My Major Company se met au service de Media-Participations

20 septembre 2011 20 commentaires
  • Le label musical communautaire My Major Company (MMC) s’associe avec Média-Participations, premier éditeur de bande dessinée de France (avec les labels Dargaud, Dupuis, Lombard, Kana…) pour le lancement de MMC-BD, une maison d’édition où les lecteurs peuvent devenir éditeurs.

Évidemment, l’initiative de l’éditeur Sandawe ne pouvait pas rester sans réaction. « À l’heure où l’édition indépendante est en plein désarroi, un nouveau modèle économique se profile » écrivions-nous le 18 février dernier lorsque se lançait Sandawe, le premier label francophone de bande dessinée financé par une communauté de lecteurs.

Sur les traces de Sandawe

« Un des soucis majeurs qui touche les nouveautés, nous expliquait alors Patrick Pinchart, ancien éditeur de chez Dupuis ayant créé ce label en novembre 2009, c’est le manque de visibilité dans les points de ventes, car les albums sont souvent noyés entre les séries installées, les best-sellers et les 4600 parutions annuelles. Sandawe s’appuie donc sur une communauté rassemblant tous les types d’intervenants de la bande dessinée : auteurs confirmés ou non, lecteurs, journalistes, libraires et éditeur. Les lecteurs vont pouvoir participer au financement des albums, suivront les étapes de leur création, tout en soutenant leur promotion. »

Les premiers albums étaient sortis en février 2011 et, récemment encore, deux nouveaux albums étaient financés. Un nouveau modèle économique d’édition de la BD était né.

Il s’inspirait de ce qui s’était fait dans le secteur du disque avec des labels comme Akamusic ou My Major Company. Cette dernière avait été créée par le propre fils de Jean-Jacques Goldman associé à la holding du producteur de télévision Stéphane Courbit, le producteur de Loft Story. Elle a remporté en quatre ans un joli petit succès avec le chanteur Grégoire et a signé plus de 30 artistes depuis.

En mai 2010, MMC s’était associée aux éditions XO, la machine à best-sellers éditrice de Guillaume Musso, dans le cadre de la structure MMC Books. L’idée est de proposer à la communauté d’investisseurs de MMC qui déjà finance des musiciens, de financer aussi des auteurs de livres.

Alliance avec un leader

MMC a décidé de réitérer cette manœuvre en s’alliant au leader toutes catégories du marché de la BD, Média-Participations qui contrôle les labels Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Kana et d’autres.

« MMC cherche à internationaliser et diversifier son offre pour devenir un leader du financement participatif culturel. Travailler sur le marché de la BD nous semblait intéressant à tous les niveaux. C’est un milieu de connaisseurs, de passionnés déjà très portés sur le Web et la découverte. Nous arrivons sur ce marché avec beaucoup d’humilité et l’ambition simple de bien faire les choses » dit Michaël Goldman dans un communiqué.

My Major Company se met au service de Media-Participations
Claude de Saint-Vincent (à g.), le patron de Media-Participations s’allie avec Michaël Goldman, le créateur de My Major Company
DR

« En quinze ans, le nombre de nouveaux albums de bande dessinée a été multiplié par dix. Avec près de 5 000 titres chaque année, il est devenu de plus en plus difficile pour les nouveaux auteurs de trouver leurs lecteurs. MMC BD est une formidable opportunité pour ces jeunes auteurs de rencontrer très en amont leurs premiers lecteurs et de faire découvrir leur univers. Et c’est non seulement une caisse de résonance, mais aussi un lieu d’échange avec ces lecteurs qui vont également choisir de participer à l’édition de leurs premiers albums » ajoute Claude de Saint-Vincent, directeur général de Média-Participations, validant ainsi l‘analyse faite par Patrick Pinchart et Sandawe deux ans plus tôt, espérant résoudre « la crise des tomes 1 » dont Laurent Galandon nous parlait récemment dans ces colonnes.

« Les projets bénéficiant d’une « jauge » pourront provenir de deux sources : les canaux classiques des maisons d’édition et les projets inscrits sur le site. Dans tous les cas, il s’agira de projets auxquels Dargaud, Dupuis ou Le Lombard croient, sur lesquels ils ont envie de travailler et qu’ils souhaitent défendre. Pour être édités par MMC BD, les projets devront atteindre au minimum 10 000 euros de mise. Le maximum est de 25 000 euros » dit le communiqué.

Dès le 17 octobre, neuf projets seront présentés aux investisseurs soutenus par des auteurs comme Pierre Boisserie ou Mathieu Lauffray. MMC BD s’est assuré les partenariats de Métro et de l’Association des Libraires BD.

Les propositions éditoriales sont faites par les propres éditeurs de Dargaud, de Dupuis et du Lombard. On y trouve aussi bien des BD « mangaïsantes » comme Axel Rock de Nicolas Mousty & Pierre Loyvet (Dargaud), qu’un roman graphique de Sacha Goerg, membre de la communauté Grandpapier (Le Lombard) ou un album humoristique signé par l’a comédienne et chanteuse Jeanne Balibar (Dupuis).

Une importante communauté

« Notre communauté, c’est 150.000 Personnes aujourd’hui, nous dit Sophie Pouliquen de MMC-Books, nous n’aurons pas de problème pour trouver du financement. »

Qu’est-ce qui garantit la qualité artistique du projet, finalement ? « C’est avant tout un label, ce sont des gens qui ont une compétence artistique. On n’a pas révolutionné le métier du label, on a révolutionné le système de financement » précise Sophie Pouliquen qui souligne que toutes les décisions éditoriales reposent sur les choix des éditeurs de Média-Participations.

Le joint-venture avec XO Editions a produit jusqu’à présent cinq titres en deux ans et le sixième va sortir ces jours-ci. Mais, en dépit de cette alliance, aucun best-seller à l’horizon : le Grégoire de MMC Books reste à trouver…

Il faut dire que, alors que dans le disque, l’investissement de départ est seulement de 5.000 euros, il est de 20.000 euros dans le livre. « Dans la bande dessinée, ce sera 25.000 euros » estime Sophie Pouliquen. Une « jauge » quand même bien basse.

La curiosité du lancement de ce nouveau label, c’est que, pour l’heure, Media-Participations et MMC BD communiquent alors qu’aucun site n’est disponible. Pas le moindre lien sur le communiqué... Bizarre comme lancement.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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20 Messages :
  • Dans tous les cas, il s’agira de projets auxquels Dargaud, Dupuis ou Le Lombard croient, sur lesquels ils ont envie de travailler et qu’ils souhaitent défendre.

    Pourquoi ne les éditent-ils pas alors ? Juste pour économiser les avances sur droits ? Faire travailler l’auteur sans le payer et garder bonne conscience ? Pas claire cette histoire...

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    • Répondu le 20 septembre 2011 à  13:35 :

      ils vont finir par nous faire un progamme de téléréalité : la bull’académie : 12 auteurs, 1 studio, 40 caméras... et le meilleur d’entre eux aura la chance de publier son projet

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  • les projets devront atteindre au minimum 10 000 euros de mise.

    Rien que comme avance sur droits c’est peu. Quelle part de ces 10 000 euros revient aux auteurs ?

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    • Répondu le 21 septembre 2011 à  10:03 :

      probablement ce qui est déjà proposé pour certains contrats aujourd’hui : entre 4 et 6000€.

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      • Répondu le 21 septembre 2011 à  23:30 :

        100 euros la page ??? J’étais 3 fois plus payé il y a 15 ans !

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      • Répondu le 23 septembre 2011 à  03:11 :

        Vous avez une source fiable pour avancer celà ?

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  • Ca va être une fois de plus un nivellement vers le bas puisqu’il s’agira de plaire au plus grand nombre "d’édinautes" pour être publié, bref l’inverse du travail d’éditeur, qui doit croire en la singularité d’un projet et le défendre contre l’adversité pour en faire un succès (voir le cas de Zep avec Titeuf, refusé partout, un seul éditeur y a cru).

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    • Répondu le 20 septembre 2011 à  13:22 :

      et XIII qui n’a décollé qu’au tome 5...

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      • Répondu le 21 septembre 2011 à  01:06 :

        Et Astérix qui n’a demarré qu’au tome 4, et blake& mortimer qui n’ont décollé qu’après leur reprise par Ted benoit et van hamme, etc. Que les éditeurs qui n’ont pas de culture de la bande dessinée enprennent de la graine (et les auteurs qui n’ont pas la connaissance de l’histoire de leur médium aussi).

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        • Répondu par Stiil le 22 septembre 2011 à  21:47 :

          blake& mortimer qui n’ont décollé qu’après leur reprise par Ted benoit et van hamme

          Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire comme connerie, et après ça voudrait donner des leçons de "culture de la bande dessinée" aux éditeurs. Commencez par balayer devant le vide béant de votre propre inculture...

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  • >>>>La curiosité du lancement de ce nouveau label, c’est que, pour l’heure, Media-Participations et MMC BD communiquent alors qu’aucun site n’est disponible. Pas le moindre lien sur le communiqué... Bizarre comme lancement.

    le volet "bd" sera peut-être tout simplement inséré dans le site MM books, donc pas de nouveau site !

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  • My Major Company se met au service de Media-Participations
    21 septembre 2011 10:40, par MondeMegaChiatique

    My Major Company a été créée pour mettre en avant des chanteurs qui ne trouvaient pas grâce aux yeux des majors du disque. Et voilà qu’au lieu de faire pareil pour la BD, elle permet à une méga MAJOR de l’édition BD de publier des auteurs dont n’ont rien à faire et en lesquels ils ne croient pas (sinon, ils les auraient publiés en investissant un minimum) et ce, SANS BOURSE DELIER.
    On est donc dans la situation ou MMC donne une formidable machine à engranger du fric (sans rien faire) à un consortium de l’édition. Pendant ce temps, les petits éditeurs rament, tentent difficilement de se faire connaître ainsi que leurs auteurs et leurs projets (souvent plus personnels, atypiques et intellients que la bouse que nous servent parfois/souvent ces majors), et investissent, eux, leurs maiges économies dans des projets auxquels ils croient. C’est vraiment le monde à l’envers. Un monde pourri par le fric. Je n’irai plus investir sur MMC qui s’est vendu aux grands TRUSTS au détriement des petites structures et des auteurs eux mêmes qui ne sont plus que des pions puisque l’éditeur eux même ne mise plus un kopek sur eux.

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    • Répondu par Baptiste Gilleron le 21 septembre 2011 à  11:39 :

      My Major Company a été créée pour mettre en avant des chanteurs qui ne trouvaient pas grâce aux yeux des majors du disque.

      Ca ne veut pas dire pour autant que les artistes qui sortent de MMC sont très différents de ceux que nous servent les majors...

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      • Répondu par JDMorvan le 21 septembre 2011 à  13:02 :

        C’est un peu comme si MMC avait signé un accord avec Universal pour financer ses artistes, alors que justement, le but est de les promouvoir eux-même...
        En effet, il me semble que Média participation est capable de financer des albums de Mathieu Lauffray (par exemple) sans avoir recours à des investisseurs privés. Ou alors, la BD va VRAIMENT mal !
        Ou alors ça veut dire que c’est un projet en lequel ils ne croient pas trop et veulent limiter le risque financier en mettant moins de sous dedans ?
        J’ai du mal à y croire...
        Bref je ne vois pas trop le concept, mais peut-être que je manque encore de détails.

        Ma bonne nouvelle est de voir qu’enfin on pense qu’Internet n’est pas forcément un ennemi du livre, mais peut être un soutien au lancement.

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        • Répondu par Bruno Fermier / Canal BD le 21 septembre 2011 à  13:30 :

          MMC BD s’est assuré les partenariats de Métro et de l’Association des Libraires BD : Pour info l’ALBD n’existe plus depuis 2007. Il s’agit maintenant du GLBD, Groupement des Libraires de Bande Dessinée porteur du label Canal BD.
          Merci

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          • Répondu le 22 septembre 2011 à  11:53 :

            ca veut dire qu’il y aura des pubs et des articles élogieux sur MMM dans Canal BD, la revue publicitaire de l’ALBD, je suppose ? Quelle différence avec le reste du contenu, alors ?

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            • Répondu par Bruno Fermier le 22 septembre 2011 à  18:54 :

              Je dois mal m’exprimer : il n’y a plus d’ALBD depuis 4 ans maintenant... Et concernant l’apologie, le Canal BD Magazine est un consumer magazine qui ne met en exergue que des albums que l’on trouve évidemment en librairie. Donc, quand un album sortira physiquement, il se peut, en effet, que nous en parlions, d’autant plus, si les libraires indépendants du groupement ont remarqué en amont la qualité du projet.

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  • il y a peut-être une erreur de rédaction ou alors j’interprète mal. La jauge à atteindre pour la production d’un CD est désormais de 100 000 euros (un contributeur ne pouvant investir que 1000 euros au maximum)

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  • My Major Company se met au service de Media-Participations
    15 novembre 2011 16:44, par Cyrillus

    entièrement d’accord avec les réactions précédentes.

    Le site ne fait que proposer aux internautes de co financer une BD et après l’éditeur daignera éditer la BD, avec absolument zéro risque.

    Je trouve ça grotesque qu’au lieu de renouveller le secteur de l’édition, My Major Company BD ne fait que lui servir la soupe en proposant aux internautes de prendre en charge le risque de l’édition...

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