Deathstroke Rebirth T1 - Par Christopher Priest & Carlo Pagulayan - Urban Comics

13 avril 2018 0 commentaire
  • Nouvelle série sur le plus fameux mercenaire de l’univers DC Comics, une approche par la famille et les « amis » pour un portrait étonnant et original, fort réussi, qui positionne cette version comme l’une des plus intéressantes du personnage depuis bien longtemps !

C’était il y a presque quatre ans : un album, qui restera unique, des aventures « The New 52 » de Deathstroke qui nous avait peu convaincu à l’époque. Avec « DC Rebirth » vient naturellement une nouvelle tentative de série régulière dédiée au personnage, sur un registre bien différent !

En effet, si la série de l’ère précédente ans se focalisait uniquement sur le fun, l’action et la violence, sans chercher à construire un quelconque récit ou un développement du personnage, c’est tout le contraire proposé ici : Christopher Prest revisite entièrement l’histoire familiale de Deathstroke, faisant intervenir en particulier un vieil ami et sa fille Rose Wilson, alias Ravager, avec qui il a évidemment une relation dysfonctionnelle.

De plus, Christopher Prest opte pour une narration alternant toutes les cinq ou six pages entre le présent et le passé. Un procédé permettant de densifier le récit, d’offrir des effets de symétrie et de contre-point intéressants, mais qui peut également perdre par moment le lecteur peu à l’aise avec ce procédé.

Deathstroke Rebirth T1 - Par Christopher Priest & Carlo Pagulayan - Urban Comics
© Urban Comics / DC Comics

Cependant, le connaisseur du personnage ne devrait pas être perdu, car Christopher Prest ne réinvente pas les origines de Deathstroke. Dans ce premier tome [1] il repart en effet de la version classique (ce qui constitue le cœur du projet « DC Rebirth ») en proposant une remise au goût du jour de son échec avec ses deux fils, qui l’ont rejeté, et de ses tentatives de communication avec sa fille illégitime, sa véritable « héritière » car ayant elle-aussi embrassé une carrière de mercenaire, même si plus proche du monde super-héroïque (son formateur étant Nightwing).

L’écriture s’avère maline, jouant beaucoup sur le caractère de Deathstroke, une machine à tromper et à tuer parfaite, implacable, au code d’honneur plus ou moins sincère (chaque personnage rencontré ayant son idée sur la question), et incapable d’exprimer ses sentiments, particulièrement envers ses enfants, cherchant (apparemment) à rattraper avec Rose ce qu’il a raté avec ses fils.

© Urban Comics / DC Comics

L’histoire sans temps mort s’articule d’abord sur le versant « ami », avec la rencontre d’un vieux compagnon que Deathstroke cherche à retrouver, avant de passer à une virée « père et fille » particulièrement réussie grâce à des dialogues souvent très incisifs et percutants !

Fort réussi, c’est paradoxalement un premier tome peu « explosif », centré sur la personnalité et les relations de Deathstroke, orienté manipulation et trahison, et dans l’air du temps par au rôle de père. Avec sa narration façon puzzle, le récit tente de retrouver les pièces constituant le parcours du personnage, quitte ensuite au lecteur de se faire une idée sur ses motivations : est-il un professionnel ou un psychopathe ?

© Urban Comics / DC Comics

(par Guillaume Boutet)

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Deathstroke Rebirth T1. Scénario : Christopher Priest. Dessin : Carlo Pagulayan, Larry Hama & Joe Bennett. Traduction Mathieu Auverdin. Urban Comics, collection "DC Rebirth". Sortie le 2 mars 2018. 144 pages. 15,50 euros.

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Deathstroke "The New 52" sur ActuaBD :
- Lire la chronique de L’Héritage de Deathstroke

[1Les épisodes contenus dans Deathstroke Rebirth T1 : Le Professionnel sont :
- Deathstroke Rebirth (août 2016),
- Deathstroke Rebirth #1-5 (août 2016 à octobre 2016).

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