EVANDER REEVES : un petit tour au Paris Comic Con 2015

3 novembre 2015 0 commentaire
  • Le week-end dernier, grâce à notre fin limier britannique Evander Reeves, nous étions présents au premier Paris Comic Con. Un événement au programme ambitieux qui laisse une impression en demi-teinte. Mais bah, ce n'est qu'une première édition...

Le Paris Comic Con n’était pas ma première convention de comics en France, loin s’en faut. À mon retour dans l’Hexagone en 2007, j’étais allé au Lille Comics Festival où des grands noms du comics britannique comme Alan Davis, Barry Kitson et Phil Winslade étaient invités. C’était un tout petit salon, très intime, comme la plupart des salons du comics en Angleterre à cette époque-là. Cela donnait vraiment une chance de parler avec les dessinateurs, lesquels étaient heureux de se voir un weekend en France.

Mais, malheureusement, comme cela arrive souvent, le Lille Comics Festival a grossi et les fans ont perdu le contact privilégié qu’ils avaient alors avec les invités. C’est peut-être pour cela qu’il n’existe plus aujourd’hui. L’autre raison est peut être aussi que le Lille Comics Festival se déroulait le même weekend que le FACT (Fantasy Anime Comics Toys Space) à Gand en Belgique, une manifestation qui avait beaucoup plus à offrir que l’événement lillois.

C’est donc avec ces souvenirs en tête que j’abordai le Paris Comic Con, sorte de prolongement de la manifestation jumelle de Japan Expo, Comic Con, qui n’a jamais pu vraiment décoller à cause d’une programmation placée juste avant le Comic Con de San Diego, ce qui lui enlevait de facto tout invité prestigieux, mais aussi à cause du gigantisme et du succès incontestable de son voisin japonais. Le Paris Comic Con sera-t-il un reboot réussi de la convention de comics en France ? Tel était, mon cher Hamlet, la question.

Comics intra muros

C’est donc un vendredi après-midi que je me rendis à la Paris Comic Con logée in extremis intra muros dans la Grande Halle de la Villette à la Porte de Pantin. Cela me changeait de la Porte de Versailles où a lieu chaque année le Salon du Livre de Paris. L’endroit est assez génial, logé dans un immense parc d’activités en tous genres.

Première impression : le nombre de cosplays présents dès l’entrée. Des super-héros, mais aussi beaucoup de Doc et Marty McFly de Retour vers le futur : tout bon fan de SF savait que, le mercredi précédent le Paris Comic Con, le 21 octobre 2015, était la date fatidique mentionnée dans le deuxième film de la série devenue culte, sorti en 1989, où le héros Marty McFly quittait l’année 1985 à bord de sa DeLorean à voyager dans le temps, pour se rendre dans le futur de 2015. D’où la tentation pour les fans de faire coïncider ce futur de fiction avec le présent...

Je n’ai pas vu pancarte écrite « Free Hugs » (câlin gratuits), très nombreux au Paris Manga & SCI-FI Show le mois précédent, une pratique qui semble en déclin et qui a même disparu dans les conventions britanniques. Les Français ont encore besoin qu’on les prenne dans les bras...

À la caisse, où j’attends benoîtement d’acheter mon ticket d’entrée, je découvre que ceux-ci sont sold out pour le samedi et le dimanche. Ah... La campagne de publicité pour le lancement du Paris Comic Con semble avoir très bien marché, tant mieux pour eux. Mais bon, pour le vendredi, il m’est encore possible d’entrer, tout juste...

Peu de stands de comics

Une fois introduit dans la fournaise, je me rends compte de l’immense espace que cette grande halle rectangulaire offrait à l’événement. Beaucoup de beaux et de grands stands dédiés à un seul produit comme celui de la 20th Century Fox et de Blue Sky pour leur film Snoopy et les Peanuts. Plus loin, un autre stand pour une boisson énergisante arborait le logo de Superman et s’animait d’accortes hôtesses habillées en Supergirl. Mais lorsqu’on les abordait pour leur demander ce qu’elle pensaient de la série dont le pilote est déjà disponible sur MyTF1 en VOD, elles opposaient un sourire gêné, ne sachant pas de quoi on parlait...

EVANDER REEVES : un petit tour au Paris Comic Con 2015
Un stand Peanuts pour soutenir le dessin animé 3D qui sort en salles !

Heureusement, nous n’avions pas ce genre de problème avec les éditeurs français de comics. La plupart étaient présents : Glénat, Delcourt, Panini mais pas Urban Comics, ce qui étrange pour le leader de la production du comics en France, fer de lance de la production de DC Comics dans l’hexagone.

On se rabat dès lors sur la production Delcourt qui s’est taillé une bonne part du marché hexagonal du comics avec quelques best-sellers comme Star Wars, The Walking Dead et Spawn et, pour des lecteurs un peu old-school dans mon genre, le Mike Mignola de Hellboy et les essais sur la BD de Scott McCloud.

Quant aux dessinateurs invités, à l’exception de l’invisible Frank Miller, ils étaient parqués derrière des petites tables dans un couloir menant à une sortie de secours. En raison d’une fréquentation raisonnable, le vendredi offrait la chance de prendre son temps à bavarder avec les dessinateurs. L’aspirant-auteur pouvait même recueillir une critique de son travail de la part d’un professionnel ou échanger des idées comme ce scénariste en herbe donnant pour examen son script au créateur de comics Billy Tucci, le fondateur du label Crusade Comics et l’auteur de la série Shi, une histoire de femme-samouraï qui fit eut son petit succès dans les années 1990 multipliant les crossovers avec Daredevil, Witchblade, Vampirella et Wolverine.

Au détour des allées, je découvre deux stands inhabituels que je n’avais jamais vus jusqu’ici dans une convention : une sorte de boutique où l’on pouvait acheter des pièces de cuir travaillées pour se confectionner des costumes comme dans Game of Thrones ; et une caravane en aluminium délicieusement Fifties contenant un salon de beauté !

Il est vrai que si les demoiselles lisent de plus en plus de comics, le succès d’une sitcom comme The Big Bang Theory qui met en scène quatre potes fans de comics et qui évolua en une comédie de mœurs entre nos héros et leurs copines dans laquelle il n’est pas incongru de voir les personnages masculins s’offrir une manucure ou une pédicure, a fait que ce genre de mutation comportementale est possible désormais. Est-ce à dire que ce genre de convention permettra aux hommes de se refaire une beauté dans des stands du genre Sephora plutôt que de se maquiller vulgairement pour Halloween ?

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Une caravane pour se refaire une beauté...
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Faites votre costume Game of Thrones !

Où sont les comics VO ?

Peu de stands proprement comics, en revanche. Cela l’a surpris. Je recherche souvent dans ce genre de convention le bac où je peux dénicher la bonne affaire. J’ai trouvé cependant de l’intérêt dans des stands comme celui de Eaglemoss Collections qui produit des statuettes de super-héros ou du Dr. Who vendues en kiosque, ou celui d’Heritage Auctions, une maison de vente aux enchères, de comics et d’originaux d’auteurs américains, qui s’intéresse de plus en plus près au marché des originaux en France.

En projection ce vendredi, on pouvait voir Evil Dead 2, un des rares susceptible de faire vraiment peur, mais dont certaines scènes qui font rire aussi ! Un mélange très difficile à réussir dans le cinéma.

Nous n’avons pas vu les stars de la convention comme Frank Miller ou Shawn Ashmore mais au fond de la halle, il y avait une grande salle dotée de rideaux noirs. Une longue file d’attente patientait devant... J’ai préféré passer mon chemin...

Au Royaume-Uni, pour chasser les autographes de stars, parfois has been, du petit ou du grand écran, rien de tel que les conventions Showmaster. Cet été, celle de Londres avait réuni pas moins d’une douzaine de comédiens de la trilogie Retour vers le futur, plusieurs Power Rangers, les acteurs d’Alien et d’Aliens, les voix et les cascadeurs des Tortues Ninjas, et même son créateur, Kevin Eastman ! Une quarantaine de comédiens en tout. Ils remettent cela à Brighton, ce weekend ! ActuaBD m’offre de vous raconter tout cela.

Vous l’aurez compris : ce premier Paris Comic Con nous laisse sur notre faim. On leur conseillera d’accueillir davantage de petits stands de comics, et de limiter la place des grands stands vides, comme CanalSat, qui n’apportent rien et peut-être d’inviter plus encore de stars de la TV ou du cinéma, histoire de se mettre à niveau avec les conventions d’outre-Manche.

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Un trop belle affiche ? On en ressort avec un goût de trop peu. A l’année prochaine...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos : Evander Reeves
Vidéo de Ph. Balajo.

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