas nos lecteurs pour des billes », j’ai l’impression que tu aimes bien l’utiliser, non ?
Allons, allons, tout de suite les grands mots : "démagogue", pour l’usage d’une expression familière même pas insultante. En fait, c’est moi qui ait du te vexer. Si c’est le cas, pardonne-moi.
François Corteggiani a rencontré Tezuka à Angoulême en 1982, mais aussi Jean Giraud/Mœbius, que Tezuka fit inviter au Japon. Dans la BD que Tezuka a consacrée à son séjour à Angoulême, il se représente en train de signer des livres à un stand japonais en compagnie de Yoshihiro Tatsumi (également publié dans « Le Cri qui tue »). Par la suite, le Japon fut pays invité en janvier 1991, date à laquelle parut le livre de Thierry Groensteen « L’Univers de mangas ». Si c’est à cela que tu fais allusion quand tu dis qu’il « mit la BD japonaise en avant à Angoulême », ce n’était pas « presque vingt ans » après la venue de Tezuka, mais juste neuf.
OK, je m’embrouille dans les dates. Mais Le Cri qui tue paraît en 1978, soit 13 ans avant 1991. L’introduction des BD japonaises en Europe vient d’Italie, au début des années 1970, soit une vingtaine d’années auparavant. Tezuka est invité (probablement par Moliterni, poussé par Koseï Ono) en 1982...
Quand je parle de cette méprise de la BD japonaise, je fais allusion aux Mémoires de Pierre Pascal, alors directeur du Festival et qualifié en 1981 de "pape de la BD" par Le Monde. Le vainqueur de "La Tête et les Jambes" ignorait que Tezuka était un immense auteur de BD. Quand on feuillette Le Cri qui tue, aucune mise en avant spéciale n’est d’ailleurs faite, y compris pour Tatsumi. Ce qui est évident pour Takemoto ne l’est pas pour nos spécialistes de BD -toutes les encyclopédies des années 1970 et début des années 1980 l’ignorent. Qu’on ne vienne pas me dire qu’on a déroulé le tapis rouge aux Japonais avant les années 1990 et le succès d’Akira...
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Répondu par David Yukio le 2 février 2012 à 18:43 :
Bonjour,
Je me permets d’apporter mon grain de sel à la discussion puisqu’on fait référence à mon blog www.japon.canalblog.com ; merci au passage, ça fait toujours plaisir de voir son "travail"" reconnu.
D’après mes recherches, c’est dès les années 60 voir 50 que des mangas de samouraïs ont été traduits en France dans la revue "Budo Magazine Europe"
http://japon.canalblog.com/archives...
puis, ça a continué pendant trois ans dans la nouvelle formule de ce magazine au début des années 70
http://japon.canalblog.com/archives...
Et peut-être que quelqu’un ici pourra m’aider, mais j’ai trouvé dans un article http://japon.canalblog.com/archives... qu’à la fin de l’année
1970 une exposition sur les mangas avait eu lieu, organisée par Kosei Ono et Claude moliterni à Paris ! C’est bien en 1970 et pas à la fin des années 70...
Je suis preneur de toute info sur cet évènement qui semble être oublié...
Si ça vous intéresse, j’ai scanné et recopié sur mon blog les articles parus dans les années 70 dans Phénix et dans les années 80 dans la revue "Les cahiers de la bande dessinée". Il y a aussi un historique plus complet ici sur tout ce que j’ai pu trouver sur l’arrivée des mangas et animes en France :
http://japon.canalblog.com/archives...
David Yukio
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Répondu par David Yukio le 2 février 2012 à 19:21 :
Ah, dernière chose, je recherche aussi des infos sur la version de Mangazone des années 80... extrêmement difficile à avoir.
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Répondu le 15 février 2012 à 00:11 :
Et peut-être que quelqu’un ici pourra m’aider, mais j’ai trouvé dans un article http://japon.canalblog.com/archives... qu’à la fin de l’année 1970 une exposition sur les mangas avait eu lieu, organisée par Kosei Ono et Claude moliterni à Paris ! C’est bien en 1970 et pas à la fin des années 70... Je suis preneur de toute info sur cet évènement qui semble être oublié...
J’interroge aujourd’hui Kosei Ono.
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Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 20 février 2012 à 15:13 :
Kosei Ono me confirme qu’il a nullement contribué à cette exposition.
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Répondu par David Yukio le 20 février 2012 à 20:36 :
ARGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGGH !
Mais c’est quoi cette embrouille ? Les articles que j’ai lus dans Phénix étaient pourtant clairs...
Ok, je viens de les relire et, au vu du dernier message, il faut comprendre que cette exposition a été organisée uniquement par claude Moliterni. Il a exposé des extraits de mangas mais sans légende, sans nom ni titre et que c’est seulement après cette exposition que Kosei Ono aurait travaillé avec lui...
Merci pour ton aide Didier, j’attendais une autre réponse mais c’est mieux que rien.
Au fait Didier, j’ai trouvé sur Internet une adresse au japon qui serait celle de Kosei Ono. Je lui ai écrit mais je n’ai pas eu à ce jour de réponse, sais-tu s’il a bien reçu ma lettre (mon nom de famille est Dubois) ?
Est-ce que tu pourrais demander à Kosei Ono s’il sait quand précisément a eu lieu cette exposition ? Si oui, j’essaierai de consulter des journaux de cette époque à la Bibliothèque de France.
Cordialement,
David Yukio
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