
Dans une sélection toujours éclectique, le jury présidé par Spielgelman a privilégié des récits d’éditeurs alternatifs, audacieux et engagés. Un palmarès en dehors des sentiers battus qui poussera peut-être le lecteur vers de nouveaux horizons...
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Nous analyserons prochainement plus en profondeur les choix du jury présidé par Art Spiegelman, mais il apparaît clairement que l’auteur et l’éditeur américain a privilégié ses choix de vie : des récits fort et engagés qui cultivent l’audace, tout en saluant Carl Barks, un des pionniers américains.
Voici le palmarès, comme si vous y étiez :
Fauve d’Or - Prix du Meilleur Album : Chroniques de Jérusalem. Par Guy Delisle (Delcourt)
Ce prix du meilleur album vient saluer un auteur authentique qui parvient à dépeindre une réalité souvent ardue avec un dessin empreint d’une fausse naïveté. Ce prix du meilleur album consacre d’ailleurs le dernier de cette série, car après Shenzen, Pyongyang et Chroniques Birmanes, Delisle nous a expliqué que Jérusalem serait son dernier voyage de ce type.
Fauve d’Angoulême - Prix Spécial du Jury : Frank et le congrès des bêtes. Par Jim Woodring (L’Association).

Fauve d’Angoulême - Prix du Polar - SNCF Intrus à l’étrange - Par Simon Hureau (La Boîte à bulles). Le jury décerne une mention spéciale à l’album La Faute aux Chinois - Par François Ravard et Aurélien Ducoudray (Futuropolis)
Fauve d’Angoulême - Prix de la série : Cité 14 - Par Romuald Reutimann et Pierre Gabus (Les Humanoïdes Associés)
Après avoir vécu une première saison totalement bouleversante d’innovation chez Paquet et avoir été sélectionné au trente-sixième festival d’Angoulême, Cité 14 a enfin pu poursuivre ses aventures aux Humanoïdes Associés. Une ’reprise’ juste pour cette étonnante série, qui remporte un Fauve avec mérite .
Fauve d’Angoulême – Prix Révélation : T.M.L.P. (Ta Mère La Pute) - Par Gilles Rochier (6 pieds sous terre)
Fauve d’Angoulême – Prix Regards sur le Monde : Une Vie dans les marges T1 - Par Yoshihiro Tatsumi (Cornélius)
Fauve d’Angoulême – Prix de l’Audace : Teddy Beat - Par Morgan Navarro (Les Requins Marteaux)
Fauve d’Angoulême – Prix Inter-générations : Bride Stories T1. Par Kaoru Mori (Ki-Oon)
Fauve d’Angoulême – Prix du Patrimoine : La Dynastie Donald Duck – Intégrale Carl Barks T4 - Par Carl Barks (Glénat)


Fauve d’Angoulême – Prix du Public Fnac : Portugal - Par Cyril Pedrosa (Dupuis)
Nous lui avons d’ailleurs consacré récemment un plein article
Fauve d’Angoulême – Prix Jeunesse : Zombillénium T2 : Ressources Humaines - Par Arthur de Pins (Dupuis)
Fauve d’Angoulême – Prix de la Bande Dessinée Alternative : La revue Kus !, un fanzine letton entièrement dédiée aux femmes.
Et la cérémonie se termine sur un hommage à Fred, dont le Petit Cirque vient de ressortir récemment...


(par Charles-Louis Detournay)
(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Le prix spécial du jury est pour "Frank et le congrès des bêtes" de Jim Woodring, de très loin le plus beau livre de ce palmarès ! Pourquoi l’éliminer ?
Merci de votre vigilance, la confusion vient d’être corrigée. Le jury a également accordé une mention spéciale dans la catégorie polar. Mais vous avez raison, le Fauve Prix du Jury revient au seul Jim Woodring.
Je bassine mes amis depuis des mois avec cet album ! Je trouve que c’est une très bonne nouvelle de voir une oeuvre de cet artiste si original et unique récompensée.
Un palmarès en dehors des sentiers battus, qui poussera peut-être le lecteur vers de nouveaux horizons...
Un palmarès qui montre de plus en plus l’écart entre le festival et la production annuelle... et la confusion (la faute à la profession) entre des prix de festivals et des meilleurs albums de l’année...
Bravo à Portugal et à Bride Stories. Mais rien pour Polina, et surtout rien pour Quai d’Orsay... Quel dommage...
Quai d’Orsay n’ayant pas été nominé, il aurait été difficile de lui décerner un prix...
Quai d’Orsay ne figurait pas dans la sélection car sorti après le 1er décembre. Il pourra concourir dans la sélection du 40ème festival.
Si il était nominé dans la sélection officielle (tome 2)
Avec Spielgelman c’était évident que Delisle serait récompensé, alors que c’est un des plus mauvais auteurs qui soient en plus d’être un dessinateur plus que médiocre (et souvent confus dans ces dessins, lui-même ne doit pas savoir ce qu’il dessine parfois, il doit faire certains trucs d’après photo).
C’est très beau, cette capacité à enfiler ce genre d’inepties avec une telle sérénité.
Si c’était le cas, cet auteur n’aurait pas autant de succès en librairie (de plus en plus grandissant).
Vous savez que Michel Drucker est un sérial vendeur en librairie, ça n’en fait pas pour autant un auteur de la Pléiade...
Delisle ne passe quand même pas autant à la télé :)
Parce que la culture ne passe plus à la télé ; Mais sur Radio France on en a bouffé du Delisle en promo, sur toutes les antennes, Culture, RFI, Inter, le Mouv, Info, il devait avoir un forfait c’est pas possible
Désolé je réagissais à cette phrase que je ne trouve pas universelle :
Si c’était le cas, cet auteur n’aurait pas autant de succès en librairie (de plus en plus grandissant).
Il y a tellement de choses qui marchent qui mériteraient d’aller dans le caniveau.
Sur le reste, je serai très content de voir Delisle à la TV et je suis très heureux de son succès :-) En revanche Drucker me fait vomir.
J’ai vu Delisle à 3 reprises cette semaine à la télé et il est passé sur France inter aussi, c’était la hype du moment (alors que son livre est franchement indigent).
Livre beaucoup trop long, oui ! Je l’ai commencé, il est clair que l’auteur ne sait pas synthétiser son discours, sinon, il aurait fait deux fois moins de pages et aurait deux fois plus d’impact !! C’est dommage. Mais Spiegelman l’a t’il lu en français ou l’a t’il juste choisi sur son titre ? Telle est la question...
Ha Pincemi ! Toujours aussi subtil ! Vous insinuez quoi, là ? Que Spiegelman étant juif, il aurait choisi aveuglément un livre parlant de Jérusalem ? Vous vous relisez parfois ?
Et hop un point Godwin pour Le Monte-en-l’air !
Il l’a lu en anglais, en avant-première, le livre sort bientôt aux états-unis.
Je ne crois pas que Spiegelman y soit pour quelque chose, par contre le tentaculaire Jean-Christophe Ogier, oui... Je suis tout à fait d’accord avec vous à propos de la complaisance et la médiocrité de Guy Delisle. Ce qui est regrettable c’est qu’aucun(ou presque)journaliste et jury ne soit souvenu du débat à Angoulême pendant lequel Delisle s’était fait ridiculisé par Frédéric Debomy (un spécialiste de la Birmanie). Debomy avait indexé en public toutes les erreurs et les contre-vérités de son livre... c’était très révélateur.
Du tout : Spiegelman a défendu Delisle avec des arguments en béton (et il a rajouté en rigolant que ça lui avait évité d’avoir à aller visiter Jérusalem). Autant je partage votre point de vue sur les Chroniques birmanes qui s’apparentaient plutôt à des chroniques de jeune papa, autant je trouve que ses Chroniques de Jérusalem sonnent juste. Et puis à sa décharge, il n’a jamais prétendu faire du journalisme...
Prix du patrimoine pour la Dynastie des Ducks ? C’est super ça, Glénat a fait un boulot si considérable là-dessus, j’espère que le Corriere della Sera se sentira honoré : http://www.corriere.it/iniziative/d...
Alors soyons complet et ayons une pensée pour les perdants, Fantagraphics ou encore IDW…
Le travail de Glénat sur l’intégrale Carl Barks est TRES LOIN d’être exemplaire...
Pourquoi ? Je connais pas cette édition, c’est quoi les défauts ?
Déjà qu’il se limite à la traduction du travail d’un autre éditeur (Comme pour les Peanuts et Terry en effet), mais en plus ils n’ont même pas été fichu de choisir une belle édition : format mettant peu en valeur l’œuvre, couleur fades aplatissant le magnifique trait, très peu d’appareil critique... C’est délirant, c’était vraiment le pire des sélectionnés (les deux cités plus hauts se basent au moins sur une édition réussie) et voir ce massacre de l’oeuvre de Barks battre Nausea (un chef d’oeuvre), le très beau travail de redécouverte de Pierre Guitton ou même le travail de mise en valeur de Chott dans les intégrales Fantax c’est du pur délire.
Avec cette onction officielle, ce n’est pas demain que les non anglophones pourront lire Barks comme il faut (hormis dans Picsou mag en achetant les vieux numéros)
Content d’avoir pu crever l’abcès avec mon commentaire ironique (le 1er). A noter qu’on ne peut même pas vanter leur travail de traduction puisqu’ils se sont contentés de récupérer celles effectuées par Jean-Paul Jennequin dans Picsou Mag il y a bien des années (ok, sur ce point je veux bien admettre que If it’s not broken why fix it ! Pour tout le reste, rien de plus à ajouter à vos commentaires)
Fauve d’Angoulême – Prix Révélation : T.M.L.P. (Ta mère la pute) - Par Gilles Rochier
Donc la révélation c’est Ta mère la pute. Vous sentez pas le malaise ? Non ? Vraiment ?
Notez que c’est vraiment une révélation, parce que je croyais que ma mère était fonctionnaire à l’urbanisme.
Merci de m’avoir bien fait rire !!!!
Ta mère la pute - prix révélation ??? L’extrême laideur de bonhommes branquignollants combinée à quelques gros mots en guise de scénario. On ne sait plus quoi inventer chez les snobinards parisiannistes charentais...
mais on frôle le n’importe quoi, les prix se remettent entre amis, et on met en avant des "dessinateurs" qui ont autant talent qu’une boite de choucroute. Quelle laideurs dans les couleurs, et sans parler de se trait totalement parigot et dans la tendance actuelle d’une nouvelle BD qui sent déjà le sapin.
"Je surpasse les amateurs, je suis le sur-amateur ; les professionnels sont des pompes à merde". Francis Picabia. Et je rajouterais : les commentateurs aigris en sont aussi !
Donnez un prix à Morgan Navarro pour sa BD/Cul Teddy Beat c’est vraiment encourager l’amateurisme. L’année prochaine Mimistinguette,Simon Roussin ou Anouck Ricard ont toutes leurs chances.
Ha mais Simon Roussin et Anouk Ricard sont passés à un cheveu d’avoir un prix si vous voulez savoir, et à juste titre ! Cela s’appelle avoir du discernement, ce dont vous manquez assurément...
A moins que ça s’appelle être branchouille, comme l’est assurément votre librairie.
Vous confondez avant-garde et branchitude : les branchés arrivent après la bataille, ce qui n’est pas le cas de ma librairie. Vous êtes brouillon et amer, cher monsieur.
Comme vous avez raison, l’approximation est un fléau ! Je parlais de branchouillardise et non de branchitude, la nuance mérite d’être notée. Vous êtes brouillonne et peu objective, chère librairie. Extralucide qui plus est, en étant à même de déterminer mon amertume à partir d’une courte phrase (Oh mon dieu oui, vous m’avez perçé à jour, j’ai toujours rêvé d’être un libraire pour bobos faisant du pince-fesses dans des vernissages compassés ! Et puis vous m’expliquerez en quoi c’est une façon de défricher, ça m’intéresse.)
Vous êtes au-delà de l’approximation, vous êtes dans l’amalgame crétin ! Mettre dans le même sac Morgan Navarro, Simon Roussin, Anouk Ricard et Mimistinguette, c’est faire preuve d’un aveuglement (pour ne pas dire d’une bêtise) insondable. Et crier au bobo quand on est à court d’argument, c’est lassant : ouvrez un dictionnaire à la lettre "B" comme bourgeois (Larousse au hasard : "Qui va dans le sens du conservatisme, du respect des conventions sociales") - vous êtes en plein dedans, cher ami.
Mettre dans le même sac Morgan Navarro, Simon Roussin, Anouk Ricard et Mimistinguette
Ah il ne faut pas ? Expliquez-nous alors, faites la distinction pour nous, moi je n’y vois que du dessin d’amateurs pas doués.
Bah... Un genre d’Histoire de l’art pour les nuls, ça doit exister dans le commerce, non ?
Un genre d’Histoire de l’art pour les nuls
Je ne vois pas le rapport entre Morgan Navarro, Simon Roussin, Anouk Ricard, Mimistinguette et l’art, en revanche je vois le rapport avec les nuls...
Il n’y a qu’une façon de clôturer ce débat (qui n’en est pas vraiment un - plutôt un tartinage de ressentiment atrabilaire) : gnagnagnagnagna.
Je vois que les commentaires sur ce site volent toujours aussi haut. Bravo !
Ah très bien. C’est à cause de gens comme vous que les prix de bande dessinée ne veulent rien dire. Continuez à défaire ! Merci pour les auteurs.
Parler d’"amateurisme", sous entend qu’il existe du "professionnalisme". L’idée de labeur, de travail "bien fait", de codes respectés, etc, n’est souvent pas très éloignée de cette notion de "professionnalisme", notions qui me semblent souvent erronées pour parler d’un art.Tout comme les notions de "brouillon" ou de "projet fini" peuvent finalement s’entrecroiser, se répondre, se nourrir l’un de l’autre, le "brouillon" n’étant pas forcément moins "bon" que le "projet fini", etc. Pour en revenir au travail de Morgan Navarro, ou d’Anouk Ricard, ce sont deux approches singulières de la bande dessinée, tout comme le travail de Simon Roussin. Parler les concernant d’amateurisme ou de professionnalisme me semble un peu hors de propos. Ce sont des gens qui explorent, qui expérimentent : le propre de tout acte artistique. Morgan Navarro ne me semble pas briller ni pour son "amateurisme" ou son "professionnalisme" ! Cela convient aussi pour Mimistingette (qui en revanche n’explore pas grand chose ) La chose sensible se situe forcément ailleurs... (À part ça je serais curieux de savoir qui estimez vous comme "professionnel" ?) Et puis parce que qu’on y est faisons un jeu à la con : Jacques Tardi est moins professionnel que Enki Bilal, Titeuf est plus amateur que Robert Crumb, Marc Boutavant est plus professionnel que Julie Doucet, Stéphane Blanquet est un amateur à côté de Peyo, Hugo Pratt est moins professionnel qu’Alberto Breccia, Jim Woodring est plus amateur que William Wance, Winshluss est beaucoup moins professionnel que Christophe Blain, Danny Steve est une amatrice à côté de Aude Picault, Philippe Vuillemin est plus professionnel que Blex Bolex, Mathieu Sapin est moins amateur que Marc Caro, Edika est plus amateur que Stassen, Willem est moins professionnel que Arleston, etc, etc... : Un bon tissu d’inepties !
Là où je suis étonné c’est de voir l’excellent TMLP en prix révélation, prix réservé à un auteur ayant 3 albums maximum à son actif (cf règlement du festival), alors que Gilles Rochier en a déjà réalisé bien plus que cela en 15 ans de carrière, au moins 4 livres chez six pieds sous terre et 2 chez Groinge...
Je me suis posé la question moi aussi mais il s’agissait de petits ouvrages très confidentiels. Cela dit, ce sont des livres tout de même :) Bon, ce n’est pas si grave : TMLP, qui a déjà fait l’objet d’une réédition, est une réussite majeure et Rochier une vraie révélation alors que nous n’étions que quelques uns à le suivre jusqu’à présent.
Les autres ouvrages dont je parlais (3 de Six pieds sous terre et 2 de groinge) sont aussi confidentiels que TMLP, ils sont diffusés en librairie, toujours disponible, etc. Il ne s’agit pas de ses fanzines (En vrac, Igor et autres Tonton) ou tirages confidentiels. Mais le prix est donné, il permettra à certains de découvrir Gilles Rochier, c’est très bien.
On a considéré que la plupart de ses autres titres étaient des "nouvelles" plus que des albums. C’était un peu tiré par les cheveux mais bien mérité !
Monsieur le montre-à -l’air, vous semblez bien informe sur Angougou. Feriez vous par hasard partie du jury ? Avez vous participé à l’élaboration de la liste ?
Oui. Mais je n’étais pas membre du comité de pré-sélection.
Ça fait un bien fou de voir un tel palmarès ! Il ne s’agit pas de dresser les auteurs les uns contre les autres mais les prix sont là pour mettre - un peu, juste un peu - sur le devant de la scène des talents dont on ne parle pas assez. Alors oui, vive Jim Woodring, Gilles Rochier, Morgan Navarro et Simon Hureau ! Et lisez leurs livres !
Les palmarès sont à même de vous faire "un bien fou" ?! On en apprend tous les jours. (Quant à lire leurs livres je peux pas, j’ai piscine.)
n’en déplaise aux gros éditeurs aigris, oui ça fait du bien
Il me semble reconnaître sur la photo, accroupi et souriant, l’ami Bernard Joubert, quid ?
Oui, Joubert : il a reçu le prix Bande dessinée alternative en l’absence des éditeurs de Kus !
Ah ! je me disais bien, avec ce pull-over, ça sentait le grand froid… ! :-)
Bonjour tout le monde, pour rappel,on a déjà discuter ici des prix d’Angoulême et de leurs influences quasi nules sur l’avenir d’un livre de bande dessinée. Cette dernière ne profite d’aucune promotion valable, en tout cas pas comme la chanson,le cinéma ou la littérature, jamais vous ne verrez un auteur de BD dans les talk show de Ruquier, Bilal ou Sfar peut- être parce qu’ils sont devenus des cinéastes. Il y a eu une exception l’année dernière avec la fille du chanteur Renaud qui avait pondu un "petit truc graphique" et de ce fait avait été invité à en parler, un honneur pour elle mais aussi une bonne claque à tous les artistes qui essayent de faire de vrais livres de bandes dessinées, je pense à Blutch ancien grand prix D’Ag. et qui a eut toutes les peines du monde à trouver un éditeur pour son dernier livre, le magnifique "pour en finir avec le ciméma". Je pose une question : discutons-nous dans le vide ?
Oui, plutôt.
Globalement, le festival d’Angoulême et les prix qui y sont décernés n’intéressent qu’une infime minorité de lecteurs.
Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas en parler bien sûr, mais n’allez pas croire que ça intéresse grand monde.
Demandez à un quidam qui a obtenu le prix du meilleur album l’année dernière, vous comprendrez.
Boaf, demandez également qui a eu le Goncourt, la palme d’or à Cannes, l’Oscar du meilleur film...demandez également quel prix on décerne au meilleur jeu vidéo...ou encore le nom des 3 agences de notation avec lesquelles on nous rebat les oreilles en permanence..y’aura pas non plus beaucoup de bonnes réponses je pense...
Ben oui, c’est même le principe !
Of course, beaucoup de vent pour pas grand chose (malheureusement...). Le chiffre d’affaire global de la BD est bien pâle à côté de ceux du ciné, de la musique ou du jeu vidéo !
Malgré ce que laisse penser la photo des lauréats, il n’y a que des hommes dans le palmarès. Bon, c’est vrai, il n’y avait pas beaucoup de femmes non plus dans les nommés, mais là, pas une seule dans les récompensés ! Il me semble pourtant que la BD faite par des femmes prend une place importante aujourd’hui dans les ouvrages qui sortent, et pas que pour la quantité, pour la qualité aussi. C’est un peu phalo tout cela, non ? (NB : je suis un homme)
En même temps quand on nomine Anouk Ricard, il n’y a pas lieu de s’offusquer qu’elle ne soit pas primée, c’est le contraire qui serait scandaleux. (NB : je suis une femme)
J’aimerais bien que les deux-trois personnes pleines de fougue, d’audace et - dirais-je même - de courage, qui postent régulièrement des messages particulièrement méprisants sur le travail d’Anouk Ricard m’expliquent ce que celui-ci a de si infâme....
Mais, cher Gérald, ce sont les éternels conformistes petits-bourgeois qui ne supportent pas ce qui ne rentre pas dans leurs toutes petites cases !
Non mais je comprends bien quand ces mêmes personnes attaquent le boulot de Simon Roussin avec des arguments pleins de finesse tels que "mon neveu de trois ans en ferait autant", mais il me semble que le travail d’Anouk, une des meilleures choses à mon avis qui soit arrivée à la BD jeunesse et humoristique ces dernières années, est quand même assez classique (formellement parlant), dans la lignée de dessinateurs de Pif gadget tels que Poirier, Kramb ou Roger Mas. Mais peut-être que je suis dans l’erreur et que Pif était une revue undergound...
Faute de frappe : "Kamb" pas "Kramb".
Ah, ça fait du bien de vous lire, les deux "G" ! Évidemment qu’Anouk Ricard est une des grandes de ce temps. Et c’est beaucoup mieux que Pifou, mon cher Gérald !
Christian, je ne faisais pas de jugement de valeur entre le boulot de Roger Mas et celui d’Anouk Ricard. Personnellement, je garde un excellent souvenir de Pifou et plus généralement des histoires humoristiques dans Pif, pleines de tendresse et de poésie. Je notais simplement une filiation qui me paraît évidente. On pourrait aussi lier son travail avec celui d’un certain Charlie S.
Vous comparez Anouk Ricard avec Schulz ???? Heureusement pour vous que le ridicule ne tue pas.
Heureusement pour vous oui... Car je parlais de Charlie Schlingo !
J’ai lu Schulz aussi, il est plus connu faut dire.
Après un argument massue aussi profond, je reste bouche bée.
Mais tout ça ne répond pas à ma question. Je la reformule donc : les quelques personnes qui tapent sur le boulot d’Anouk Ricard pourraient-elles me donner des arguments pour étayer leurs dénigrements ?
C’est sûr qu’on aurait aimé voir une Marion Montaigne dans ce palmarès, par exemple.
Non, il n’y a pas que des hommes dans le palmarès. Kaoru Mori, l’auteure de "Bride Stories", est une femme.
Donner ce prix à Delisle est symptomatique de la torpeur contemporaine. Son livre est un bol d’eau tiède, jamais pertinent ni impertinent, voulant avoir l’air de ne pas y toucher, surtout ne pas prendre parti tout en jouant les faux naïfs. Pas étonnant qu’avec cette lacheté il puisse faire l’unanimité d’un jury, ce n’est pas le cas des bien plus intéressants (et mille fois mieux dessinés) livres de Joe Sacco ou Maximilien Le Roy sur un thême similaire, mais avec du courage et de l’engagement.
Il s’agit du plus bel hymne bobo de l’année, emmerdant et mal dessiné, monté en soufflet par un petit milieu journalisticopantoufle qui s’exstasie devant les petits tirages, ouf ! il y a donc peu de chance que cet "objet" vienne se coincer dans la roue de votre cadie au supermarché. Pardon les arbres.
Le problème de Delisle est qu’il refait toujours le même livre depuis Shenzhen (qui était un bon bouquin). Depuis, ça se répète, ça se dilue et ça se noie. D’aucun diraient que ça cherche le consensus. C’est très honnêtement fait, je ne discute pas ça, mais assez vide et légèrement ennuyeux ...
MAIS pas de quoi non plus se fâcher tout rouge. Et cet usage du terme "bobo" pour désigner tout ce qui bouge devient vraiment une caricature aussi lamentable que la cible à laquelle elle prétend s’attaquer.
Petit tirage, petit tirage : 50 000 exemplaires au bas mot, va falloir réviser votre arithmétique, Lebon. Et puis vous me copierez 100 fois : je n’utiliserai plus le terme "bobo" dans un commentaire car ça ne veut rien dire et que ça discrédite mon propos.
Petit tirage, petit tirage : 50 000 exemplaires
Sans compter les traductions en plus. Delisle est un auteur international. Ses livres sont attendus et traduits systématiquement. Il a tout un lectorat en dehors de la francophonie que les intervenants -pourtant si clairvoyants(?)- semble totalement ignorer.
Ha ! Le courage et l’engagement ! Roulez tambours, résonnez trompettes ! C’est bon comme du sable chaud, ça, mon coco ! Des tripes ! Des couilles ! Non mais vous vous écoutez parler ?! On peut faire un livre sur Jérusalem sans marcher dans les pas de l’excellent Joe Sacco, non ?
On peut faire un livre sur Jérusalem sans marcher dans les pas de l’excellent Joe Sacco, non ?
Bien-sûr, en étant le non-moins excellent Maximilien Le Roy, qui en plus est un bien meilleur dessinateur que Delisle et Sacco, que demander de plus ? ça donne un bouquin super beau ET super intelligent.
Bon, ben comme personne ne l’a dit, je m’y colle : Les chroniques de Jérusalem est une très bonne BD et son fauve d’Or n’est pas, loin s’en faut, le pire Fauve d’Or de l’histoire du festival. Bravo à Delisle qui mérite ce prix, n’en déplaise aux lecteurs de Lanfeust et autres merveilles de chez Soleil et consorts.
Quel commentaire débile de manichéïsme, on peut ne pas être client de l’héroïc fantasy de chez Soleil ou autres et trouver que le bouquin de Delisle est mauvais, car il l’est mauvais, sur la forme et le fond, c’est mou et fade, tout ce qu’il faut pour ramasser un prix.
c’est mou et fade, tout ce qu’il faut pour ramasser un prix
Commentaire tout en finesse, à des lieues de tout manichéïsme assurément.
Vous devriez apprendre le sens des mots avant de vous ridiculiser.
En effet, le manichéisme est une doctrine religieuse ; n’est pas un peu excessif s’agissant de sensibilité en matière de bandes dessinées ?
Faut pas voir de la religion partout (disparu depuis 16 siècles),on qualifie aujourd’hui de manichéenne une pensée sans nuances,simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.
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