Astérix : La polémique

23 octobre 2005 23 commentaires
  • Alors qu'Uderzo était à la célèbre Foire de Francfort pour le lancement de sa bande dessinée en Allemagne, la polémique sur le nouvel Astérix a enflé de ce côté-ci du Rhin pour atteindre son point d'orgue le vendredi 21 octobre dans Libération où Daniel Schneidermann s'interroge sur le « pouvoir médiatix » du petit Gaulois.

Francfort, foire du livre, 15h30. Uderzo, en tournée promotionnelle, était accueilli avec faste et fierté dans ce temple de l’édition mondiale qu’est la Foire de Francfort (tous les éditeurs du monde y sont réunis une fois par an), reçu comme la star qu’il est, un phénomène de l’édition de grande ampleur comme il y en a peu dans le monde. En Allemagne, les ventes d’Astérix cumulent les 100 millions d’exemplaires, à peine moins que la France (110 millions). Dans ce pays qui adule le petit Gaulois, le nouvel opus de ses aventures est publié par les éditions Ehapa, une filiale du groupe Egmont [1]. Il occupe, comme en France, la place de la meilleure vente de l’année.

Astérix : La polémique
Albert Uderzo
Ravi de son séjour allemand. Photo:D.Pasamonik

« En 1959, nous étions trois auteurs qui en avions marre de ces éditeurs qui nous demandaient de faire du Tintin [2], témoigne Albert Uderzo devant une salle comble . Lorsque nous avons rencontré François Clauteaux et que nous avons créé ensemble le Journal de Pilote en 1959, il nous a été demandé de faire un journal et des héros « très français ». Le succès venant, on nous a très vite accusé d’être xénophobes, de faire une bande dessinée au ton cocardier... Heureusement, vous nous avez publié, ici, en Allemagne et cela a très bien marché. C’est grâce à vous que nous avons pu faire la démonstration qu’Astérix n’était pas un personnage « typiquement français », mais un personnage international qui pouvait plaire au monde entier, parce qu’en fait, tout le monde lui ressemble. » Et effectivement, le petit Gaulois amuse aujourd’hui les lecteurs officiellement en 104 langues.

Le fossé des cultures

« Il a été créé en un quart d’heure, poursuit Albert Uderzo. Quand il a fallu dessiner le village, j’avais demandé à René : on le situe où ? « Où tu veux » m’a-t-il répondu, du moment que c’est au bord de la mer afin qu’ils puissent s’échapper pour partir en voyage. Je les ai donc situés en Bretagne, car c’était la seule région au bord de la mer que je connaissais... Quand René Goscinny est mort, j’ai fait mon premier scénario. En écrivant « Le Grand Fossé », je pensais au Mur de Berlin, imaginant un fossé qui séparait le village comme le mur qui, à Berlin, divisait des familles unies... C’est marrant, personne en Allemagne n’a compris l’allusion. Chez les Belges, en revanche, il y ont tout de suite trouvé un rapport avec le fossé qui sépare les Flamands des Wallons... »

Uderzo à Francfort
avec le journaliste allemand Ulrich Wickert. Photo:D. Pasamonik

Dans le dernier album, le fossé est plus grand encore puisque nos Gaulois, comme on sait, restant dans leur village, vont rencontrer des extraterrestres. «  Il n’y a pas de raison, explique Uderzo, que les extraterrestres ne nous aient pas visités du temps des Gaulois. C’était mon idée de départ. J’ai voulu représenter ces extraterrestres sous la forme de la science-fiction des mangas et des bandes dessinées américaines avec leurs caractéristiques, comme ces Américains qui débarquent triomphalement en Irak.  »

On n’en saura pas beaucoup plus car, exceptionnellement, pour remercier les Allemands de l’accueil qui lui a été fait, Uderzo a accepté d’accorder une séance de signature à ses fans. Émeute annoncée !

Dans les coulisses, le téléphone de Bernard de Choisy, le beau-fils d’Uderzo en charge du lancement d’Astérix pour les éditions Albert-René, gigote. C’est un coup de fil de Paris. On lui parle de l’article de Schneidermann dans Libération. Un éreintement cinglant, paraît-il.

« Pouvoir médiatix »

Le dernier Astérix
La critique lui tombe sur la tête

« Attention, scoop, annonce Daniel Schneidermann, un spécialiste des médias qui s’est fait connaître pour son émission de décryptage sur France 5, « Arrêts sur images » et qui tient dans Libération la rubrique « Médiatiques », Mettons les pieds dans le chaudron, et révélons ici une vérité occultée par les médias dominants : le dernier album d’Astérix, hélas, est mauvais. [3] » car il est, dit-il, « bourré d’extraterrestres protéiformes et assourdissant de batailles intergalactiques » (sic, car toutes les batailles restent en Gaule. NDLR.). Après une critique en règle de l’album, Schneidermann s’interroge : « Pourquoi si peu de journalistes ont-ils clairement exprimé que le dernier Astérix [...] est mauvais ? Pourquoi est-il si difficile d’écrire ce que marmonnent tous les lecteurs ?...  » Il se risque à quelques explications : le bon monsieur Uderzo est sympathique, on ne va pas le blesser... Mais il y a plus grave : la presse est en quelque sorte « achetée » (Reportage exclusif concédé à France 2, Hors Série concédé au Figaro...) « Comment, après une telle « fleur », cracher dans la soupe ? » interroge sévèrement le journaliste. En fin d’analyse, il pointe du doigt une raison qui lui semble plus profonde encore : la presse est tétanisée par le phénomène Astérix, une « mythologie nationale », figée, comme devant Johnny, l’Abbé Pierre ou Zidane ! « Renonçant à exercer son droit de critique pour ne pas heurter une partie de son public, conclut Schneidermann, la presse abandonne un pan supplémentaire de son rôle de contre-pouvoir et, mécaniquement décourage une partie supplémentaire de son public. Bref, elle cherche encore sa propre recette de potion magique. »

Le dernier Astérix
Les Mangas et les Comics veulent connaître notre potion magique. (Editions Albert René)

Il nous semble manquer cet argument : la plupart des journalistes généralistes se sont interdits de critiquer l’album car, tout simplement, ils ne connaissent pas la BD. Devant un monument qui concerne autant de millions de fans, ils ont peur de dire des bêtises. La preuve, les rares journalistes qui n’ont pas hésité à critiquer vertement l’album sont Christophe Ono-dit-Biot du Point et Hugues Dayez de la RTBF, deux journalistes spécialisés en BD reconnus par leurs pairs. Le premier, cité par Schneidermann trouve l’album « mal fagoté, bancal, navrant... Le scénario, Uderzo n’est pas tombé dedans quand il était petit.  » Quant au second, un journaliste belge (« Pourquoi belge ? » s’interroge Schneidermann sans pour autant le citer), il fut parmi les premiers critiques à donner de la voix contre le nouvel album, qu’il qualifie de « n’importe quoi ».

Emballement médiatique

Hugues Dayez
Photo : DR

Il n’est pas impossible qu’Hugues Dayez, bien connu en Belgique pour sa sagacité corrosive, par ailleurs auteur de la charge anti-Moulinsart « Tintin et les Héritiers » [4] mais aussi du livre d’entretiens « La Nouvelle Bande Dessinée » [5], soit à l’origine de cet emballement médiatique. Invité jeudi dernier à l’émission de Laurent Ruquier, On a Tout Essayé, il a raconté au Soir de Bruxelles comment il en est arrivé à jouer un rôle moteur dans cette révolte : «  En fait, il y avait un embargo sur l’album jusqu’à vendredi passé. Je me le suis procuré jeudi. Je l’ai lu et dès le Journal parlé de 18 heures, j’ai fait une critique où je disais que cet album était n’importe quoi. À 19 h 30, il y a eu au JT un sujet où l’on m’interviewait et où je disais la même chose. Je ne m’imaginais pas ce que je venais de déclencher. En même temps, France 2 faisait un sujet très consensuel. Résultat : le sujet du JT de la RTBF a été repris sur TV5 le soir même et les images ont été envoyées dans les échanges EVN (NDLR : échange d’images entre les chaînes européennes). Le vendredi, France 2 passait à la fois l’interview d’Uderzo, disant en gros qu’il ne voyait que les chiffres et faisait fi des critiques venues surtout de Belgique, et la mienne. Ensuite, Europe 1 m’a appelé et même l’AFP a repris mes propos. »

En ce qui nous concerne, comme nos lecteurs ont pu le lire, nous considérons que ce débat sur la qualité du dernier Astérix est un non-évènement, un rituel qui se renouvelle à chaque sortie depuis que la série a un succès médiatique sans équivalent. Le vrai sujet, nous aurons l’occasion d’en reparler, c’est le message que délivre ce nouvel album : les mangas et les comics vont-ils envahir le marché de la BD française au point d’étouffer notre propre créativité ? Uderzo s’amuse à développer cette parabole. Quand il en parle, il a l’œil qui brille. Certains n’ont pas manqué de souligner le rôle particulièrement négatif qu’il prête aux personnages du Soleil Levant, alors que les Américains ont l’air à leurs côtés de braves cons débonnaires. En Allemagne, où les Mangas occupent désormais 75% du marché d’après l’éditeur de Tokyopop Germany, Joachim Kaps, la question interpelle. « Racisme ! » affirment les plus mangaphiles [6]. « Cela a du sens » avancent les autres. « On a l’impression, nous dit-on dans l’entourage de l’éditeur allemand de l’album, qu’ici comme en France, les critiques se décantent et que cette question-là sera à l’actualité de ces prochaines semaines. »

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Illustrations : © Albert René

[1Ce groupe publie également Astérix dans 23 autres pays dans le monde.

[2René Goscinny, Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo.

[3« Astérix et le pouvoir médiatix » - Libération du vendredi 21 octobre 2005.

[4Editions du Félin, janvier 2000.

[5Editions Niffle, janvier 2002.

[6Affirmation absurde, car il n’y a aucune incitation à la haine dans cet album.

 
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23 Messages :
  • > Astérix : La polémique
    24 octobre 2005 08:31

    Peut-être que la polémique revient à chaque nouvel album d’Astérix. Il n’empêche que si la plupart des journalistes n’osent pas se mouiller, les avis des lecteurs, tels qu’on peut les lire ici ou là (voir en vrac, sur Internet, les avis déposés sur le site de la Fnac, sur BDParadisio, BDSelection, etc.) vont à peu près tous dans le même sens. Votre site, lui non plus, ne monte presque jamais le ton, et c’est bien dommage.

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 24 octobre 2005 à  09:11 :

      Avez-vous lu "L’Invasion de la Mer" ? "Maître du Monde" ? "Voyage d’études" ? Peut-être pas. Sans doute connaissez-vous "Vingt Mille Lieues sous les Mers" ou "Le Tout du Monde en 80 jours" du même auteur. Chez chaque grand artiste, il y a des livres importants, marquants, et d’autres moins (les trois titres cités sont les derniers romans de Jules Verne). Dans nos chroniques, nous essayons de contextualiser. Ce ne sont pas quelques centaines d’internautes qui font qu’un livre est important ou non. C’est sa valeur intrinsèque, ce qu’il apporte au lecteur d’aujourd’hui puis au lecteur du futur.

      J’ai pu lire dans certains commentaires que nous avons été consensuels. C’est tout le contraire : le consensus, aujourd’hui, est d’étriper Uderzo. On peut lire : "Uderzo a dénaturé NOTRE Astérix". Je trouve incroyable que l’on n’attende même plus la disparition de l’artiste pour s’approprier ce qui lui appartient. Il y a beaucoup d’indécence dans tout cela.

      Je crois que l’histoire retiendra ce point marquant à propos de ce livre : c’est qu’il est, comme souvent dans la série, bien ancré dans les préoccupations contemporaines. Aujourd’hui, le questionnement porte sur la notion d’impérialisme, militaire mais aussi culturel. La réflexion sur l’impérialisme est au coeur des aventures du petit Gaulois. Pourquoi Uderzo ne pourrait pas aborder ce thème sur les mangas alors que Paul Gravett n’hésita pas à le faire dans un livre où il raconte 60 ans de l’histoire de la BD nipponne ?

      Que le dernier album comporte des maladresses (couleurs photoshopées, quelques séquences graphiquement pauvres,...) même Uderzo ne le niera pas. Les oeuvres de maturité ont parfois des défauts comparables aux oeuvres de jeunesse...

      Si votre reproche devait porter sur le manque de cruauté de notre critique, nous l’acceptons. Nous ne partageons pas le plaisir du spectateur qui se repaît de la mort du gladiateur dans l’arène. Astérix a toujours dénoncé ces pratiques barbares.

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      • Répondu par TheNaq le 24 octobre 2005 à  11:31 :

        J’ai pu lire dans certains commentaires que nous avons été consensuels. C’est tout le contraire : le consensus, aujourd’hui, est d’étriper Uderzo. On peut lire : "Uderzo a dénaturé NOTRE Astérix". Je trouve incroyable que l’on n’attende même plus la disparition de l’artiste pour s’approprier ce qui lui appartient. Il y a beaucoup d’indécence dans tout cela.

        Si ça ce n’est pas un argument définitif... Donc, d’après vous, un auteur qui produit une oeuvre minable et sans intérêt et qui est assassiné par l’ensemble de la critique doit être défendu car sinon on tombe dans le “consensuel” honni. Donc nous devons mettre sur le même plan (dans un tout autre domaine) "L’Homme à la tête de chou" et "L’ami Cahouette" de Gainsbourg ?

        Allons, allons, soyons sérieux, donner son avis envers et contre tous ou être dans la meute, c’est faire oeuvre de critique, donc être subjectif et choisir une posture par défaut, c’est annihiler son indépendance d’esprit.
        Concernant le dernier Astérix (que je n’ai pas lu), vous dîtes que la critique l’éreinte. Ah bon ? Je vous signale que ce n’est pas le cas à la télévision française (toutes chaines confondues) et que cette même télévision reste le premier moyen d’information culturel (et oui...) de la plupart nos concitoyens. Le papier de Schneidermann est certainement outrè, comme à l’habitude de ce journaliste, mais il a l’avantage de proposer une autre vision de ce monument dressé à Uderzo, dans lequel on oublie souvent Goscinny.

        Pour finir, s’approprier l’oeuvre d’un créateur est le fondement de la réussite de la-dîte oeuvre. S’il avait fallu attendre la mort d’Uderzo pour qu’Astérix prenne cette place privilégiée dans la mémoire collective, nous n’aurions pas ce débat, car personne ne le lirait..

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 24 octobre 2005 à  14:22 :

          "Donc, d’après vous, un auteur qui produit une oeuvre minable et sans intérêt et qui est assassiné par l’ensemble de la critique doit être défendu car sinon on tombe dans le “consensuel” honni. Donc nous devons mettre sur le même plan (dans un tout autre domaine) "L’Homme à la tête de chou" et "L’ami Cahouette" de Gainsbourg ?"

          Je réagissais à la remarque d’un lecteur qui trouvait ma critique "consensuelle", ne déformez pas mes propos, SVP. Le consensus, pour cet album, est de le démolir, oui. Cela n’a rien à voir avec de la critique. C’est une révolte consumériste, une croisade contre le marketing qui dépasse largement la question de savoir si c’est ou non une bonne BD. C’est aussi cela, le phénomène Astérix. Le mépris vis à vis d’Uderzo n’est pas nouveau : il a fallu attendre 2000 pourqu’il soit honoré à Angoulême. Nous ne faisons que le constater et nous le déplorons pour un artiste qui a fait beaucoup pour la bande dessinée et la défense de notre métier.

          "choisir une posture par défaut, c’est annihiler son indépendance d’esprit."

          Il n’y a pas de posture, juste un constat. Cet album est honnête et Uderzo s’amuse. Bon, qu’il soit moins bon qu’à l’époque flamboyante de Goscinny, je dis que cela n’a pas d’importance et l’on ne peut exiger d’un homme de l’âge d’Uderzo d’être aussi bon qu’avant. Il faut prendre Astérix dans son contexte.

          "Concernant le dernier Astérix (que je n’ai pas lu)"

          Cela ne vous empêche pas, comme à d’autres, d’exprimer une opinion...

          "vous dîtes que la critique l’éreinte. Ah bon ? Je vous signale que ce n’est pas le cas à la télévision française (toutes chaines confondues) et que cette même télévision reste le premier moyen d’information culturel (et oui...) de la plupart nos concitoyens. "

          Là, vous êtes de mauvaise foi : un petit coup de Google "actualité" sur Astérix et vous tomberez sur des dizaines d’articles majoritairement négatifs. En outre, comme mon article l’explique, France 2 et la RTBF ont laissé la parole à des voix très critiques. Donc votre affirmation ne se vérifie pas. C’est aussi ne pas chercher à comprendre comment fonctionne la télévision qui ne laisse que peu de place à la critique BD.

          "Le papier de Schneidermann est certainement outrè, comme à l’habitude de ce journaliste, mais il a l’avantage de proposer une autre vision de ce monument dressé à Uderzo, dans lequel on oublie souvent Goscinny."

          Ah Goscinny ! A vous entendre, ça vous convient qu’il soit mort. Il serait le premier à défendre Uderzo. Il n’a jamais dit : j’ai fait Astérix mais toujours NOUS avons fait Astérix. Uderzo parle TOUJOURS de Goscinny dans sa communication. D’ailleurs son nom figure sur l’album. Comment osez-vous dire qu’on l’oublie. Je le cite d’ailleurs dans ma chronique.

          "Pour finir, s’approprier l’oeuvre d’un créateur est le fondement de la réussite de la-dîte oeuvre. S’il avait fallu attendre la mort d’Uderzo pour qu’Astérix prenne cette place privilégiée dans la mémoire collective, nous n’aurions pas ce débat, car personne ne le lirait.."

          Cela ne donne le droit à personne de le mettre plus bas que terre, comme on peut le lire trop souvent ici et là. Uderzo est un artiste qui n’a jamais été pris en défaut d’honnêteté. Pour cela, il est profondément respectable.

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      • Répondu par Mediatix le 24 octobre 2005 à  13:27 :

        Ce qui me choque personellement dans cet album, ce n’est pas une quelconque "dénaturation" du mythe Astérix mais bien le "racisme" latent de la représentation de la BD nippone.
        Je serais donc un "mangaphile" d’aprés votre article ? Pas du tout, j’en lis fort peu.
        Mais enfin !
        Costume de Cafard pour le Nagma et accompagné de ses "Gueules de rats", pardon "Goelderas" !

        Pur constat visuel, que l’on glose ensuite sur "la parabole" voulue par Uderzo confine à l’indécence !

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 24 octobre 2005 à  14:37 :

          C’est votre utilisation du mot "racisme" qui est indécente. Le reproche est vieux comme Astérix. Je cite Goscinny dans Les Cahiers de la Bande dessinée : "Alors, ça, je n’accepte pas, je considère que c’est la plus grave des injures. Qu’on vienne me dire ça en face et c’est tout de suite la baffe sur la gueule !" C’était en 1973. Rien à redire, c’est toujours d’actualité, vous la méritez, la baffe.

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          • Répondu par Mediatix le 24 octobre 2005 à  15:17 :

            Pardon, c’est donc "une aimable caricature" que de voir nos amis nippons affublés de joiles élytres dorées qui ressemblent à s’y méprendre à des ailes de mignons cafards.
            Quant à "Gueule de rat" une boutade de collégien que le poliquement correct fait ressembler à une injure...

            Ne pas être raciste n’empêche personne de réfléchir, surtout pas quant on a l’audience d’un Uderzo.

            Rappelez vous un certain Jacques C. et son "bruit et l’odeur"...

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          • Répondu le 24 octobre 2005 à  19:40 :

            Vous n’y êtes pas. "Goelderats" est une allusion à un sketch de Guy Bedos qui critiquait Goldorak/"Geules de rats", il y a bien quinze ans de cela. Pas un ami intime de Jacques C que je sache, le Bedos. Quant aux cafards, c’est vous qui les voyez ainsi. Uderzo a du utiliser un modèle. Certains de nos lecteurs peuvent dire lequel.

            La caricature est un standard de la série. Les Corses, les Belges, les Allemands, les Suisses, les Grecs, les Espagnols, les Américains déjà (avec Captain America)... Pourquoi pas les ET ? "On trouve que dans "Astérix", je me moque des étrangers : vous avez vu mes Gaulois, mes Gaulois moyens ? ..." disait déjà Goscinny dans la même interview des Cahiers de la BD. Réservez le vocable "raciste" pour le Ku Klux Klan ou Dieu sait qui encore, mais certainement pas à Uderzo.

            Mais à quoi bon argumenter encore ? Pour moi, le débat est clos.

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            • Répondu le 25 octobre 2005 à  17:01 :

              De mon propre avis, et en temps que simple lecteur passionné des aventures d’Astérix,je trouve que la polémique qui entoure le nouvel album part de tout et de rien.

              Chaque excuse est bonne pour descendre l’un ou défendre l’autre. Je n’ai pas lu dans le détail toutes les critiques de la dernière oeuvre d’Uderzo, mais il est à préciser que dans beaucoup de cas la question "pourquoi le dernier Asterix est bon ou mauvais " est souvent sans réponse concrète ou justifiée, laissant place à de faux débat sans interêt.

              A mes yeux le dernier album d’Asterix ne m’a pas du tout convaincu et reste à mes yeux le plus mauvais. la qualité des derniers album en général est de plus en plus décevante. Pourquoi ?

              Car les aventures d’asterix s’engouffrent de plus en plus dans le fantastique ou le paranormal. Le petit village gaulois est en train de devenir une entité de super héros moderne et perd son âmes d’album en album.
              Avec tout le respect que l’on doit à Uderzo pour son travail fourni pendant des dizaine d’années, il est de fait que les albums s’égarent complètement de l’esprit originel de l’oeuvre depuis la disparition de Goscinny.

              Le rôle culturel et instructif à aujourd’hui disparu. Chaque histoire était unique, ne pouvant appartenir qu’au seul monde d’Asterix. Aujourd’hui les histoires sont classiques et peuvent être adapté à n’importe quel sauce.

              Egalement plus de références ou détails historique concrèts comme on avait l’habitude d’en voir. Que viennent faire des extra terrestre au look de future "firgurine migonnes à croquer" pour les enfants dans Asterix ?

              Aujourd’hui Asterix est un nom qui vend à lui tout seul. L’histoire, la personnalité de l’oeuvre, l’humour (descendant),etc... , tout cela passe en second plan. On sait qu’avant d’avoir lu l’histoire ou d’avoir les critiques l’album sera déja vendu à des dizaines de million d’exemplaires, qu’il soit bon ou mauvais. Qu’en serait il à une époque ou Astérix n’était pas encore une machine commercial ? Ce serait aussi bien vendu ? Les critiques aurait elle était les mêmes ?

              Quoi qu’il en soit les aventures d’Astérix le gaulois sont aujourd’hui terminées pour moi. Elle combleront d’autre lecteur, et rendront nostalgique les autres de ces bon vieux normands, égyptiens, bretons, Goths, belges, et bien d’autres, qui ont su quand même nous rire et qui nous font rire encore.

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              • Répondu par THIERRY le 26 octobre 2005 à  11:16 :

                je viens de découvrire votre site et je m’empresse d’y contribuer au sujet du dernier Astérix.
                Bien sur qu’il est MAUVAIS et même pire car je suis un admirateur incontestable de ces aventures mais là c’est le pompon !
                on ne peut etre aveugle au fait que certaines planches on due etre "torchées" en 5 mn au vu du nombre de cases qui les composent !
                On ne peut nier le manque d’humour,de jeu de mots,de noms à tiroir dont les albums précédents etaient truffés,y compris aprés le mort de GOSCINNY (Astérix chez Hérazade,rien que le titre déja !!)
                On ne peut resté insensible à ce "combat des chefs" entre américain et japonais qui tourne à l’avantage de l’un (et pourquoi lui ?).Je bosse à la FNAC et mes visites au rayon BD sont quotidiennes et il ne me semble pas voir les mangas envahirent les rayons.Certes les ados adorent ça mais sont aussi amateurs de TITEUF,KID PADDLE,LE CHAT DU RABBIN,TROLL DE TROY,LANFEUST et autres BD qui nous font réver ;ce que ne fait plus Astérix !!!
                Je pense sincérement que Mr UDERZO est mal entouré et mal conseillé et que c’est notre rôle que de lui dire que son dernier né nous a déçu au plus au point par son indigence et son incongruitée.

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                • Répondu par jean-francois le 26 octobre 2005 à  19:58 :

                  je suis entierement d’accord avec thierry , il est domage , d’en arrivé là . c’est vrai que c’est album n’est pas le meilleur voir meme le plus mauvais de la série .je trouve aussi domage de prendre parti pour la personne qui représente l’amerique . je trouve que la culture japonnaise vaut mieux que celle de l’amerique .il aurait mieux fallu que notre heros ne prenne aucun partit pris ce qui aurai mis d’accord tout le monde , autant dans le camp des ricains que dans celui des japonnais . malgres tout cela monsieur UDERZO reste quand meme malgres tout un tres grand scenariste et dessinateur .j’attend avec impatience son 34ème opus .

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                  • Répondu par skymarshal le 26 octobre 2005 à  22:22 :

                    Il est vrai que la critique se concentre de plus en plus sur la personne d’Uderzo, ce qui est dommage !
                    Car personnellement, Uderzo est un bon scénariste ! Je considère "Astérix chez Rahazade", ou encore "l’odyssée d’Astérix" comme faisant parti des meilleur albums de la série. On à une bonne histoire des gags visuels qui m’on bien fait rire (il me revient en mémoire, le coup de l’égyptien qui prend son virage à angle droit dans la neige :o))) et de bons jeux de mots. Il me semble erroné de considérer Uderzo comme un simple dessinateur...
                    Cependant, je dois reconnaître que ce dernier album, m’aurais presque arraché des larmes tellement j’ai été déçus ! Fort heureusement je l’ai feuilleté en librairie (depuis trois album, j’ai appris à me méfier...) et, jamais je n’achèterais une chose pareil ! Je pense que le public jugera cet album avec le temps... Mais à voir ce qui se passe chez les bouquinistes (qui refusent de reprendre l’album), sur les puces etc. il semblerais qu’il y ai surproduction et que cet album brûle les mains. Wait and see...
                    Là, je ne sais plus quoi penser : faut-il espérer un dernier baroude d’honneur, avec les risques que cela comporte, ou bien enterrer là définitivement notre héros ?
                    Portant je sais qu’Uderzo peut faire de grande histoire, il me l’à prouvé, mais il peut également faire les pires, et je crois, avec cette dernière expérience, qu’il peut même encore faire pire. Quitte ou double ?

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                  • Répondu par Pierre ALBERT le 27 octobre 2005 à  13:17 :

                    Quel est l’intérêt de tout ce tapage ? Dans une série comme Astérix, il y a forcément du bon et du moins bon (y compris dans la période Goscinny), le bon pour moi n’étant pas forcément le bon de mon voisin...Le dernier opus est loin d’être le meilleur (à mon avis), mais pourquoi ces excès ?

                    Quant au rôle de la "critique" professionnelle, il y aurait beaucoup à dire... Combien d’oeuvres (livres, BD, films etc..), descendues à leur sortie, sont devenues des classiques par la suite ?

                    Quel est l’intérêt, pour nous lecteurs, de l’opinion négative du journaliste de Libé (ou d’ailleurs) ou de Mr DAYEZ (qui publie par ailleurs des ouvrages intéressants) ?

                    Il est un peu facile de démolir d’une phrase définitive des mois de travail dont l’honnêteté est très rarement discutable (je ne parle pas d’Astérix, je considère qu’Albert UDERZO est, sur beaucoup de points, un modèle pour la profession et, non, je ne demanderai pas à Benoit je-ne-sais-plus-combien de le béatifier..).

                    Autant il est intéressant pour nous de voir un journaliste signaler à notre attention un ouvrage ou un nouvel auteur avec la passion qui nous donnera l’envie d’en savoir plus (merci de parler de DUMONTHEUIL !), autant le fiel déversé par certains pisse-copie qui se prennent pour les seuls détenteurs d’une pseudo-vérité peut nous agacer !

                    Si tu n’aimes pas, tu n’en manges pas, mais au nom de quoi voudrais-tu dégouter ton voisin ?

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                    • Répondu le 11 novembre 2005 à  10:43 :

                      Ah, le bon vieux poncif d’attaquer la critique dés qu’elle fait son travail... Et de nier son intérêt. C’est d’un commun (d’un vulgaire, même).

                      L’intérêt d’une critique, c’est que lorsque l’on paye ses BD (disque, livre, films), on n’a pas forcément les moyens de tout prendre sans compter, au risque de se tromper.
                      Lorsque l’on a des moyens limités, il faut faire des choix, et plutôt que de les faire à-priori, il est intéressant de bénéficier de l’avis des autres.
                      Et les critiques professionnelles ou amateurs (comme ce site) sont là pour ça.
                      Par contre, il faut savoir s’en servir, évidemment.

                      Et ceux qui n’aiment pas les critiques et qui achètent tout ce qui leur tombe sous la main sans discernement ne sont pas obligés de les lire, ces critiques. Mais pour ceux qui font attention, elles sont nécessaires.

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                      • Répondu par Didier Pasamonik le 11 novembre 2005 à  13:58 :

                        Votre vision de la critique est très limitative. Elle n’est pas seulement là pour vous servir d’indicateur d’achat. Nous sommes attachés à contextualiser l’oeuvre, à vous faire profiter des informations dont nous disposons et qui permettent de vous donner une lecture différente de celle qui ressort de l’opinion ordinaire (et qu’exprime souvent les forums du web où le meilleur est hélas trop souvent noyé dans le pire), voire celle des libraires qui sont partagés entre leurs intérêts et ceux de la grande distribution (par définition, un libraire spécialisé déteste Astérix).

                        Par rapport à la polémique, il est amusant de voir la "grande presse" (Libé, le Nouvel Obs,...) embrayer sur l’avis des "spécialistes de BD" (qui ont les mêmes intérêts que les librairies spécialisées) pour mieux s’autoriser de représenter "l’opinion". Comme quoi, rien n’est simple.

                        Plus intéressant est d’analyser la motivation des collègues d’Uderzo (bien que Geluck et Kroll soient des cartoonists) qui tirent de façon indécente sur l’ambulance ("c’est pire qu’on croit" dit Geluck).

                        Oui -et c’était l’objet du présent article, décidément, le phénomène Astérix est unique qui ressort de la passion plus que de la raison depuis plus de quarante ans. En cela, il est intéressant.

                        Quant à la qualité de l’album, tout a été dit, et en quantité. Je suis certain que même Uderzo, qui est un gars modeste, est persuadé que ce n’est pas un chef-d’oeuvre. Mais de là à lui interdire de publier un nouvel album (je suis sûr que ce ne sera pas le dernier), cela me semble attentatoire à la liberté de création et d’expression. Ce côté "pousse-toi là que je m’y mette" de certains me semble indigne.

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                        • Répondu par R Gorau le 13 novembre 2005 à  15:19 :

                          A partir de combien d’albums vendus l’expression "tirer sur une ambulance" se justifie-t-elle ?
                          Parce qu’il me semble qu’à 8 millions d’exemplaires écoulés, si c’est une ambulance, elle est d’un modèle rare (type Benley,avertisseur haute fidélité,brancard en bois précieux,draps en satin et liste d’option non close)...Voire même excessivement rare...Je ne suis donc pas certain que critiquer un album, dire qu’on ne l’aime pas, relève de l’indécence...On pourrait, par contre, déceler dans le propos de son auteur comme une profonde exaspération pouvant expliquer l’utilisation abusive de la dite expression.
                          A part ça, comme je n’avais pas décelé la parabole sur les mangas et les comics, j’ai pris le taureau par les cornes : j’ai lu l’album à l’envers !!!Comme les mangas.
                          Et ben, je l’affirme : C’est beaucoup plus drôle.
                          Richard.
                          PS : Moi, je suis certain que c’est le dernier Recueil d’Albert...

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                          • Répondu par Didier Pasamonik le 13 novembre 2005 à  18:09 :

                            A partir de combien d’albums vendus l’expression "tirer sur une ambulance" se justifie-t-elle ? Parce qu’il me semble qu’à 8 millions d’exemplaires écoulés, si c’est une ambulance, elle est d’un modèle rare (type Benley.

                            Ah, parce que vous, quand l’ambulance est trop luxueuxe, vous tirez dessus ? Sarkozy aurait-il raison, il y a donc vraiment des racailles ?

                            ...Voire même excessivement rare...Je ne suis
                            donc pas certain que critiquer un album, dire qu’on ne l’aime pas, relève
                            de l’indécence
                            ...

                            Ce genre de critique ("C’est pire que ce que l’on croit") la part de Geluck qui affiche cinq millions d’albums vendus du Chat dans la dernière émission d’Ardisson, oui, je trouve cela choquant, ceci dit avec toute l’amitié que je lui réserve.

                            On pourrait, par contre, déceler dans le propos de son auteur comme une profonde exaspération pouvant expliquer l’utilisation abusive de la dite expression.

                            De qui parlez vous ? De Geluck ? Geluck exaspéré ? Je n’y crois pas. Non, il s’est laissé embringuer par une opinion commune, sans avoir posément réfléchi. Franchement, cet album n’est pas pire que bien d’autres Astérix, son sujet m’amuse plutôt, et j’attribue à une espèce de révolte consumériste -ainsi que je l’ai dit- ce buzz exagéré. C’est comme cela depuis plus de quarante ans, du vivant même de Goscinny, il est bon de le rappeller.

                            PS : Moi, je suis certain que c’est le
                            dernier Recueil d’Albert...

                            Quelle certitude ! Et fondée sur rien encore bien ! En ce qui me concerne, j’ai assisté à la conférence de presse d’Uderzo à Francfort où il affirmait le contraire. Nous devons sans doute admettre que vous savez vous tout mieux qu’Uderzo.

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                          • Répondu le 3 décembre 2005 à  04:13 :

                            Asterix c’est de la BD. Un univers qui nous a tous fait rêver. Vous feriez mieux d’arrêter de le critiquer. Pour qui vous prener vous ?! Je croîs rêver. Uderzo est un mythe, comme Hergé (par exemple), si vous pensez être asser doués pour faire mieux, allez y... Mais ce petit gaulois, ce n’est pas nous qui le dessinons. Peut-être qu’à force de glorifier les choses, on est persuadés qu’elles nous appartiennent. Mais franchement, à ce point, ça devient vulgaire. Le dernier album est un Asterix. Peut être même un Asterix plus ouvert, et plus philosophe. Et puis au faîte, vous avez dejà entendu dire que le but de l’artiste c’est de choquer ? Bonne méditation, bande de pleutres.

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    • Répondu par courto le 27 octobre 2005 à  16:26 :

      Trés franchement et trés simplement depuis Astérix chez les belges, je regrettai Goscinny. Cette fois-ci, c’est Uderzo que je regrette....C’est évidemment à chacun de juger mais difficile de trouver de grosse qualité à l’histoire. La référence au "corniaud" est assez symptomatique : c’est une blague que l’on juge suffisamment peu évidente qu’on l’accompagne d’un mode d’emploi.
      Dés lors la grosse machine marketing mise en route pour l’album peut appraître comme bien arrogante.....m’enfin n’oubliez pas que ceux qui s’en mettent plein les poches dans ce type d’opération se tapent complétement de savoir si c’est avec Astérix ou les mémoires du dernier viré de la star académy

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      • Répondu le 4 novembre 2005 à  14:29 :

        comme certains l’ont souligné, uderzo a dans ses tiroirs de vieux scénari. Les quelques albums convaincants depuis goscinny dataient probablement de cette époque.

        En revanche, les derniers semblent enfin être nés de l’imagination d’Uderzo seul. Je ne sais pas ce qu’il prend ; mais j’en veux pô !!!

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        • Répondu par Gill le 21 novembre 2005 à  22:27 :

          Cette polémique n’a lieu que parce que personne n’arrive à faire la part de ses émotions, de son libre-arbitre et du respect dû à une personne :

          1) L’album est mauvais. C’est un fait. Le scénario est mal équilibré (rajouts de qq pages à la fin, par ex.), les gags ratés, les thèmes traditionnels survolés "parce qu’il le faut bien" (romains, pirates...), les caractères des personnages non respectés, le thème de base manifeste d’une rare intolérance et pour ceux qui ne comprennent pas les allusions, le scénario ne veut plus rien dire... Où est la bonhommie rieuse d’un Goscinny ? On a là une attaque en règle assortie d’un "c’est de l’humoooooour !".

          2) Uderzo est un très grand dessinateur. Un génie de la BD qui a un sens intuitif de la mise en scène, du gag visuel, de l’expressivité et de la caricature. Un génie qui accompagne avec un rare bonheur les indications d’un scénariste (qui lui aussi était prodigieux).

          3) Uderzo gagne beaucoup d’argent puisqu’il est doué, qu’il a beaucoup travaillé, qu’il a eu énormément de chance (d’avoir pour collègue et ami un grand scénariste, de travailler sur le thème idéal pour que ce scénariste puisse exprimer le meilleur de lui-même, de tomber pile au bon moment avec une série qui convienne parfaitement aux besoins psychologiques des lecteurs) et qu’il peut désormais profiter de l’élan naturel du marché qui fait qu’un nom, une nouveauté, suffit désormais à vendre.

          4) Uderzo mérite tout le respect dû à son génie et à la place extraordinaire que sa Bande Dessinée occupe dans le Monde. Il est donc innoportun que les médias (dont Actua’BD) contrarient son action marketing au moment de la sortie de ce dernier album.

          5) Psychologiquement, Uderzo est responsable de l’héritage que lui a laissé, pour moitié, René Goscinny. Il est responsable de l’image de la bande dessinée Astérix, responsable aussi de la bonne qualité des scénarios qu’il écrit désormais. Il devrait donc faire tout son possible pour que ces scénarios répondent aux attentes du public.

          6) Uderzo n’est pas un bon scénariste. Il a néanmoins décidé d’écrire seul de nouvelles histoires. Les premières respectaient à peu près le monde d’Astérix. Mais Uderzo vieillit et les scénarios s’en ressentent. Par ailleurs, il s’éloigne de plus en plus de l’esprit original de la série par volonté personnelle, orientant les histoires vers des préoccupations personnelles que n’avaient pas Goscinny (esprit de famille...) et perdant de plus en plus la "méthode" originale (décalage avec notre époque...). La qualité des albums se dégrade progressivement mais Uderzo refuse de se faire aider, ne serait-ce qu’en confiant son scénario à un professionnel de confiance pour avis impartial et refonte si besoin.

          7) Le public est donc, globalement, légitimement déçu. C’est un fait que personne ne peut nier. La critique devraient donc exprimer un avis impartial ne tenant compte d’aucun argument commercial, stratégique ou de nostalgie respectueuse... sauf que la critique n’est pas un arbitre et qu’elle exprime le plus souvent un avis, nuancé par plusieurs critères induits par le sens qu’elle a de sa propre responsabilité : respect des lecteurs de la critique, respect des auteurs critiqués, auquels s’ajoutent des considérations plus individuelles : désir personnel de rehausser l’image de la BD, passion pour une oeuvre, pour un homme... ce qui explique le décalage avec la majorité des lecteurs... et risque d’en induire certains en erreur (mais n’est-ce pas la règle du jeu ?) !

          Ces divers éléments se contredisant, on en arrive à un cafouillage qui construit ladite polémique. J’ai donc essayé de les différencier. J’espère ainsi avoir pu donner un sens exact de mon sentiment personnel.

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          • Répondu par Lannes le 2 septembre 2007 à  22:47 :

            Il est très interressant de pouvoir analyser les remarques de chacun sur le dernier album d’Albert Uderzo. Donneurs de leçons ou fans élogieux, je dois honnetement reconnaitre que je rejoins ces derniers. A la question, le dernier album est il toujours un Astérix ? Il est certains que ce n’est pas un Tintin et si tous, comme ils le prétendent, connaissent nos amis gaulois, ils s’apercevront qu’Obélix reste le même rêveur et tendre que celui de feu regretté Goscinny et qu’Astérix represente toujours la sagesse, l’intelligence et le courage. N’est ce pas là le principal ?
            Ensuite, à la question Albert Uderzo est il un bon scénariste et toujours un bon dessinateur ? La réponse est oui. Il suffit, comme il a été précisé plus haut, de lire certains albums comme L’odyssée d’Astérix ou Astérix chez Rahazade. Le dessin reste splendide et pour argumenter mes dires, je demande à qui veut bien regarder la qualité de finitions du dessin face à des grands classiques comme Tintin, Blueberry, Achille Talon, Titeuf qui, malgré leurs qualités de bonnes bandes-dessinées, manquent parfois de précisions graphiques.
            A la remarque Albert Uderzo passe les pirates et les romains pour bien faire, je réponds en nous accusant tous sur notre envie de monotonie ou nostalgie dans le besoin de retrouver ce à quoi nous avait habitué René Goscinny à savoir de bonnes bagarres. En effet, Albert Uderzo est ficellé par nos envies ce pour ne pas nous decevoir, ses lecteurs. Ainsi donc n’allons pas cracher sur celui qui nous chouchoute depuis bientôt 50 ans dont 30 seul !
            Puis, rappelons aux courtes mémoires que les critiques fusent sur Astérix depuis...la Grande Traversée, album je le rappelle écrit par René Goscinny. Une fois encore, comme il a été dit plus haut, c’est le revers de la médaille, le risque de creer un mythe.
            Néanmoins, je pense qu’Uderzo et Goscinny peuvent remercier certains des auteurs de cette pages Web et bon nombre de critiques d’avoir ajouter cette page noire dans la légende astérixienne. Après tout, même la BD, à l’image de Victor Hugo, a droit à son Hernani.
            Conclusion : merci Monsieur Uderzo pour cet album qui continue la caricature du monde et pardon pour les critiques souvent calomnieuses qui accompagnent votre génie...

            PS : pour les susceptibles du monde des mangas ou autres comics, la politique du "un prêté pour un rendu" n’est pas la meilleure à savoir le ’tu critiques, j’critiques" montre quelques faiblesses... Logique, le premier est un auteur reconnu dans le monde, le deuxième un lecteur parmis tant d’autres... Amitiés

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  • > Astérix : La polémique
    1er novembre 2005 19:49, par raycat

    Je viens de relire pour la 4e fois cet album...

    S’il n’est certainement le meilleur de la série,que peut-on reprocher a Uderzo dans cet album ?

    De nous avoir changé notre habitude en insérant des grandes cases ?

    D’avoir changé sa palette de couleurs ?

    D’avoir allongé le titre ?

    D’avoir osé faire venir auprès d’Astérix une soucoupe après l’avoir fait voler sur un tapis ?

    D’avoir rendu hommage au dessin animé et aux Comic’s (américains et francais, cf. Guy L’Eclair dans Pilote...) ?

    D’avoir voulu se faire plaisir et nous démontrer qu’il pouvait sortir de la routine ?...

    Moebius, Tibet, Greg, Dany et tous les autres n’ont-ils pas plusieurs styles ?

    Mais là, y’a rien a redire, c’est pas Uderzo...

    Nous ne sommes pas entrainé dans un univers Looney Toons, où cela n’aurait pas eu de sens !

    Nous restons dans une valeur culturelle populaire américaine aussi valable que la valeur culturelle des contes populaires arabes ; peut-être n’est ce pas plus grave que de parodier, utiliser, transformer, une période de l’Histoire...

    C’est vrai qu’après cet album décapant, je souhaiterai retrouver un album plus classique avec un scénario a l’ancienne, mais encore faut-il trouver quelque chose a parodier, puisque la période-temps où évoluent nos héros est courte...

    Au lieu de dénigrer l’artiste, encourageons-le a se remettre au plus vite a l’action, lui qui a encore d’anciens scénarios oubliés dans le fond de ses tiroirs...

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