Petit-fils d’Algérie - Par Joël Alessandra - Ed. Casterman

27 avril 2015 0 commentaire
  • Découverte poignante de Constantine par ce fils de Pieds-noirs italiens qu'est Joël Alessandra. Où il reconstruit son passé autant que des morceaux d'histoire d'Algérie.

On comprend l’hésitation de l’auteur : cette invitation de l’Institut français de Constantine ravivait une mémoire familiale douloureuse, sans compter le contexte tendu du moment [1]. Né à Marseille, Joël Alessandra est en effet fils d’immigrés italiens installés en Algérie à l’occasion de la colonisation française, en même temps que les Hexagonaux et les Espagnols. Et comme eux arrivés en France en 1962, rejetés des deux côtés de la méditerranée.

Ce voyage - le premier pour l’auteur - constitue aussi une enquête. La famille Alessandra était-elle raciste ? Exploiteuse ? Quelles étaient ses relations avec les Algériens ? Grâce à un guide érudit et volubile, le petit-fils de rapatriés se rassure vite : son grand-père était un architecte respecté, ses œuvres jalonnent les rues de la ville. Et durant la guerre d’indépendance, sa famille a même sauvé la vie d’un Algérien.

Escorté en permanence par des policiers en civil, Alessandra dresse un portait moderne d’une ville magnifiquement rendue à l’aquarelle, aux couleurs délicates.

Il se penche non seulement sur l’histoire de tous les Pieds-noirs, mais aussi sur l’évolution de l’Algérie, sa mémoire, ses blessures dues aux années terribles des attentats durant les années 1990.

Dans Petit-fils d’Algérie, le sentiment de réconciliation et d’apaisement nous ramène au Portugal de Pedrosa. Une porte à nouveau ouverte vers le passé, et un chemin de mémoire éclairé pour les générations suivantes.

(par David TAUGIS)

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