Jeanne Hébuterne, un souffle éphémère – Par Nadine Van Der Straeten – Tartamudo

16 septembre 2017 3 commentaires
  • Le nom de Jeanne Hébuterne ne vous évoque peut-être rien. Cette artiste a été la dernière compagne du peintre Amédéo Modigliani, avec qui elle a eu une relation passionnée. Nadine Van Der Straeten évoque dans cet émouvant ouvrage l’histoire de celle qui a lié son destin à celui de son compagnon.

Alors que les conséquences de la Première Guerre mondiale se font sentir jusqu’au cœur de Paris, une romance entre deux artistes nait : d’un côté, Amédéo Modigliani, séduisant italien dont les œuvres commencent à être reconnues dans la communauté artistique ; de l’autre, une étudiante de l’académie de peinture Colarossi de 14 ans sa cadette, Jeanne Hébuterne. Entre ces deux personnalités se dessine une relation passionnée, en dépit des réticences de la famille de Jeanne, dont les valeurs conservatrices ne voient pas d’un bon œil qu’elle se lie avec un non-catholique, toxicomane, alcoolique et misérable. Déjà, la santé de Modigliani chancelle. Mais les amants s’admirent mutuellement : Jeanne devient le modèle préféré de son compagnon, que ses peintures émerveillent.

Jeanne Hébuterne, un souffle éphémère – Par Nadine Van Der Straeten – Tartamudo

Divisé en sept chapitres, l’ouvrage relate l’évolution de leur relation, notamment à travers les questionnements de Jeanne, au cœur de la communauté artistique de l’époque - les plus connaisseurs reconnaitront d’ailleurs quelques silhouettes familières. Jeanne est tiraillée entre l’ambition de s’affirmer en tant qu’artiste (certains de ses dessins apparaissent au fil de l’ouvrage) et la volonté de ne pas faire ombrage à Modigliani. Le dessin en noir en blanc illustre parfaitement les ambivalences auxquelles Jeanne est confrontée, à la fois à l’égard de sa famille, de son compagnon, et finalement avec elle-même : qu’est-elle sans Modigliani ? Attachée à lui au point de ne pas vouloir lui survivre, sa mort apporte une réponse aussi limpide que tragique.

En fin d’ouvrage, quelques mots de l’auteure apportent un éclairage sur le cheminement qui a présidé à la réalisation de l’ouvrage. On trouve également une bibliographie qui a servi d’appui documentaire.

(par Damien Boone)

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3 Messages :
  • Je suis littéralement tombé amoureux de cette belle Parnassienne, au destin si tragique raconté avec brio dans ce très beau roman graphique, qui excelle tant par son scénario que par la qualité des dessins, et qui présente quelques très intéressantes réflexions sur les fondements artistiques de la peinture de Modigliani, ainsi qu’une éloquente évocation de ce Montparnasse du début de XXème siècle, où soufflait l’esprit et le talent à chaque instant et à chaque coin de rue !

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    • Répondu par Felching le 13 octobre 2017 à  22:51 :

      Pas du tout réussi,un poil didactique et démonstratif, avec des dialogues manquant de naturels, sans parler du dessin, mais ça c’est une question de goût.

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      • Répondu par françoise louedec le 14 octobre 2017 à  16:18 :

        On se laisse emporter par cette histoire d’amour passionnée sombre et émouvante superbement rendue par l’élégance du dessin, le graphisme précis au trait léger et ce choix judicieux du noir et blanc, ainsi que les textes sobres et leurs références poétiques. Cette lecture donne envie d’en savoir plus sur Jeanne et son art personnel.

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